L’origami n’est plus un jeu quand l’incendie est un soleil

Ras la visière ! La Fédération Française de Tennis semble de plus en plus déterminée à multiplier les faux pas. Se mettant toujours plus de fans de la petite balle jaune à dos. Dernier épisode en date, les invitations à Roland-Garros. Encore une fois, la voix de l’opposition a des arguments pour se plaindre d’une nouvelle décision hasardeuse de nos chères têtes pensantes. Premier fait énervant : on n’y comprend rien. Du moins, le système est tout aussi bancal que ceux à son origine. En plus du traditionnel accord avec la Fédération américaine et australienne, voilà que cette année un système de tournois « Race France et internationale » a été mis en place pour attribuer des invitations. Mais en conservant néanmoins une quantité de wild-cards au bon vouloir de « ceux qui savent ». Un mélange de mérite et d’arbitraire redondant. Le mérite bloquant les décisions arbitraires, et l’arbitraire empêchant de la jouer pleinement au mérite. Un pansement ne soigne aucun mal.

De l’ombre à la lumière des flammes qu’il allume. Bernard Giudicelli multiplie les casseroles. Crédit : Joël Saget/AFP.

Le fait est que le choix final accouche de surprises. Côté féminin, Amandine Hesse, vainqueure d’un match en grand tableau en 2015, dévouée à l’équipe de France de Fed Cup, et classée entre les 200 et 300e places mondiales, ne jouera pas Porte d’Auteuil. Visiblement, les noms de Selena Janicijevic, Diane Parry ou Harmony Tan, en grand tableau, étaient trop prestigieux pour espérer meilleur sort. Les invitées pour les qualifications aussi avaient semble-t-il des palmarès trop fournis pour celle qui était habituée à jouer le tournoi parisien chaque année. D’ailleurs, à titre d’exemple, Margot Yerolymos, heureuse élue de la campagne d’invitation, s’était inclinée face à la Montalbanaise cet hiver.

Alors, l’argument de l’âge, me direz-vous. Un argument que j’accueille les bras ouverts. C’est donc avec grande impatience que nous attendrons de voir les performances du néophyte Nicolas Mahut, jeune joueur en devenir, qui a décroché son sésame pour le tableau final. L’ancien numéro un mondial du double dispute peut-être son dernier Roland. Un certain Paul-Henri Mathieu sera ravi de voir la reconnaissance de la Fédération pour ses joueurs historiques. Mieux encore, l’infatigable Stéphane Robert, dont l’ocre parisien est la terre de ses exploits, sera lui aussi absent de la grande messe de printemps. Il ne s’agit pas là de dénigrer quiconque qui a été invité à Roland-Garros, chez les dames comme les messieurs, simplement de poser question sur certains choix hasardeux.

La goutte de trop

Les bourreaux d’Amandine Hesse, Stéphane Robert, et tant d’autres déçus, s’appellent donc Bernard Giudicelli, président de la FFT, Pierre Cherret, directeur technique national, et Guy Forget, directeur de Roland-Garros. Ainsi que tous les influenceurs de la Fédération dans l’arrière-boutique. Pour le premier cité, c’est un nouveau poids à traîner après des épisodes déjà houleux avec les fans français. A force de traîner autant de boulets à ses pieds, Bernard Giudicelli pourrait bien toucher le fond de la Fosse des Mariannes en un temps record. En effet, la réforme de la Coupe Davis, largement approuvée par ses soins, ne passe toujours pas. Elle passe encore moins quand la Fed Cup se dirige elle aussi vers une refonte similaire. Il est donc bien beau de déambuler entre les tribunes, en saluant les supporters de l’équipe de France, toujours fidèles aux compétitions par équipe. Mais qui d’autre qu’un pyromane se délecte du feu qu’il a allumé ? Je terminerai ce texte comme je l’ai commencé, sur ces mots de Gaël Faye : L’origami n’est plus un jeu quand l’incendie est un soleil.

Belle métaphore de ce que fait la Fédération avec le tennis français. Crédit : depositphotos.

A propos de l'auteur

Je ne sais pas qui attaque le plus entre Pierre Rolland et Rafael Nadal. Je ne sais pas qui monte le mieux entre Chris Froome et Ivo Karlovic. Je ne sais pas non plus qui cumule le plus de revers entre Stan Wawrinka et Nacer Bouhanni. Je n'ai jamais su choisir entre le tennis et le vélo. Mais ce dont je suis sûr, c'est que je n'ai percé dans aucun de ces deux sports.

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