Ligue Magnus : Le bilan à la trêve (1/2)

Après un mois et demi de compétition intense, la Ligue Magnus fait relâche pendant une semaine pour laisser place à une fenêtre internationale. Wesport en profite pour tirer un premier bilan des douze clubs engagés dans l’élite du hockey-sur-glace française. Petite précision : les chiffres indiquées entre parenthèses représentent les résultats de l’équipe avec pour ordre : victoire en temps réglementaire (3 points), victoire en prolongations ou tirs aux buts (2 points), défaite en prolongations ou tirs aux buts (1 point), défaite en temps réglementaire (0 points).

1er : Rouen – 15 matches joués, 42 points (12-3-0-0)

Que dire de la première partie de saison de Rouen, si ce n’est qu’elle est tout simplement incroyable ? Invaincus après quinze journées, les Dragons présentent une fiche exceptionnelle et n’ont lâché que trois petits points sur les quarante-cinq possibles. Meilleure défense du championnat, Rouen, par l’intermédiaire de Matija Pintaric, a déjà réalisé cinq blanchissages et n’a encaissé jusqu’ici que 1,5 buts par match. Les Rouennais ont également du flair dans le recrutement en allant chercher Joël Caron et Michel Miklik, respectivement 8 et 7 sept buts cette saison, projetant Rouen en tant que deuxième meilleure attaque de la Ligue Magnus. Mais le tour de force des Rouennais s’est étendu sur la scène européenne. Pionniers des victoires en coupe d’Europe en décrochant la Coupe Continentale en 2012 et 2016, les Normands se sont hissés en huitièmes de finale de la Ligue des Champions en éliminant, en phase de poules Nuremberg, au terme de deux matches de très haute facture, et Mountfield, troisième du championnat tchèque. Avec un bilan de trois victoires pour trois défaites, les Dragons ont terminé à la deuxième place de leur poule, seulement devancés par Kärpät Oulu, champion de Finlande en titre et leader de Liiga au moment où nous écrivons. Ils devront défier le Red Bull Salzbourg, pensionnaire d’EBEL, en huitièmes de finale, pour écrire encore un peu plus l’histoire. La seule ombre à ce tableau quasi-parfait réside en coupe de France, où les coéquipiers d’Alex Aleardi se sont faits surprendre à Dunkerque (4-2), pensionnaire de D1, pour leur entrée en lice.

2è : Grenoble – 15 matches joués, 37 points (11-2-0-2)

Autre gros poisson de cette Ligue Magnus, les Brûleurs de Loups de Grenoble laissent un sentiment paradoxal lorsque l’on regarde le jeu puis les résultats de l’équipe. La meilleure attaque du championnat avec 72 buts inscrits a laissé quelques cartons sur la route avec des 10-2 à Angers, 9-2 contre Lyon, 7-1 contre Strasbourg, 7-0 contre Nice ou encore 7-2 à Anglet, elle n’en reste pas moins prenable lorsqu’elle est mise sous pression. Les Grenoblois ont d’ailleurs reçu une claque à domicile face à l’ogre Rouennais (5-0) il y a dix jours, avec un Lukas Horak encore une fois loin d’être impérial dans un match important pour les Isérois. Si l’attaque, plutôt démesurée, des “BDL” parvient à faire des miracles, elle masque parfois des errements défensifs d’une arrière-garde bien moins renforcée. Les Grenoblois restent toutefois la deuxième meilleure défense du championnat avec seulement 28 buts concédés, mais devront élever leur niveau de jeu dans les matches à enjeu. Ce qu’ils n’ont pas su faire contre Rouen, donc, mais aussi face à Lyon (1-2) lors des seizièmes de finale de coupe de France, puisque les Brûleurs ont dû quitter la compétition d’entrée. Si cela ne change pas, les joueurs d’Edo Terglav pourraient connaître une nouvelle désillusion, après la saison blanche de l’an dernier.

3è : Angers – 14 matches joués, 23 points (7-1-0-6)

La petite surprise du chef en ce début de saison nous vient d’Anjou; Fessés lors de leur première sortie cette saison (10-2 contre Grenoble) les Ducs sont parvenus à redresser la barre au niveau statistique. Capables de faire trembler Rouen avec deux défaites 4-2, mais également de sombrer sur la glace de Chamonix, les Angevins soufflent le chaud et le froid cette saison, mais sont surtout la tête d’affiche d’un championnat extrêmement serré derrière les cadors de la Ligue Magnus. En effet, si les troupes de Brennan Sonne occupent la troisième places, elles n’ont que six points d’avance sur Nice, dixième. Un écart infime alors qu’il reste une trentaine de matches à disputer, et la course à la constance fera d’Angers un qualifié, ou non, pour les playoffs. En attendant la fin de saison, les Angevins devront surtout se passer de leur gardien titulaire, Florian Hardy, qui s’est blessé au pouce et manquera plusieurs semaines de compétition.

4è : Lyon – 15 matches joués, 23 points (7-1-0-7)

Inconstance est le mot parfait pour définir les quinze premiers matches de la saison des Lions. Les partenaires de Julien Correia, meilleur joueur français de la dernière saison, représentent à merveille l’homogénéité de cette saison 2018-2019 de Ligue Magnus. S’ils ont explosé en vol à Grenoble (9-2), ils ont également bousculé Rouen (2-0), mais se sont aussi offerts le scalp de Gap ou encore Angers. Si les Rhodaniens ne parviennent pas à être plus haut au classement, c’est notamment à cause de leur indiscipline. Avec 312 minutes de pénalités récoltées jusqu’ici, les joueurs de Mitja Sivic sont les plus sanctionnés du championnat. Ils ont évolué à 84 reprises en infériorité cette saison, plus haut total jusqu’ici et ont encaissé 23 buts à un ou deux de moins, soit quasiment la moitié des buts concédés par la quatrième plus mauvaise défense de la Ligue (52 buts encaissés). Un vrai point noir à corriger pour espérer voir plus haut, car la supériorité numérique des Lions est la deuxième la plus efficace de l’Hexagone.

5è : Gap – 14 matches joués, 20 points (6-0-2-6)

Malgré un départ raté avec trois défaites sur les trois premières journées, les Rapaces de Gap sont pourtant toujours parmi les grosses écuries du championnat de France. Porté par le duo letton Biezais-Jekimovs arrivé à l’intersaison, l’effectif de l’indéboulonnable Luciano Basile pointe à une intéressante cinquième place, notamment grâce à un parcours quasi parfait à l’Alp’Arena. Dans leur antre, les Rapaces ne se sont inclinés qu’une seule fois, face à Lyon, en prolongations, lors de la deuxième, pour cinq victoires, et ont signé des succès intéressants, notamment face à Angers et Chamonix lors de leurs deux dernières rencontres à domicile. Les choses sont en revanche plus compliquées à l’extérieur où les Haut-Alpins ne se sont imposés qu’une seule fois. C’était sur la glace d’Amiens avec un court succès (2-1), ce qui avait valu un coup de gueule de haute volée de la part de Mario Richer, l’entraîneur picard.

“C’est un manque de respect envers nos partisans ! On a perdu la majorité de nos duels en un contre un et c’était techniquement très faible. […] Collectivement, techniquement et individuellement, c’était horrible ! Il a manqué de tout.” Mario Richer après la défaite d’Amiens face à Gap.

6è : Amiens – 16 matches joués, 20 points (5-2-1-8)

Les Gothiques sont eux l’antithèse des Rapaces. Solides en déplacement, ils ont attendu leur septième match à domicile pour décrocher leur premier succès en leur antre. Battus respectivement par Rouen, Nice, Grenoble, Gap, Angers, et Chamonix, les Samariens ont dû attendre un mois et demi pour se faire respecter à la maison, face à Mulhouse (2-0). Avant cela, les Amiénois avaient laissé un goût très amer dans la qualité des performances. Fébriles sur beaucoup de matches à domicile, les Picards semblent beaucoup plus sereins à l’extérieur. Demi-finalistes la saison dernière, les Gothiques manquent surtout de réalisme devant les cages adverses pour espérer faire mieux sur cette première partie de saison, et devront corriger ce problème afin de créer une nouvelle surprise en cet exercice 2018-2019. Sinon, ils pourraient vivre une énième saison en demi-teinte, bien loin de la place forte du hockey qu’était la capitale Picarde durant les années 90 et 2000.

Adrien ROCHER

Crédits Photo : Christophe Delaville – Rouen Hockey Elite 76

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