L’année sportive 2021 se termine en ayant drainé dans ses sillons des athlètes qui soit se sont révélés aux yeux du monde, soit ont confirmé les attentes de grandeur et de brillance placées en eux. Panorama.

Fabio Quartararo, le Moto GP français se met à rêver,

Cette année 2021 restera indubitablement celle de Fabio Quatararo tant elle aura consacré une ascension indicible dans son carrière et dans son rayonnement. Le natif de la Côte d’Azur qui a fêté son 22e anniversaire en avril dernier est devenu cette année le premier Français champion du monde de cette catégorie, dite « reine ». Un exploit retentissant. Après un apprentissage couronné de succès dans le championnat d'Espagne, le natif de Nice fait ses débuts en 2015 au championnat du monde Moto3 à quinze ans grâce à une dérogation, et obtient deux pole positions et deux podiums. ‘’Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années’’. Ces fulgurances obtenues précocement ont poussé d’aucuns à présenter très tôt le français comme un prodige, la future terreur de la discipline. On peut dire aujourd’hui qu’ils avaient eu l’œil. En 2018, après plusieurs saisons compliquées où le niçois ne s’est pas toujours montré à ses aises, cumulant au passage des contre-performances à l’antipode des prouesses qui avaient dessiné avec brio son début de carrière, il remporte en Moto2 sa première victoire en Grand Prix. Enfin. Promu en 2019 en MotoGP, la catégorie premium dans l'équipe satellite Yamaha, il confirme tout le bien que le monde de la MotoGP a toujours pensé de lui et libère toute la plénitude de son potentiel en réalisant six pole positions, sept podiums. Il se classe de facto cinquième et meilleur débutant du championnat. Le début de l’odyssée. Il remporte ensuite son premier Grand Prix, à Jerez en Espagne le 19 juillet 2020. Une première pour un Français dans la catégorie MotoGP créée en 2002. Une semaine plus tard, le tricolore prouve à tous que cette victoire n’était pas une construction du hasard. En remportant dans la foulée un second Grand Prix en Andalousie, Quartararo finit de pourfendre les sceptiques, impressionne les avisés et marque les esprits atones par sa science et sa verve. En somme, pour la saison 2021, le niçois se montre dominant avec cinq victoires et dix podiums, si bien qu'il devient, le 24 octobre à Misano à l'arrivée du Grand Prix d'Émilie-Romagne, le premier champion du monde français de MotoGP, à deux courses du terme de la saison. Historique. A juste 22 ans, l’on peut sans craindre de tomber dans la caricature ou les hyperboles de bon aloi, déduire que ce n’est que le début d’une épopée.

Karim Adeyemi, la nouvelle terreur du football allemand,

Il faut désormais se le dire. Le RedBull Salzbourg est aujourd’hui ce qu’on pourrait appeler ‘’une machine de fabrication de cracks’’. Après Erling Haaland qui n’en finit plus de banaliser l’excellence et de cisailler les records depuis son départ d’Autriche et son arrivée en Bundesliga, c’est autour de Karim Adeyemi de marcher dans la même trajectoire que son illustre devancier. Il est tout comme lui né dans les années 2000. 2002 pour être plus précis. Il est gaucher et évolue sous les couleurs de ce qu’on pourrait appeler le ‘’bras armé’’ de la filière RedBull. Et osons le dire tout de suite, c’est un phénomène. À seulement 19 ans, il claque déjà buts sur buts et se singularise par une agilité déconcertante, une technique digeste et une vitesse d’exécution soyeuse. Et puis, le parallèle avec le ‘’cyborg’’ s’impose comme une évidence vu leur identique cheminement, il faut dire que le buteur norvégien a indirectement influencé l’éclosion du bavarois. Arrivé en terre autrichinenne en 2018, Karim Adéyèmi a d’abord été prêté au FC Liefering, succursale de Salzbourg en D2, avant d’être rappelé lorsque Haaland et Minamino ont quitté le fleuron du football autrichien à l’hiver 2020. Après une petite saison d’adaptation, le germano-roumano(maman)-nigérian(papa) affole plus que jamais les compteurs et martyrise avec poigne les défenses adverses. Très ‘’football moderne’’ compatible, l’attaquant allemand constitue indubitablement le prototype par excellence de l’attaquant contemporain. Outre les qualités d’exception à lui dévolues supra, il faut ajouter une pointe de vitesse hors série et une finition létale devant les 7m32. Ce qui est davantage impressionnant avec le bavarois, c’est sa protubérante capacité à supporter la pression. Dans le championnat domestique comme sur la scène européenne, le bavarois empile déjà les buts et soigne des statistiques de plus en plus déconcertantes.

Carlos Alcaraz, si jeune mais déjà monstrueux !

Dans l’univers tennistique aujourd’hui, Carlos Alcaraz Garcia est une véritable bête de foire, une terreur des courts de tennis, un athlète ostensiblement au dessus de la mêlée et pourtant, il n’a que 18 ans. Né le 5 mai 2003 à El Palmar, Alcaraz est un joueur de tennis espagnol, professionnel depuis 2018. D’une précocité singulière et déroutante, Carlos Alcaraz remporte son premier match dans un tournoi Challenger à l'âge de 15 ans en avril 2019 à Alicante. En junior, il s'impose sur le Grade 1 à Villena, au sein même de l'académie où il s'entraîne avec Juan Carlos Ferrero. Et il ne lui a pas fallu longtemps avant d’atteindre les quarts de finale d’un tournoi du grand chelem : Wimbledon. Il remporte par la suite son premier titre professionnel à Dénia. Début 2020, Alcaraz continue sur sa belle lancée et s’adjuge deux Futures à Manacor avant de crever l’écran lors du tournoi ATP 500 de Rio de Janeiro où il est venu compétir en tant qu’invité. Âgé de 16 ans et classé 406e mondial, l’espagnol se fera tout de même le scalp au premier tour d’Albert Ramos-Viñolas, 41e au classementATP (7-62, 4-6, 7-62)avant de s'incliner contre Federico Coria. Ceci fera de lui le plus jeune joueur à remporter un match sur le circuit ATP depuis 2013 et le plus jeune à battre un top 50 depuis 2003. Énorme !Lors de la reprise du circuit fin août, il dompte le tournoi Challenger de Trieste avant d’atteindre la finale à Cordenons. De retour en Espagne, il s'impose royalement aux tournois de Barcelone et Alicante. Si pour les profanes, ces trophées peuvent être assimilés à de la broutille, il faut dire qu’avec ces titres dans son escarcelle, c’est une prouesse digne du nom que l’espagnol établit devenant le 5e joueur à parvenir à remporter trois Challenger avant 18 ans (avec Richard Gasquet, Félix Auger-Aliassime, Novak Djokovic et Juan Martín del Potro). Plus jeune joueur classé dans le top 600 mondial, Alacaraz reçoit à l'issue de la saison l'ATP Award de la révélation de l'année. C’est dire toute l’immensité du talent du garçon et l’absolu maestria qui résulte de ses prestations sur les courts. En 2021, le natif d’El Palmar bat David Goffin à Melbourne et passe un tour à l'Open d'Australie après avoir brillamment circonscrit les qualifications. Dans la foulée, il débute sa saison sur terre battue à Marbella et se hisse jusqu’en demi-finale pour une première. Son succès au Challenger d'Oeiras lui ouvre les portes du top 100. Lors des Internationaux de France, il passe facilement l'obstacle des qualifications puis atteint le 3e tour en battant Nikoloz Basilashvili, devenant le plus jeune joueur à atteindre ce stade depuis Andreï Medvedev en 1992. Fin juillet, il s’impose devant Filip Krajinović, Albert Ramos-Viñolas et Richard Gasquet à Umag pour s'offrir son premier titre ATP en carrière. Sur dur, il est tout d'abord demi-finaliste à Winston-Salem puis accède aux quarts de finale à l'US Open en faisant notamment tomber au 3e tour le no 3 mondial Stéfanos Tsitsipás dans un match mémorable de plus de 4 heures (6-3, 4-6, 7-62, 0-6, 7-65). Cette victoire à la fois épique et dantesque fera de lui  le plus jeune joueur à battre un membre du top 3 mondial depuis Michael Chang en 1989. Il s'incline en quarts de finale face à Félix Auger-Aliassime, étant contraint à l'abandon dans le second set. Le chapelet de titres déjà à 18 ans est fabuleux ! Que dire des records, Alacaraz les avilit. N’ayons pas peur des mots. On a là peut-être là le meilleur joueur des 10 ou 15 prochaines années tant le talent et le savoir-faire de l’espagnol dépasse l’entendement et balafre les prévisions mêmes les plus cartésiennes.

2021 étant finissant, cap sur 2022 pour continuer à savourer les exploits de ces cracks qui sont encore très loin d’avoir levé le voile sur la plénitude de leurs potentialités et de leurs aspirations de gloire.