Lettre ouverte à Hugo Gaston, la saga de l’automne à Roland

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©Sebastien Muylaert/MAXPPP - Hugo Gaston of France celebrates after winning match point in his Men's Singles third round match against Stan Wawrinka of Switzerland on day six of the 2020 French Open at Roland Garros on October 0 in Paris, France. 02.10.2020 (MaxPPP TagID: maxsportsworldtwo867106.jpg) [Photo via MaxPPP]
Ligue 1

ROLAND-GARROS – Défait en cinq manches par le numéro trois mondial Dominic Thiem en 8e de finale, Hugo Gaston aura émerveillé toute la planète tennis à l’occasion de ce Roland-Garros si particulier. Lettre ouverte.

 

Cher Hugo,

Tu ressortiras certainement de ce Roland-Garros avec la (légère) frustration de te dire que ton parcours de rêve aurait pu être encore plus beau que ce qu’il n’était déjà. Des victoires face à Maxime Janvier, Yoshihito Nishioka (que bon nombre de personnes auraient pu oublier tant les deux rencontres qui ont suivi t’ont élevé à un rang encore supérieur) et Stan Wawrinka, vainqueur ici en 2015, t’ont emmené en deuxième semaine de Grand Chelem, pour y défier Dominic Thiem sur le court Philippe-Chatrier. Mené deux sets à zéro, tu as une nouvelle fois montré aux amateurs de la petite balle jaune, mais aussi bien au-delà, ta force de caractère et ton attitude irréprochable, qui t’ont permis de recoller à deux manches partout. Au-delà d’être le dernier français en lice dans le tableau masculin, tu es alors devenu le premier joueur à remonter un handicap de deux sets face à l’Autrichien, à Roland. Grâce à un jeu fait de variations et surtout de panache, tu es parvenu à compenser un déficit de puissance face à des adversaires contre lesquels on te prédisait l’enfer dans ce domaine, avec tes armes. Ta patte de gaucher sur le revers à une main d’un Wawrinka ou d’un Thiem a fait son effet, tout comme tes amorties à répétition, qui ont obligé, bien plus qu’à l’accoutumée, ces monstres du tennis à se ruer vers l’avant, les sortant ainsi régulièrement de leur zone de confort. Sans parler de tes nombreux revers gagnants dans les moments importants, tu es parvenu à déstabiliser des vainqueurs de Grand Chelem, les surprenant aussi bien par ton audace que par ton toucher de balle ou même ta vision du jeu. Hier, tu es tombé les armes à la main, ne parvenant plus à distiller des amorties aussi précises qu’auparavant en fin de rencontre, certes, mais en mourant avec tes idées. Des idées qui auront émerveillé les quelques millions de téléspectateurs devant leur poste, mais aussi et surtout les chanceux spectateurs autorisés à prendre place sur le court central de la Porte d’Auteuil, dans ces conditions si particulières. A l’issue d’un tournoi qui t’aura révélé aux yeux du grand public, mais qui n’aura fait que confirmer ton potentiel aux yeux des spécialistes, tu ressortiras sans doute avec la fierté d’avoir fait vibrer de nombreux français, mais aussi d’avoir réussi le pari d’emmener ces cadors du circuit dans ton rythme, en leur imposant ton épatante philosophie. S’il sera bientôt l’heure de retrouver le circuit Challenger, nul doute que ton objectif sera de revenir sur les tournois principaux le plus vite possible, sans pour autant griller les étapes. S’il faudra bien évidemment confirmer ce tournoi extraordinaire de ta part, personne, et surement pas toi, ne doute de cette possibilité, si ton attitude et ta détermination à progresser restent intactes. En gardant cette lucidité face aux plus grands et même dos au mur, l’avenir ne pourra en tout cas être que plus radieux. Pour tout cela, merci Hugo. Merci d’être fidèle à toi-même. Merci pour les frissons. Et à bientôt, à Roland.

 

Crédit photo de l’image en Une : La Croix

 

Grégoire Allain

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