Très actif et compétitif depuis le début de saison, Félix Auger-Aliassime semble avoir passé un cap dans sa jeune carrière. Le Canadien a (enfin) gagné des titres, entré dans le top 10, et amélioré son jeu. Sa saison démarre très fort et on peut se demander si ce n'est pas la première saison très sérieuse pour Félix Auger-Aliassime.
2022 a commencé très fort pour le Canadien avec une victoire à l'ATP Cup où il a été un élément central. En effet, il bat de gros noms du circuit comme Cameron Norrie, Alexander Zverev ou Bautista Agut en finale. Il se paye même Daniil Medvedev en double. Dès la première semaine de l'année, il entre dans le top 10 mondial pour la première fois, à la 9e place. Un classement qu'il va consolider avec des performances très solides par la suite. Un quart de finale à l'Open d'Australie contre Medvedev où il mène deux sets à rien. Cette rencontre fait partie des plus beaux matchs du tournoi et même si le Canadien s'incline, il n'a jamais baissé son niveau de jeu.
Son prochain tournoi se déroule à Rotterdam, un ATP 500. Là-bas, il écarte facilement Andy Murray et Cameron Norrie. Puis, il bataille en demi-finale contre Andrey Rublev, toujours dur à jouer dans ces tournois-là. Il arrive en finale contre Stefanos Tsitsipás. À ce moment, le Canadien reste sur huit échecs en finale de tournoi, tandis que le Grec sur 7 défaites en finale de 500, le tout en autant de matchs disputés pour les deux. Au final, c'est Auger-Aliassime qui brise sa malédiction en remportant le tournoi, 6/4 6/2 dans une rencontre maitrisée. Enfin, on retrouve notre cher 9e mondial à Marseille, où il atteint encore la finale en balayant Tsonga, Ivashka et la surprise Safiullin. Malheureusement, il tombe contre un Rublev chaud bouillant et perd une nouvelle fois. Malgré tout, son début de saison est phénoménal et le place au 3e rang à la race.
Un changement mental déterminant
Depuis le début de saison, on remarque chez Auger-Aliassime plusieurs changements. Tout d'abord, dans son jeu où les frappes sont plus agressives et surtout plus précises. Néanmoins, il sait également varier et possède plusieurs schémas de jeu dans sa tête. Au niveau mental, on a l'impression qu'il a changé quelque chose dans sa manière de débuter les matchs. Un phénomène où il se dit qu'il peut battre tout le monde, sans peur et qu'il lui réussit très bien. Son entourage doit beaucoup jouer là-dedans avec notamment l'apport de Toni Nadal qui supervise sa carrière de loin. L'oncle de Rafael Nadal, a certainement énormément de conseils à donner à une jeune pousse comme lui grâce à toute son expérience récoltée auprès de son neveu. Mais de manière générale on ressent ce relâchement dans son jeu. On sent un mélange de hargne et de plaisir lorsqu'il joue. Cela provoque un résultat explosif, mais très efficace comme le montre ses derniers résultats.
En route vers le sommet ?
Nous terminons le premier tiers de la saison et on a vu que le Canadien était très bien parti. On peut donc se demander s'il ne peut pas aller plus haut et pourquoi pas vers un premier Masters 1000, voire une grosse perf en Grand Chelem. Deux Masters 1000 sur dur approche lors de la première tournée américaine à Indian Wells et Miami. Une belle occasion de voir le Canadien s'exprimer sur des terrains qu'il connait bien. Par contre, on entrera après cela dans la saison sur terre battue, une surface avec laquelle il est en froid. En effet, son meilleur résultat dans un tournoi important est un huitième de finale, perdu contre Delbonis à Rome l'année dernière. Sinon, il est rare que le 9e mondial passe plus d'un tour. Néanmoins, cela lui laisse une belle marge de progression et en cas de résultats positifs il pourra monter en flèche au classement.
Pour le reste de l'année, il nous a déjà prouvé qu'il pouvait cartonner sur gazon. Une victoire au Queen's ou Halle est clairement envisageable, tout comme une demi-finale à Wimbledon. Puis, la fin de saison sur dur ne devrait pas lui poser problème non plus, étant sa surface de prédilection. Sa jeunesse et sa faculté d'endurance et de récupération rapide peuvent lui permettre d'avoir des opportunités quand les autres cadors sont fatigués aux alentours de l'automne. Une victoire à Shanghaï ou à Paris Bercy parait tout à fait plausible. En tout cas, le Canadien aura des spots où briller, à lui de ne pas les laisser filer.
Aujourd'hui, Félix Auger-Aliassime est un des meilleurs joueurs de tennis du globe. Cependant, sa marge de progression reste énorme. Des titres sont à portée de main pour le Canadien. On sait qu'il passe souvent à côté de ses finales. Il faut que son expérience à Rotterdam lui serve d'appui pour casser ce blocage psychologique. Le sommet n'attend que lui.
Crédit photo : Twitter @felixtennis