Le poste 5 à travers les âges, miroir de la NBA (3ème partie)

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ORG XMIT: USPW-171113491 Jan 17, 2011; Boston, MA, USA; Orlando Magic center Dwight Howard (12) and Boston Celtics center Shaquille O'Neal (36) talk to each other on the court during the second quarter at TD Garden. Mandatory Credit: Greg M. Cooper-US PRESSWIRE ORIG FILE ID: 20110117_jla_sj7_305.jpg
Ligue 1

Depuis les prémices de la NBA et même du basket en général, le poste de pivot est probablement celui qui a le plus changé, avec celui de meneur, dont nous avons déjà parlé. De monstre défensif à monstre statistique, en passant par des forces de la nature et des gazelles de 2m20, le poste de pivot est symbole d’une évolution constante de la National Basketball Association. Mais comment exactement se sont traduites ces évolutions ? Quels pivots ont marqué leur temps et la NBA ? Asseyez-vous confortablement, voici la fin de l’histoire.

 

Les années 2000, déclin d’une génération.

Nous l’avons déjà vu, l’ère des pivots dominateurs s’essouffle à partir des années 2000. Certaines ont pu se démarquer, mais l’évolution du jeu amène les meneurs, arrières et ailiers à prendre les commandes. Des Steve Nash, Iverson, Kobe, Wade et autres LeBron vont dominer la première décennie du XXIème siècle. Nous allons donc évoquer les quelques pivots marquants qu’a vus la ligue depuis la saison 99 et le premier titre de Robinson.

Si certains pivots sont encore présents bien que vieillissants, comme Dikembe Mutombo ou Alonzo Mourning, rares sont les pivots qui vont marquer ces années de leur empreinte. L’un d’entre eux, déjà évoqué, est une exception : il va dominer la ligue pendant de belles années et remporter 4 titres dans les années 2000. Revenons un peu sur Shaquille O’Neal. Après quelques années au Magic d’Orlando, Shaq rejoint les Lakers, en quête de gloire et de titres. Et ce fut plutôt une réussite.

 

L’un des duos les plus dominants de l’histoire : le Mamba et le Big Diesel.

 

Aux côtés du jeune Kobe Bryant et du coach Phil Jackson, autrefois coach des Bulls de Jordan, Shaq permettra aux Lakers de remporter 3 titres d’affilée en 2000, 2001 et 2002. 3 fois MVP des Finales, Shaq est simplement inarrêtable. Il doit pourtant affronter Dikembe Mutombo en 2001, qui venait d’être DPOY, mais n’en fera qu’une bouchée (plus de 30 points et 12 rebonds sur l’ensemble de sa campagne de Playoffs.) Rapidement, les deux caractères affirmés de Kobe et Shaq vont obliger la franchise des Lakers à envoyer Shaq en Floride au Heat en 2004, aux côtés d’une jeune star en devenir, Dwyane Wade. Shaq passe d’ailleurs tout près du titre de MVP cette même saison. Malgré son âge et ses kilos en trop, il est encore suffisamment bon pour aider le Heat à remporter le titre en 2006. Pendant la saison 2006-2007, Shaq se blessera et ne jouera qu’une quarantaine de matchs. Son niveau de jeu et ses apports baissent, et ses dernières années de jeu le verront jouer pour les Cavs de LeBron, les Suns et même les Celtics. Mais avec plus de 23 points et 11 rebonds en carrière, Shaq s’impose parmi les joueurs les plus dominants de l’histoire à son poste.

À la même époque que ces Lakers ultra dominateurs, les Detroit Pistons montent en puissance et enchainent deux Finales consécutives en 2004 et 2005. Si je vous parle de cette équipe ici, c’est parce qu’elle tournait notamment autour d’un pivot ultra défensif de 2m06 et 108 kg, le seul joueur, avec Dikembe Mutombo, à avoir remporté 4 fois le trophée de Défenseur de l’Année (DPOY). Fait étonnant pour un joueur de son calibre, aucune équipe ne draft Ben Wallace en 1996. Les Washington Bullets auront l’idée de le signer comme agent libre, permettant à l’un des meilleurs défenseurs de l’histoire d’intégrer la ligue. 

 

“Big Ben” Wallace, joueur emblématique des Pistons des années 2000.

 

S’il reste assez discret lors de ses 3 premières saisons aux Bullets, et alors qu’il est envoyé à Orlando à l’été 1999, Big Ben profite de cette saison dans une équipe faible comme le Magic pour se faire connaitre comme un joueur hargneux et besogneux. Lorsque le Magic tente en 2000 d’acquérir la star des Pistons Grant Hill, ils envoient Wallace, pensant gagner le trade. Mais Hill enchainera les blessures, tandis que Big Ben explosera aux Pistons, devenant en peu de temps meilleur rebondeur et contreur de la ligue. C’est d’ailleurs contre les Lakers du Shaq que les Pistons remporteront le titre en 2004, Wallace étant vu comme le seul pivot pouvant “arrêter” (disons plutôt “ralentir”) le gros Shaq. Défenseur de l’année en 2002, 2003, 2005 et 2006, il est l’un des rares pivots de la nouvelle ère à avoir marqué les esprits.  

Allez, parlons de joueurs encore en activité. Si la tournure de la carrière de Dwight Howard n’est pas celle qui lui était promise à son arrivée dans la ligue, il reste un des pivots les plus excitants du XXIème siècle, et c’est déjà un exploit. Comme son prédécesseur Shaquille O’Neal, il est drafté au premier tour par le Magic d’Orlando. En 2004, la franchise floridienne met la main sur ce pivot de 2m11 et 120 kg, il confirme dès son arrivée en alignant 12 points, 10 rebonds et près de 2 contres. À Orlando, il ne fera que s’améliorer pour devenir la pièce centrale de la reconstruction du Magic. 

 

Ah ça, t’es fort pour envoyer du parpaing Dwight.

 

Défenseur de l’année trois fois de suite en 2009, 2010 et 2011, excellent contreur et rebondeur, Superman a bel et bien marqué les 2000s. Symbole de précocité car arrivé directement du lycée (sans passer par la case NCAA donc), il bat tous les records de jeunesse de rebonds, contres et double-doubles.  Mais son périple aux Lakers, puis aux Rockets, puis aux Hawks ne fera que précipiter sa baisse de régime. Sa carrière n’est pas finie, mais à 32 ans, on voit mal Dwight nous ressortir une saison à 22 poins, 13 rebonds et 3 contres comme il nous avait habitué à Orlando. 

Faisons un tour en Espagne pour évoquer les frères Gasol. Pau et Marc Gasol sont des intérieurs importants des années 2000 et 2010, le deuxième ayant plus l’habitude de jouer pivot. D’autres pivots comme Yao Ming ont marqué l’époque, et Joakim Noah dans une (très) moindre mesure. 

Peu de pivots marquants donc à cette époque. Premier symbole de ce déclin ? On a plus vu de MVP vrai pivot depuis … Shaq en 2000. Les pivots dominants de nos jours ont dû s’adapter à l’évolution du jeu, et sont maintenant capables de plus de mobilité et de shooter avec suffisamment de réussite, comme Demarcus Cousins, Karl Anthony-Towns ou Embiid. Mais ceux-ci sont trop jeunes ou pas assez marquants pour être vraiment cités. L’ère est aux arrières shooteurs ou ultra-athlétiques comme Curry et Westbrook et aux Freaks comme Durant, LeBron et Giannis. Les pivots ont fait leur temps, mais qui sait ? La NBA évolue tellement vite, rien ne nous dit qu’ils ne redeviendront pas les pièces majeures de grandes franchises dans 5 ans. 

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