Alors que la Premier League et le Championship ont repris depuis déjà deux semaines, les ligues de l'élite anglaise nous livrent leur lot de derbys londoniens, parfois difficiles à suivre tant ils sont nombreux. Un éclaircissement s'impose !
Arsenal, Barnet, Brentford, Charlton, Chelsea, Crystal Palace, Fulham, Leyton Orient, Millwall, Queens Park Rangers, Tottenham, West Ham, Wimbledon. La liste est longue et ne constitue que celle des clubs professionnels de la capitale britannique. En cette fin de championnats (Premier League et Championship), onze derbys londoniens devaient se disputer, trois ont déjà eu lieu tandis qu'un West Ham – Chelsea se joue ce soir au Stade Olympique de Londres. Mais quels sont les derbys historiques, chauds, inconnus ou amicaux ?
Les quatre points cardinaux
North London Derby
C'est LE derby londonien par excellence. La plus grosse rivalité. De la haine à l'état pur. Les rouges contre les blancs. Les Gunners contre les Spurs. Arsenal contre Tottenham. La rivalité remonte au début du XXème siècle quand Arsenal a posé ses valises à Highbury à seulement cinq kilomètres de White Hart Lane, l'antre des Spurs. Aujourd'hui, les deux clubs ont déménagé dans des stades beaucoup moins chauds – Arsenal à l'Emirates Stadium et Tottenham au Tottenham Hotspur Stadium – mais le North London Derby est toujours aussi chaud. Dans l'histoire récente, les transferts de Sol Campbell des blancs vers les rouges, ou inversement de William Gallas ou d'Emmanuel Adebayor ont cristallisé les tensions entre les supporters des deux clubs.

West London Derby
Beaucoup moins intense que celui des voisins nordiques, le derby de l'Ouest de Londres désigne communément le match entre Fulham et Chelsea, les deux clubs s'affrontant plus fréquemment dans l'élite anglaise que Queens Park Rangers ou encore Brentford, eux aussi installés dans l'Ouest de la ville. Même si Fulham a la fâcheuse habitude de faire l'ascenseur entre la première et la deuxième division ces dernières années, les derbys contre les Blues le samedi après-midi à Craven Cottage – considéré par bon nombre de connaisseurs comme l'un des stades anglais à devoir visiter au moins une fois dans sa vie – ont tout de même une saveur particulière. D'autant plus que pour les fans des Cottagers, le club de Frank Lampard constitue leur premier rival sur la scène nationale; idem pour ceux de QPR. Néanmoins, la faible rivalité sportive entre ces clubs ne génère presque aucune animosité venant des fans des Blues.
East London Derby
Peu d'amoureux de football anglais en France le connaissent. Et pour cause : il n'y a plus eu de match entre West Ham et Millwall depuis février 2012 en Championship. Mais la force de cette rivalité réside dans le fait qu'elle remonte aux origines du football, quand les clubs anglais étaient détenus par des entreprises et que les joueurs étaient les ouvriers. Ici, il s'agissait de dockers durant la fin du XIXème siècle, d'où le surnom de Dockers Derby. Presque cent-trente ans plus tard, les Thames Ironworks sont devenus West Ham et les deux clubs se sont affrontés quatre-vingt-dix-neuf fois au Den (stade de Millwall) et à Upton Park (stade regretté des Hammers).

South East London Derby
Celui-ci est pour les amateurs de Championship voire de League One (D3 anglaise) : Millwall contre Charlton. Moins de cinq miles séparent The Den (stade de Millwall) de The Valley (stade de Charlton), tous deux situés à proximité de la Tamise. Ce qui nous intéresse dans ce derby est que les deux clubs s'affrontent vendredi à 21h05 heure française pour le compte de la quarantième journée de Championship. Alors que les Lions de Millwall (11e) ont encore un mince espoir de qualification en playoffs, les Addicks de Charlton (18e) doivent rester vigilants car la zone de relégation frappe à leur porte. Une rencontre typiquement anglaise à ne pas louper !
Les “autres” derbys
Ils n'ont peut-être pas de dénomination propre mais ces derbys ont une connotation sportive et émotive très forte. Nous parlons bien évidemment des Arsenal – Chelsea ou des Tottenham – Chelsea. Pour les fans des Blues, Arsenal et Tottenham représentent les deux ennemis jurés; Arsenal, pour l'antagonisme sportif depuis le début des années 2000, pour les quinze buts de Drogba en dix confrontations, pour savoir qui est finalement la meilleure équipe de Londres; et Tottenham pour une raison bien particulière. En effet, depuis quelques années, les derbys entre Spurs et Blues sont de plus en plus disputés, tendus, voire violents.

Il faut remonter à mai 2016 et la fameuse Battle of the Bridge pour comprendre ce regain d'animosité entre les deux clubs voisins. Ce soir là, grâce à une égalisation tardive d'Eden Hazard (2-2), Chelsea empêchait Tottenham de devenir champion et offrait le titre au Leicester de Ranieri. Un match marqué par son extrême violence, les Spurs ayant écopé neuf cartons jaunes. Depuis ce jour, les matchs entre les deux équipes sont toujours chauds, entachés par de vilaines fautes.
Des derbys qui n'ont que le nom
Parfois, les derbys londoniens n'ont aucune saveur ajoutée. Cela est dû à la trop grande densité de clubs dans la ville. Une équipe comme Crystal Palace, pourtant dernier club de Premier League à avoir gardé un kop de supporters jusqu'en 2019, n'entretient aucune rivalité avec des clubs de Londres et a développé un antagonisme avec Brighton lors du M23 Derby (nom de l'autoroute reliant les deux clubs sur plusieurs centaines de kilomètres).
Enfin, les autres combinaisons possibles formant un derby au sens propre du terme – deux clubs voisins de quelques kilomètres – n'ont de derby que le nom. C'est le cas du West Ham – Chelsea de ce soir. Aucune rivalité sportive entre les deux clubs et souvent aucune ambiance tant le Stade Olympique de Londres et Stamford Bridge peuvent sonner creux quand l'équipe hôte n'enflamme pas le match.
Un sacré casse-tête les derbys dans la ville de sa Majesté (la reine, pas Drogba ni Henry), mais une fois résolu, tout semble plus facile pour finir la saison sereinement et commencer la prochaine en connaissant l'une des plus grandes – si ce n'est la plus grande – capitales du football européen sur le bout des doigts.
Crédits photo de Une : AS English
@TheoPutavy