Le poste 5 à travers les âges, miroir de la NBA (2ème partie)

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Ligue 1

Depuis les prémices de la NBA et même du basket en général, le poste de pivot est probablement celui qui a le plus changé, avec celui de meneur, dont nous avons déjà parlé. De monstre défensif à monstre statistique, en passant par des forces de la nature et des gazelles de 2m20, le poste de pivot est symbole d’une évolution constante de la National Basketball Association. Mais comment exactement se sont traduites ces évolutions ? Quels pivots ont marqué leur temps et la NBA ? Asseyez-vous confortablement, c’est parti pour une leçon d’histoire.

Les 90s : l’âge d’or des pivots.

Attention, danger. Les années 90, c’est la Mecque des pivots. Le summum de l’évolution des Big Men. Le Nirvana des 7 footers. Allez reprendre un café, parce que nous allons évoquer pour vous les pivots mythiques de cette décennie prolifique, et ils sont légions. Si certains monstres sont encore présents, comme Kareem, Parish ou Laimbeer, une nouvelle génération d’ovnis, arrivés tout jeunes dans les années 80, prennent l’ascendant sur leurs ancêtres. Nous allons globalement parler des pivots ayant marqué leur équipe championne, mais certains Big Men sont tout aussi importants malgré leur absence de bague dans la décennie. Êtes-vous prêts à rêver ? 

Si la cuvée de draft 1984 est considérée comme mythique, c’est en partie grâce à l’arrivée d’un dénommé Jordan en NBA en 3ème place. Mais ce serait minimiser l’impact qu’a eu le 1er de draft, un dénommé Hakeem Olajuwon, jeune homme de 2m15 et 115 kg alors âgé de 21 ans. 

 

1996. Le grand Hakeem défend sur son coéquipier de Draft, un certain Michael Jordan.

 

Drafté en 1ère position par les Houston Rockets, Hakeem “The Dream” commence dès les années 80 à éclabousser la ligue de son talent. Dès sa saison rookie, il domine avec 20,6 points, 11,9 rebonds et 2,7 contres. Aux côtés de Ralph Sampson, autre grand pivot de la ligue, il forme une des meilleures raquettes de l’histoire en tant qu’ailier fort, les “Twin Towers”. Au départ de Sampson vers Golden State, Hakeem évolue enfin en pivot. Hakeem est l’un des 4 joueurs de l’histoire à accomplir un quadruple-double (4 catégories statistiques majeures au dessus de 10, ici les points, rebonds, passes et contres). Lors de la première retraite de Jordan, il gagnera ses deux seuls bagues en 1994 et 1995. Il sera aussi élu MVP en 1994, est 12 fois dans une All-NBA Team et DPOY (meilleur défenseur de la ligue) en 1993 et 1994. Parce que si Hakeem est un excellent attaquant, notamment grâce à ses mouvements et son dreamshake, il est surtout reconnu comme l’un des meilleurs défenseurs de l’histoire. Il est le contreur le plus prolifique de l’histoire depuis que cette catégorie est comptée, avec une moyenne de 3,09 en carrière et 3830 contres réalisés. Il est aussi le 8ème meilleur intercepteur de l’histoire, en terme prolifique. Avec 21,8 points, 11,1 rebonds et 3,1 contres en carrière, Hakeem est le symbole du pivot franchise player, polyvalent, aussi bon en attaque qu’en défense. 

“Quel joueur unique !” me direz-vous. Oui, Hakeem était unique. Mais ne vous-y trompez pas. Je ne fais que commencer l’histoire des pivots à cette époque. Passons à l’Est, dans une franchise aussi mythique que malheureuse, les New York Knicks. Pourquoi malheureuse ? Parce que malgré tout son talent et son envie, le pivot dont je vais vous parler n’a jamais gagné de titre. Et devinez qui l’en a empêché entre autres .. ? Laissez moi vous raconter l’histoire de Patrick Ewing.

 

Le grand Patoche dans ses oeuvres, l’âme des Knicks des 90s.

 

Si Hakeem est drafté en 1ère position en 1984, Ewing le sera en 1985, à la même place. Formé à l’Université de Georgetown, avec laquelle il battra les Cougars de Houston d’Hakeem, il est dès sa première année en NBA considéré comme l’un des meilleurs à son poste. Rookie de l’année en 1986, avec 20 points, 9 rebonds et 2,1 contres, il augmente rapidement ses stats et s’impose comme un pilier de la conférence est. Très bon attaquant, capable d’atteindre notamment 28,6 points de moyenne en 1989-1990, il est aussi un excellent défenseur, avec 2,4 contres en carrière. Plusieurs fois dans une All-NBA Team (7 fois, principalement dans les années 90), il est considéré par ses pairs comme une légende.

Mlaheureusement, Ewing évoluait dans la même ligue que Michael Jordan. His Airness se retrouvera systématiquement sur le chemin des Knicks de Ewing, incapables de passer cet obstacle insurmontable en playoffs. En 1992 puis 1993, c’est les Bulls de Sa Majesté qui envoient les Knicks en vacances en demi puis finale de conférence. Alors que les Knicks atteignent enfin les Finales suite à la première retraite de Jojo, ils retrouvent les Rockets d’Olajuwon en face, et ne font pas le poids. Lorsque les Knicks retrouvent les Finales en 99, Ewing est blessé et ne peut empêcher les Spurs d’un autre grand pivot (dont nous parlerons, ne vous inquiétez pas) de battre ses Knicks. Enfin en 2000, il est vaincu par les Indiana Pacers en finale de conférence. Son transfert aux Sonics sonne la fin de la carrière de The Beast. Ce transfert est d’ailleurs assez décrié à travers la ligue. Shaquille O’Neal dira d’ailleurs qu”on ne transfère pas une légende”. 

Bon, celui-là, que vous ne pifiez rien au basket ou pas, vous le connaissez forcément. Difficile de passer à côté du grand (gros ?) Shaq. Allons au but : à 12 ans, l’ami Shaq mesure 1m98. Les bases sont posées, passons maintenant à sa (gigantesque) carrière. On le compare parfois à Wilt, comme joueur le plus dominant de l’histoire. En même temps, il était difficile (impossible ?) d’arrêter Shaq au poste bas. Quand il arrive dans la ligue, drafté en 1ère position par le Magic d’Orlando en 1992, Shaq mesure 2m16 et pèse … 132 kg. Dès sa première saison, il est leader de sa franchise en points (23,4 par matchs) et en rebonds (13,9 par matchs) et est aussitôt All-Star, alors qu’il n’est encore qu’un rookie ! 

 

Eh, à l’époque d’Orlando, le Big Diesel était encore bien fit !

 

Son duo avec Anfernee “Penny” Hardaway au Magic fait peur à toute la ligue. Dès sa deuxième saison, Shaq met 29 points par match. Le doute n’est plus permis, ce jeune pivot représente l’avenir. S’il n’est pas le meilleur défenseur de ceux précédemment cités, il aligne tout de même dès sa deuxième saison un triple-double à 24 points, 28 rebonds et .. 15 contres ! Shaq est tellement dominant qu’il se permet même de casser plusieurs paniers lors de ses jeunes années à Orlando. En 1995, le Magic atteint les Finales NBA après avoir éliminé les Bulls d’un Jordan de retour, mais est sèchement battu par les Rockets d’un Olajuwon en quête d’un deuxième titre. Nous parlerons plus en détail de Shaq quand nous aborderons les années 2000, pendant lesquelles sa carrière a pris un tournant majeur.

Si Jordan et ses Bulls glanent trois titres à la fin des 90s, en 1996, 1997 et 1998, ce sont les Spurs qui ferment la marche de cette décennie en gagnant le titre en 1999, emmenés par un jeune Tim Duncan et un vieillissant David Robinson. Enfin “vieux”, être capable, à 34 ans, de mettre 16 points, 10 rebonds et plus de 2 contres en régulière, c’est encore sérieux. Parlons un peu de l’Amiral Robinson.

 

L’Amiral n’est pas le pivot le plus athlétique de l’histoire pour rien.

 

David Robinson est drafté par les San Antonio Spurs en 1ère position de la draft 1987, mais il ne viendra en NBA que deux ans plus tard, après avoir fini son service dans la Navy (d’où son surnom.) Lorsqu’il arrive en 1989 donc, ce beau bébé de 2m16 et 116 kg permet aux Spurs de gagner 35 victoires de plus que la saison passée. Et il ne fait pas dans la mesure : 24,3 points, 12 rebonds, et 3,9 contres dès sa première saison, le ton est donné. Comme Hakeem Olajuwon, il est l’un des 4 joueurs à avoir inscrit un quadruple-double, notamment grâce à 10 contres. MVP en 1995 après une saison en 27,6 points, 12,2 rebonds et 3,2 contres, il est aussi 10 fois All-Star et 10 fois dans une All-NBA Team. On l’a vu, l’Amiral était dès ses débuts un scoreur né (il est l’un des rares joueurs de l’histoire à avoir dépassé la barre des 70 points dans un match).

Mais l’Amiral était tout aussi bon défenseur : Défenseur de l’année en 1992, ses qualités athlétiques exceptionnelles lui permettaient de monter assez haut pour contrer n’importe quel joueur et de courir assez vite pour rattraper des meneurs. Il est aussi le seul joueur avec Kareem Abdul-Jabbar à avoir été meilleur marqueur, meilleur rebondeur et meilleur contreur de la ligue dans sa carrière. Champion en 1999, il devra attendre 2003 pour voir un nouveau titre rejoindre son palmarès, pour sa dernière saison. L’Amiral en carrière, c’était 21,1 points, 10,6 rebonds et 3 contres de moyenne (!!). 

La plupart des pivots cités au dessus étaient des monstres offensifs, capables de scorer à foison mais aussi de défendre. Parlons maintenant d’un intérieur qui avait fait de la défense sa spécialité. Drafté en 1991 en 4ème position par les Denver Nuggets, Dikembe Mutombo score tout de même 16 points de moyenne dès sa saison rookie. Mais il prend aussi plus de 12 rebonds et met 3 contres par matchs, devenant aussitôt un élément fondateur de la franchise du Colorado. Malheureusement, il n’atteindra jamais les hauteurs de la ligue avec les Nuggets, et part à Atlanta en 1996.

 

“Not in my house”

 

Surtout connu pour ses qualités défensives exceptionnelles et ses contres à foison, son “Not in my house” à chaque contre est devenu culte. Il est d’ailleurs quatre fois DPOY (défenseur de l’année) en 1995, 1997, 1998 et 2001. Il est le deuxième contreur le plus prolifique de la NBA, juste derrière Hakeem Olajuwon, et a été trois fois de suite meilleur contreur de la ligue. Sa carrière s’étend dans les années 2000, notamment avec les Sixers d’Iverson, ou les Rockets. Ses deux seules apparitions en Finales NBA seront d’ailleurs avec ces Sixers en 2001 ou les New Jersey Nets en 2003. 

 

Alonzo Mourning, Brad Daugherty, et d’autres grands noms européens comme Arvydas Sabonis, Rik Smits et Vlade Divac sont aussi à mentionner dans les années 90, bien que ne jouant pas dans la même cour que les Big Men cités au-dessus. Les années 90 marquent la fin des pivots ultra-dominants tels que je vous les ai décrits. Les pivots deviennent moins essentiels à l’attaque, le tir à 3 points prend de plus en plus d’importance et le jeu s’écarte. Le XXIème siècle va porter la marque des extérieurs. Nous parlerons donc de cette dernière évolution des pivots dans la dernière partie, à demain !

 

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