NBA

Les Lakers peuvent-ils y croire ?

Les Lakers ont une nouvelle fois perdu. Pour la 4ème fois en cinq matchs. Alors que l'on semblait entrevoir une éclaircie du coté de la cité des Anges, les coéquipiers de LeBron James semblent retomber dans leurs travers. Pourtant début décembre, avec les retours du King et d'Anthony Davis, les fans y ont cru. Trois succès de rang, face à Portland, Washington et surtout Milwaukee, et l'on se disait que tout redevenait possible tant que les deux superstars évoluaient à ce niveau. Malheureusement, l'accalmie aura été de courte durée. Car depuis, un seul succès, contre Detroit, et surtout, plus de 124 pts de moyenne dans la musette à chaque sortie. Les raisons d'espérer existent, mais il va falloir que les Lakers y mettent du leur. 

Anthony Davis, la renaissance

Si LeBron James a évidemment sa part de responsabilité dans le semblant de mieux du coté de la Crypto.com Arena, le vrai facteur X est bien UniBrow. Il renait de ses cendres et semble enfin trouver de la régularité cette saison. En effet, il n'a manqué que trois petites rencontres, Surtout, depuis 14 matchs, il n'est plus descendu en dessous de la barre des 20 points, hormis le match à Cleveland où il a du sortir au bout de 8 minutes, malade et bien trop diminué. Il enchaîne les cartons et porte son équipe sur ses épaules, bien que cette dernière tangue encore beaucoup. Lui n'a pas grand chose à se reprocher, la plupart du temps. Si la défaite contre Boston hier à LA est peut-être dûe à son craquage sur la ligne (il a raté ses deux lancers, permettant à Tatum d'arracher la prolongation sur la dernière possession), il n'en a pas moins réalisé un match dantesque : 34pts, 15rbds, 7asts. De plus, il fut le grand artisan du 32-5 passé en cours de seconde mi-temps.

Il est clairement le chef d'orchestre de sa franchise et plus que de LeBron, les Angelinos sont ultra dépendants de lui. Il reste sur 12 double doubles consécutifs, et non des moindres : 55pts et 17 rbds lors du succès contre les Wizards, 44pts et 10rbds deux jours plus tôt pour la victoire à Milwaukee, 30pts et 18rbds pour venir à bout des Spurs ou encore 38pts et 16 rbds lors d'un probant succès contre les Nets. La liste est longue, et démontre à quel point les Lakers, toujours 12ème à l'Ouest, sont sous l'influence totale de l'ancien des Pelicans.

Une ultra-dépendance

Le meilleur exemple pour s'en rendre compte? Si hier, son craquage sur la ligne a sans doute coûté la victoire aux siens, une stat affole tous les fans Angelinos ce matin: lors de la prolongation, Anthony Davis n'a été servi qu'une seule fois par les siens. Une seule fois en cinq minutes, lui le meilleur marqueur de son équipe. Oui, physiquement, l'intérieur semblait cramé. Mais laisser à Russell Westbrook le soin de décider du sort de la rencontre paraissait voué à l'échec.. Ce cas de figure n'en est qu'un parmi tant d'autres.

Une autre stat ? Sur les quatre rencontres que Davis a loupé (comprenant celle de Cleveland où il n'a joué que 8 minutes), les Lakers n'en ont remporté qu'une, face à des Spurs bien faiblards. Difficile d'exister sans son big men, d'autant plus quand LeBron est lui aussi sur le flan, où bien trop maladroit. Il est compréhensible qu'il est difficile de se passer d'un joueur qui tourne à 27.7pts de moyenne et 12.4 rbds par match (meilleur total de la ligue). Jamais il n'avait autant scoré et pris de rebonds depuis son arrivée en Californie. Et étrangement, c'est pourtant peut-être la pire saison de son équipe.

Du mieux, pourtant.. 

Malgré tout, depuis le passage de Russell Westbrook sur le banc, lui qui est désormais le leader de la second unit, du mieux semblait apparaître pour Darvin Ham et les siens. Le marsupilami a retrouvé (un peu) de sa splendeur et (beaucoup plus) de simplicité. LeBron James, bien que maladroit, reste l'homme à tout faire et Lonnie Walker IV est la bonne pioche de la free-agency de cet été. Le retour de Dennis Schroder permet de trouver un petit peu de stabilité et certains remplaçants prennent parfois la lumière : Kendrick Nunn, bien luné, peut faire tourner un match à lui seul ou presque. Thomas Bryant, revenu de sa blessure au genou, est un solide back-up de Davis dans la raquette. Austin Reaves a également été capable de faire gagner des rencontres en sortie de banc.

Le problème est surtout défensif. Quand les Lakers sont contrariés, ne comptez pas sur eux pour défendre. Et dans des fins de matchs souvent serrées, le bât blesse.. Si Davis, toujours lui, figure encore parmi les meilleurs défenseurs de la ligue, le reste.. LeBron pense avant tout à ses stats, Westbrook est un piètre défenseur et plus généralement, les efforts collectifs laissent à désirer. Compliqué d'exister dans une conférence Ouest qui a retrouvé de sa superbe.

L'ultime chance : la trade deadline?

Difficile, voire impossible, dans ces conditions, d'exister au classement. A l'heure actuelle, les Lakers ne sont même pas qualifiés pour le playin, comme c'était déjà le cas la saison dernière. Le problème, c'est que LeBron James et Anthony Davis, les deux leaders, semblent déjà à bloc. Comment survivre si jamais l'un des deux, ou même les deux, venaient à connaître une baisse de régime, ou se blesser comme cela peut régulièrement être le cas? L'objectif, avec de tels joueurs, ne peut-être que le titre suprême. Impossible, à l'heure actuelle, d'imaginer Los Angeles d'atteindre ne serait-ce que la finale de conférence. Alors, comment faire? Un trade pourrait être à l'étude, mais les Angelinos n'ont que peu de monnaie d'échange. Ces derniers jours, la rumeur d'un intérêt pour Evan Fournier, devenu indésirable à New-York, a fait surface. Les Knicks veulent absolument se débarrasser du contrat XXL du Français, et les Lakers, désireux de trouver un shooteur extérieur, pourraient tenter le pari Fournier. Pour ce faire, un deal semble dans les tuyaux : Fournier et Cam Reddish, lui aussi mis de coté du coté de Big Apple partiraient pour LA, et à l'inverse, Patrick Beverley, Kendrick Nunn, Juan Toscano-Anderson et deux seconds tours de draft atterriraient dans l'escarcelle New-Yorkaise. Et ce, afin de libérer du cap pour l'été prochain.

Le temps presse. Si les Lakers veulent remonter la pente, il faut agir, et vite. “Plus le front office attend pour faire un deal, plus on dirait qu’ils souhaitent implicitement que les Lakers se ratent suffisamment pour ne pas réparer leurs erreurs. Peu importe si c’est Russ, ou Pat/Nunn, AD mérite d’être récompensé en jouant avec un roster respectable. je comprends pourquoi les gens voudraient commencer avec un trade de Pat/Nunn avec la façon dont Russ joue en sortie de banc. Je suis d’accord avec ça. Je dis juste que Pelinka doit faire quelque chose pour ne pas ruiner la façon dont joue Davis.” Cette déclaration d'Anthony Irwin, insider Angelinos, le prouve.

Même son de cloche pour  Brad Botkin : “Les Lakers sont une équipe qui doit agir maintenant, d’une façon ou d’une autre. Chaque semaine — voire même chaque jour — leur attente représente un gros risque compte tenu du passif de Davis vis-à-vis des blessures. Donc soit les Lakers offrent de l’aide à Anthony Davis, soit ils doivent le trader ! Mais il n’y a quasiment aucune chance que Rob Pelinka ait le courage de l’échanger tant qu’il joue aussi bien, sans parler du facteur Klutch. Donc il doit aller dans l’autre direction, parce que s’il y a bien quelque chose de pire que le risque de gâcher la valeur de trade de Davis qui explose, c’est de gâcher ce qui pourrait être la dernière saison de LeBron à un aussi haut niveau. Plus tôt dans la saison, avant que Davis ne se mette à jouer comme ça, un trade ne valait pas le coup. Les Lakers n’allaient de toute façon pas pouvoir prétendre à quoi que ce soit. Mais avec Davis niveau MVP ? C’est une tout autre histoire. Si les Lakers obtiennent de vrais renforts, et croisent suffisamment les doigts pour que Davis et James restent en bonne santé pendant six mois, c’est une équipe qui peut faire de gros dégâts.”

Ce ne sont que des rumeurs, et même si cela venait à se concrétiser, difficile d'affirmer que cela ferait évoluer les Lakers dans le bon sens. Mais les champions NBA 2020 sont dans l'obligation de tenter quelque chose pour survivre, sous peine de voir l'une (si ce n'est la) des dernières années de LeBron du coté de Venice Beach voler en éclat.

Après un début de saison catastrophique, les Lakers ont quelque peu relevé la tête. Malheureusement, cela reste toujours insuffisant au sein d'une conférence Ouest relevée. Les motifs d'espoir existent, mais pour renaître, LA va devoir, une nouvelle fois, se réinventer. Sous peine de connaître une nouvelle désillusion. 

Crédit photo : BeIn Sports


Valentin Martin

Le cœur meurtri par la fin de carrière de Rodgeur, je m'en remets aux stepback de The Beard. Rien de tel qu'un Vélodrome incandescent pour me faire chavirer de bonheur

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