Basketball

Léo Cavalière : “L’objectif, c’est de décrocher mon premier titre”

Tout juste remis d’une blessure au 5ème métatarsien du pied gauche, Léo Cavalière a vu son élan coupé par le report de matchs, comme trop souvent lors de cette saison tronquée. Un exercice frustrant à l’heure actuelle, que ce soit sur un plan collectif, avec des résultats en dents de scie pour la SIG, mais aussi personnel. Mais l’ancien Palois, plein d’ambitions, veut viser haut. 

We Sport : Bonjour Léo, merci d’avoir accepté cette interview pour We Sport. Tout d’abord, comment vas-tu depuis ta blessure au pied gauche ?

Léo Cavalière: Ça va, toujours quelques petits pépins à ce pied, qui m’embête toujours un petit peu, mais rien d’aussi sérieux que ce que j’ai pu connaître en début de saison, donc ça va. Dans ce début de saison, j’ai presque envie de dire que ce n’est pas tant mon pied qui me gêne, mais plutôt l’incertitude concernant le calendrier, l’avenir flou, étrange, et le manque de public. C’est plus ça qui est gênant pour moi que le physique.

WS: On reparlera de la situation sanitaire plus tard justement, mais parlons de toi avant. Tu as disputé les quatre derniers matchs de Jeep Élite ainsi que les deux derniers de Ligue des Champions, qu’as tu pensé à titre personnel de ton retour ?

LC: L’objectif des tous premiers matchs de Jeep Élite étaient déjà de retrouver des sensations après cette longue coupure, tout en apportant ce que je pouvais à l’équipe. Sur les derniers j’étais un peu mieux, même s’il reste quelques réglages à faire. Je sens que je ne suis pas encore à 100% de mon potentiel, dans le sens où il m’arrive de mettre parfois trop, parfois pas assez d’intensité, et ça s’est vu en BCL où j’ai eu tendance à faire des fautes rapidement parce que je suis trop dans l’engagement.

WS: Justement, la coupure pour cause de Covid a dû te faire du mal, toi qui as sans doute besoin de rythme. Comment vis-tu la période actuelle ?

LC: Personnellement cette période me touche beaucoup. Je suis un joueur d’énergie, je me nourris du public. Être sur le terrain, sentir la foule, c’est quelque chose qui me transcende. Partager avec le public, être en communion avec les fans, ce sont presque les raisons pour lesquelles j’aime mon métier. C’est dommageable de ne plus avoir ce contact.

WS: Tu me dis que tu aimes cette proximité avec le public. Arrive-tu malgré tout à entretenir le lien avec tes fans ?

LC: Oui forcément avec les réseaux sociaux, ça permet de pouvoir entretenir l’échange, bien que cela ne remplacera jamais le contact, la chaleur humaine. Il me tarde de voir le Rhénus quasiment plein à craquer, où l’on pourra communier avec nos supporters, faire des tours d’honneur, taper dans les mains des fans. J’ai envie de vivre ça, ici à Strasbourg. C’est cette communion-là qui me manque aujourd’hui.

WS: Avec la SIG vous êtes dans une période où cela fait un moment que vous n’avez pas joué. Comment se déroule ton quotidien dans cette période inédite ?

LC: Le quotidien s’est de s’entraîner énormément pour garder une bonne condition. Avec le chômage partiel, les emplois du temps ont été aménagés, avec un rythme encore différent. Il a fallu prendre ses marques. À l’heure actuelle, l’objectif est de progresser en tant que joueur mais aussi en tant qu’équipe. Et cela demande beaucoup de travail. Forcément, la motivation est un peu moindre, puisque nous, les joueurs, ce qu’on aime, c’est jouer. Mais mon objectif tous les matins en me levant est d’être un meilleur basketteur le soir. C’est ça qui me pousse tous les jours.

WS: La semaine prochaine annonce un retour un peu plus à la normale avec l’enchaînement de matchs de Jeep Elite et de BCL (trois en deux semaines) : quels sont les objectifs de la SIG, assez irrégulière depuis le début de saison ?

LC: C’est vrai que le début de saison a été irrégulier, et pas satisfaisant de mon point de vue. L’objectif sera clairement de prendre le match de Jeep Elite ce mois-ci, puisque c’est un match à domicile, contre Pau, une équipe tout à fait respectable mais contre laquelle on se doit de s’imposer à la maison. Idem en BCL où nous allons affronter deux fois de suite Peristeri. Et les victoires vont valoir cher dans une poule de quatre où toutes les équipes comptent une victoire et une défaite. Le mois de décembre va être capital parce qu’avec deux défaites, l’élimination serait proche alors que si l’on ressort avec deux victoires, on pourra commencer à regarder la suite avec plus de sérénité. C’est vraiment un mois capital.

WS: Le match de Jeep Élite ce mois-ci sera contre Pau justement, qu’en attends-tu ?

LC: Je vais essayer de l’aborder comme les autres matchs bien que je retrouve énormément de monde que je connais depuis longtemps. Mais je vais essayer de faire abstraction. Je pense que le retour au Palais des Sports sera encore plus particulier justement. Si le calendrier ne bouge pas, il est prévu pour le 10 avril, ce qui me laisse un peu d’espoir d’avoir du public si la situation sanitaire s’améliore. Avec la saison tronquée l’année dernière, je n’ai pas eu l’occasion de dire au revoir au Palais des Sports, aux fans et à tout le monde. C’est quelque chose qui me tient à cœur.

WS: On sait justement que tu étais très attaché à Pau, où tu as passé neuf ans. Qu’est ce qui t’as poussé à partir et rejoindre Strasbourg ?

LC: Je suis très attaché à la région, au club, au staff, aux gens que je connais là-bas c’est vrai. Aujourd’hui j’ai senti que Strasbourg pouvait m’offrir un nouveau challenge, ne serait-ce qu’avec la coupe d’Europe par exemple, que je n’aurais pas eu à Pau. Parfois il faut savoir sortir de sa zone de confort pour évoluer personnellement, travailler différemment aussi. Si tu veux progresser il faut voir autre chose et j’ai trouvé ça ici en Alsace. J’ai aussi beaucoup aimé le discours du coach et du GM quand ils m’ont appelé pour me recruter.

WS: L’objectif, c’est de s’inscrire dans la durée avec la SIG ?

LC: J’ai signé trois ans, donc je pense que c’est déjà un signe que je souhaite m’investir dans la durée. C’est un club structuré, ambitieux, qui a les capacités de jouer le haut du tableau, donc forcément c’est quelque chose qui me pousse à vouloir m’y installer avec l’objectif de décrocher mon premier titre en 5X5. Et pourquoi pas plus ?

WS: À titre personnel qu’attends-tu dès cette saison ? Les playoffs et un premier titre ?

LC: Cette année c’est sûr, l’objectif c’est les playoffs. De là à parler de titre en Jeep Élite, c’est évidemment prématuré. Mais évidemment sur la durée, c’est un travail que l’on doit mener. Après, bien que la Leaders Cup n’ait pas lieu cette année, il reste la coupe de France, une compétition que l’on va jouer à fond. Si ce n’est pas cette année, je ferais tout pour qu’on s’en rapproche l’année prochaine.

WS: Abordons maintenant le sujet du 3X3, dont ta carrière a débuté cet été. Que retrouve-tu dans cette discipline que tu ne trouve pas dans le basket traditionnel ?

LC: Je suis un joueur qui est énormément dans l’énergie, dans l’intensité, quelque chose qui est beaucoup plus facile à retrouver dans le 3X3. C’est un style de jeu qui me convient, ça ne s’arrête jamais ! Il y a moins de fautes aussi, et on ne compte pas les fautes personnelles, ce qui est un petit avantage pour moi. En deux mots, c’est un jeu plus intense et plus dur, et c’est ce qui me colle à la peau.

WS: Comment pourrais-tu expliquer que certains bons joueurs à 5 aient du mal en 3X3 ?

LC: Cela dépend forcément du style de jeu, et parfois des gabarits. Moi par exemple, je suis plutôt grand et mobile, et c’est ce qui est recherché. Les gros gabarits par exemple auront plus de mal avec la vitesse du jeu. Certains joueurs n’ont pas forcément le physique ou la dureté nécessaire ou tout simplement le style pour jouer en 3X3.

WS: Tu fais désormais parti de la Team France. As-tu les JO en ligne de mire ?

LC: Nous étions un groupe élargi de quinze joueurs et se profile le TQO au mois de Mai. Je sais que les places vont être chères. Les histoires de ranking également compliquent la chose et font que les places ne seront pas données à tout le monde. Mais moi, tant que le sélectionneur ne m’aura pas dit droit dans les yeux, « Léo tu ne vient pas au TQO », je me donnerai à fond. On parle quand même de potentiel Jeux Olympiques ! Les JO, c’est une sorte de Graal pour tous les sportifs.

WS: Comment réagit la SIG par rapport au fait que tu t’investisses comme cela dans le 3X3 ?

LC: La SIG, et je les en remercie, a eu la lucidité de se dire que cela restait malgré tout une sélection nationale. Avoir le maillot de l’équipe de France sur les épaules, c’est quelque chose qui se respecte, et ils l’ont très bien compris. Et je pense que cela peut apporter une visibilité sympa au club, de savoir qu’un joueur de Strasbourg est en équipe de France. Il n’y pas eu de problème par rapport à ça. On voit qu’il peut y avoir des conflits parfois entre les clubs et les sélections, mais ça n’a pas du tout été le cas pour moi.

WS: Pour terminer, que peut-on te souhaiter pour cette saison pas comme les autres ?

LC: On peut me souhaiter des victoires, d’être bien dans mon jeu, mais surtout de pouvoir partager ses victoires et cet épanouissement avec un maximum de public, en espérant que la situation sanitaire s’améliore.

Merci pour ce bon moment, Léo Cavalière !

 

Crédit photo : SIG Strasbourg

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