WeSportFR vous fait voyager à travers une nouvelle série, alors préparez-vous, embarquement immédiat pour un tour du monde sportif. Après une première escale en Pologne, deuxième arrêt au Portugal.
Le football en maître
Ce qui a été vécu comme un traumatisme pour des millions de français a été une explosion de joie pour toute la nation portugaise. Le 10 juillet 2016, le Portugal remportait l’Euro 2016 et ouvrait son palmarès après tant d’années à jouer les premiers rôles. Plus qu’un simple titre, il s’agissait d’une délivrance pour un pays où le football est roi, après l’échec en finale lors de l’Euro 2004 à domicile et les frustrantes troisième et quatrième places lors des Coupes du Monde 1966 et 2006.
Avec 132 000 licenciés pour environ 10,3 millions d’habitants, le ballon rond a un poids majeur au Portugal. Une ferveur bien encrée dans la société lusitanienne. Outre le fait que le journal de 20 heures diffuse des résumés des matchs de présaison (oui, vous avez bien lu), le football a été un outil de contrôle de la population durant la dictature salazariste et l’Estado Novo (1933-1974). Le pays était alors décrit comme étant celui dos Três F (les Trois F). Fado, un genre de musique portugais représentant les valeurs, les traditions portugaises ainsi que le nationalisme. Fatima, un centre de pèlerinage symbolisant les valeurs catholiques et conservatrices chères au régime de Salazar. Et enfin Football, un sport qui passionne de plus en plus les portugais, et qui a été utilisé par le dictateur comme un moyen d’exalter la fierté patriotique et de montrer l’union de l’Empire portugais grâce au joueur Eusébio, originaire du Mozambique et figure de proue de la Seleçao dans les années 1960. Ce dernier a d’ailleurs été l’un des acteurs de l’apparition des clubs portugais sur la scène internationale, en remportant la Ligue des Champions avec Benfica en 1961 et 1962. Le club lisboète est imité par le FC Porto en 1987 et en 2004, les Dragons remportant également la Ligue Europa en 2003 et en 2011.
Aujourd’hui, cette passion pour le football continue d’animer les portugais, qui ne le pratiquent pas que sur gazon. En effet, le quintuple Ballon d’Or Cristiano Ronaldo n’est pas le seul ambassadeur moderne du foot lusitanien. Emmenée par la star Madjer, de son vrai nom Joao Victor Saraiva, la Seleçao a remporté deux Coupes du Monde de football de plage (2001, 2015), ainsi que cinq Euro Beach Soccer League (2002, 2007, 2008, 2010, 2015) et six Euro Beach Soccer Cup (1998, 2001, 2002, 2003, 2004, 2006). En futsal, pratiqué par 30 000 licenciés, le sextuple meilleur joueur du monde Ricardinho a quant à lui porté les siens vers un sacre européen en 2018.

Le rink hockey, un sport latin à l’histoire lusophone
Si le football est sans conteste le sport numéro 1 au Portugal, d’autres disciplines parviennent à capter l’intérêt de la population. Le rink hockey, ou hockey sur patins à roulettes, est assurément la plus pratiquée d’entre elles. Particulièrement populaire dans les pays latins du fait de l’absence de hockey sur glace, le rink hockey rassemble environ 10 000 licenciés au Portugal. Avec 15 sacres mondiaux et 21 trophées européens, la sélection nationale est la plus titrée de l’histoire. Le Portugal fait d’ailleurs partie des trois pays à disposer d’un championnat professionnel de rink hockey, aux côtés de l’Espagne et de l’Italie.
Le cyclisme et l’athlétisme dans l’ombre
Exceptés le football et le rink hockey, peu de sports brillent à l’international sous la bannière verte et rouge. Cependant, le cyclisme portugais a tout de même été marqué par quelques grands coureurs, comme Joaquim Agostinho qui est monté sur le podium du Tour de France à deux reprises (1978, 1979), le champion du monde 2013 Rui Costa ou encore Acacio da Silva, maillot jaune durant trois jours en 1989.

Le Portugal a également signé de belles performances lors des Jeux Olympiques, essentiellement en athlétisme où les quatre médailles d’or de l’histoire portugaise ont été glanées. Carlos Lopes (1984) et Rosa Mota (1988) ont ainsi tous deux décroché la victoire en marathon, tandis que Fernanda Ribeiro s’est imposé sur 10 000 mètres en 1996. Nelson Evora a lui remporté l’épreuve du triple-saut à l’occasion des Jeux Olympiques de Pekin en 2008. Sur 100 mètres, Francis Obikwelu est détenteur du record d’Europe grâce à une performance en 9s86 réalisée lors des Jeux Olympiques d’Athènes en 2004, remportant la médaille d’argent par la même occasion.
En dehors du football et du rink hockey, le Portugal souffre d’une assez faible présence de champions dans les différentes disciplines. Des changements sont-ils à prévoir à un an des Jeux Olympiques de Tokyo ? En attendant, rendez-vous prochainement pour une escale chez les voisins de la péninsule ibérique !