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L’ASNL voit le bout du tunnel

Au crépuscule d'une saison en demi-teinte, les Nancéiens sont passés par toutes les émotions cette année. Du fond de la Ligue 2 à un maintien assuré rapidement, le club au chardon a également vécu un rachat. Ajustements tactiques et rotations des titulaires ont ainsi permis à l'ASNL d'éviter une énième saison cauchemardesque. Retour sur l'exercice 2020-2021 des Lorrains.

Incapable de se maintenir en Ligue 1 en 2017, le club lorrain faisait donc son retour en deuxième division pour la saison 2017-2018. S'ensuivaient trois années catastrophiques tant pour l'équipe que pour les supporters. L'ambition de vite remonter dans l'élite céda rapidement la place à celle d'éviter une autre relégation. Les maintiens obtenus à l'arraché, les va-et-vient de joueurs pas au niveau ou encore les multiples annonces de reprise du club n'ont fait qu'entretenir un climat tendu au sein du groupe. On peut aussi parler de la crise sanitaire qui n'a fait qu'envenimer la situation, à l'image de l'équipe féminine à la limite de mettre la clé sous la porte au sortir du premier confinement.

Vieux démons

Pourtant, cette année le staff part confiant. L'entraîneur Jean-Louis Garcia se dit rassuré de la bonne préparation des joueurs et espère bien figurer en championnat. Or, Nancy est une nouvelle fois rattrapée par ses vieux démons. Malgré un début de championnat avec des résultats en dents de scie, les Lorrains connaissent ensuite un gros passage à vide. Le doute s'installe et on retrouve des anciennes connaissances que les suiveurs du club ont l'habitude de voir. Ce ne sont pas d'humains mais de faits de jeu dont il s'agit. En effet, l'ASNL laisse filer des points dans les dernières minutes de jeu comme elle l'a si souvent fait auparavant. L'exemple parfait a lieu à Caen, lorsque les Normands inscrivent le but du 2-1 à la 94e en ayant joué à dix depuis l'heure de jeu.

L'histoire se répétera lors de la réception de Chambly, passant la série de matchs sans victoire à neuf. Les Lorrains doivent également faire face cette année à la montée en puissance d'un grand attaquant : sa majesté CSC. Au total, ce dernier a scoré sept fois face aux Rouge et Blanc. Personne n'a fait mieux face aux Nancéiens cette saison.

Qui s'y frotte s'y pique

“Vole comme le papillon, pique comme le chardon lorrain” disait Mohamed Ali. À l'aube de 2021, le rachat de l'ASNL est enfin officialisé. Monsieur Rousselot cède le club à un consortium international et sa place de président à Gauthier Ganaye. Ce dernier a dirigé l'OGC Nice en 2019, mais aussi Barnsley et Ostende. Âgé de 33 ans seulement, il a déjà accumulé un bon nombre d'expériences. Nancy rejoint par conséquent le groupe NewCity Capital, qui possède aussi Barnsley (Angleterre), Thoune (Suisse), Esbjerg (Danemark) et Ostende (Belgique).

Le moins que l'on puisse dire c'est que cette nouvelle a donné un nouvel élan à l'équipe. Au moment de l'officialisation, les Lorrains sont classés 17es avec 14 points, à une longueur de Châteauroux lanterne rouge. Dire que l'effet est immédiat est peut-être un peu fort. Pourtant les faits sont là. Lors de la 18e journée Nancy se déplace à Valenciennes. Menés 2-0 et réduits à dix, les Nancéiens vont inverser la vapeur pour l'emporter sur un pénalty à la 89e. Un scénario qu'ils connaissent si bien mais qui arrive si rarement dans leur sens. Cette victoire apparaît comme un symbole du renouveau lorrain. S'ensuivent huit matchs sans défaite en championnat (trois victoires, cinq nuls). La confiance s'installe progressivement dans l'équipe.

Des choses changent aussi dans la composition. Après plusieurs essais, le 3-5-2 devient quasi définitif après la victoire écrasante 4-1 à Châteauroux. Dans ce match, la recrue d'Épinal Mickaël Biron inscrit son premier triplé en pro et confirme sa bonne forme du moment. Avec sept buts en six matchs, il est à cette période au sommet de sa saison. Toujours dans les signaux qui témoignent de la bonne santé de l'équipe, les trois points acquis à la 90e contre Clermont. L'ASNL est aussi la seule formation à avoir battu Troyes au stade de l'Aube, qui plus est, sur un score fleuve de 5 buts à 1. La roue a tourné et les supporters ont ainsi vécu une fin de saison sans craindre une éventuelle descente.

Qui s'y frottait en début de saison prenait trois points, mais qui s'y frotte désormais s'y pique à nouveau.

Roulez jeunesse 

Mais à quoi faut-il s'attendre pour l'an prochain ? La philosophie de Gauthier Ganaye est de développer les jeunes joueurs de ses équipes. C'est ce qu'il fait notamment à Ostende qui joue actuellement les barrages pour la Ligue Europa en Belgique. On peut alors imaginer qu'un réseau va se mettre en place entre les clubs du groupe afin de se prêter les joueurs dans le but de développer leur potentiel. L'objectif à court terme est sans aucun doute de les revendre pour se faire de l'argent. Messieurs-dames, c'est ça le football moderne.

Cependant, encore faut-il que les joueurs ne partent pas libres en fin de saison. Christopher Wooh, titulaire sur les six derniers matchs, n'a pour l'instant pas prolongé. En fin de contrat le 30 juin, l'espoir de 19 ans est observé par plusieurs clubs dont ferait partie l'OM. Compère de défense, l'expérimenté Ernest Seka a annoncé qu'il partira en fin de saison. De l'autre côté, Giovanni Haag, véritable symbole de la formation nancéienne, a disputé sa première saison pleine avec son club formateur. Une trentaine de matchs, quatre buts dont son premier en pro contre Dunkerque, mais surtout une grande polyvalence sur le terrain. Au départ installé dans un rôle de relayeur dans le milieu, ses qualités défensives et sa faculté à relancer proprement ont poussé son coach à le mettre en 5 lorsque l'équipe est passée au 3-5-2. En fin de contrat, il aurait prolongé pour deux saisons selon asnlinsde.

Haag au marquage de Muller

Giovanni Haag jouait encore avec la réserve l'an passé – Crédit Photo : Fernando De Abreu

Warren Bondo (17 ans), qui a également marqué son premier but en pro cette année devrait lui aussi être de la partie l'an prochain. Bien sûr, à condition qu'il ne soit pas transféré cet été. Enfin, le dernier point d'interrogation de cette fin de saison réside autour du coach pour l'exercice 2021-2022. Jean-Louis Garcia ne continuera pas l'aventure après deux maintiens décrochés avec l'ASNL. Selon Mohamed Toubache-Ter sur Twitter, le poste d’entraîneur se jouerait entre Daniel Stendel, qui a déjà travaillé avec G. Ganaye à Barnsley et Alexander Blessin l'actuel coach du KV Ostende.

Quand on regarde d'où revient l'ASNL, on peut dire que leur saison est relativement bonne. Avec les nouveaux investisseurs, tout est au rendez-vous pour aborder l'année prochaine avec ambition et sérénité. Les Nancéiens qui reçoivent Amiens dans le cadre de la 38e journée, auront à cœur de terminer cette Ligue 2 sur une bonne note.

Crédit photo : Cédric Jacquot

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