Mais qu’est ce qui cloche chez Caroline Garcia ?



Éliminée hier en quarts de finale du tournoi de New Haven par Monica Puig (5-7 6-1 2-6) Caroline Garcia a laissé derrière elle une certaine inquiétude quant à sa forme du moment.

En effet, suite à son coup d’éclat à Wuhan et à Pékin l’automne dernier, on sent que la n°1 française a bien du mal à confirmer son statut de top 10.

Mais alors, qu’est ce qui ne va pas chez Caroline Garcia ?

Des résultats pas à la hauteur des espérances 

L’attente est longue, mais les résultats eux, ne sont pas à la hauteur de nos espérances (ni certainement des siennes).

Les meilleures performances de la Française cette saison jusqu’à présent ? Deux demi-finales sur terre battue à Stuttgart et à Madrid. Pour le reste, on compte (entre autres) 6 quarts de finale, et deux défaites au premier tour (Brisbane sur abandon, et Wimbledon).

Rien de catastrophique me direz-vous ? Pour autant, la n°6 mondiale peut espérer mieux. En Grand Chelem, la Lyonnaise n’a pas fait mieux qu’un 1/8 de finale en Australie et à Roland Garros, puis, une élimination précoce au premier tour de Wimbledon. On le sait, les victoires en Majeur sont difficiles à aller chercher, et il faut parfois du temps et un tirage favorable (ce que la Française n’a pas eu la chance d’avoir cette année) pour espérer avancer dans le tournoi.

Pourtant, le constat est identique en Premier Mandatory. Même si elle en a décroché deux en 2017, la voir s’imposer cette année semble utopique, tant sa fébrilité est palpable dans les enjeux importants.

Un statut de top 10 trop lourd à porter ? 

Finalement, on a un peu la sensation de retrouver la Caroline Garcia d’avant 2017; celle qui butait toujours face aux meilleures joueuses mondiales (seulement 1/7 victoires sur le top 10 en 2018).

Mais alors, concrètement, quel est le problème ? A l’image de sa fantastique tournée asiatique 2017, on sait que Caroline Garcia est capable de rivaliser face à n’importe quelle joueuse du top 10 (à l’image de ses victoires sur Halep, Kvitova, Svitolina, et Wozniacki, par exemple). Pourtant, on sent que la Française est sur la réserve et manque de relâchement cette année.

Pendant ses matchs, elle est capable d’allier le meilleur comme le pire. Le constat est simple, lorsque Caroline Garcia sort de son schéma de jeu, elle semble paniquée, dépassée. La frustration ne tarde alors pas à monter, elle qui est de nature déjà très nerveuse sur un court. Ainsi donc s’enchaîne la spirale négative de la n°1 française : plus elle va s’agacer, plus elle va sortir de son match.

Le problème serait d’ordre psychologique, donc. Mais l’inquiétude pèse sur le fait que la quasi totalité de ses matchs perdus dernièrement résident sur sa capacité à se mettre en difficulté seule, sans pour autant que son adversaire soit injouable en face. A l’image par exemple, de ses trois derniers matchs perdus disputés face à Simona Halep, Aryna Sabalenka, et Monica Puig.

La réponse résiderait donc de l’ordre mental. Mais alors, quelles solutions peuvent-être apportées à la Française ?

Louis Paul Garcia, père et coach. La faille du système ?

Éliminée hier en quarts de finale du tournoi de New Haven par Monica Puig, on a un peu l’impression que c’était “le match de trop” pour la Française. Alors qu’elle menait 5-2 dans le premier set, la n°1 française s’est fait rattraper au score. A 5-4, elle demande l’intervention de son père et coach Louis Paul. Et le constat sur les propos du père est alarmant : on sent une Caroline lassée face au discours du coach. “Tu n’es pas dans ton match”, répète t-il à plusieurs reprises. Le discours est vague, et négatif et on ressent un grand manque de psychologie dans ses propos.

Le résultat est lui, inéfficace: Bien qu’elle mène 5-4, la Française laisse échapper le premier set 5-7. Le scénario est identique à son quart de finale perdu à Montréal face à Simona Halep, où la Lyonnaise a perdu la première manche 5-7 alors qu’elle menait 5-4 avant l’intervention de son père.

Bien qu’elle se soit ressaisie dans le second set, la n°6 mondiale lâchera de nouveau prise dans l’ultime manche (défaite 5-7 6-1 2-6). Un match, parfaitement représentatif de son état et de son gros manque de régularité du moment. Le constat est inquiétant à quelques jours de l’US Open.

Le but du coach n’est-il pas justement d’encourager sa joueuse et de la pousser vers le haut même dans les moments difficiles ? Pour cela, un discours positif est de rigueur; chose qui manque cruellement dans les interventions de Louis Paul Garcia.

Pourtant, si sa fille est arrivée jusqu’au top 5, c’est bien grâce à lui. Mais on sent désormais la limite de son coaching et surtout, on a l’impression que son entourage est désormais inadapté face à son nouveau statut de top 10.

Surtout, on a l’impression que la n°6 mondiale s’enferme de plus en plus sur elle même au fur et à mesure que le temps passe. Sa communication sur les réseaux sociaux est de plus en plus inexistante, et plus rien ne semble spontané tant sa vie semble parfaitement encadrée par son entourage.

Pire encore, ses seules activités semblent se réduire à passer du temps avec sa famille. Il ne semble n’y avoir “rien” en dehors du tennis et de ses parents dans la vie de la Française. Bien sûr, nous ne sommes pas dans son entourage pour le savoir, mais c’est en tout cas l’image que donne Caroline Garcia en 2018 : celle du jeune fille de 24 ans qui ne semble pas épanouie, ni dans la vie, ni sur le court.


Un changement de coach pour la relancer ? 

Alors, on peut légitiment se poser la question : N’est-il pas temps pour Caroline Garcia de changer son staff ? Si la Française veut aller de l’avant, il semble nécessaire pour elle de retrouver le plaisir de jouer et surtout de se sentir épanouie.

Une personne capable de lui redonner l’envie et une décontraction nécessaire pour baisser sa nervosité et sa tension psychologique serait de rigueur, à l’image, par exemple, de Phillipe Dehaes, coach de Daria Kasatkina.

Pourtant, on le sait, un changement de coach est quasiment impossible pour la Lyonnaise tant son père semble avoir une certaine emprise psychologique sur elle. Et on se met à la place : Que faire quand vos parents ont tout lâché pour que vous deveniez l’une des meilleures joueuses de tennis au monde ?

Quand on interroge la n°1 française, elle semble pourtant se satisfaire de la méthode familiale :

“C’est une expérience formidable d’être avec mon père et ma mère, qui sont souvent avec moi. Je sais qu’il est là que parce qu’il veut que j’atteigne mes objectifs. “

“Je ne sais pas si c’est plus facile ou pas, cela dépend de votre relation avec votre coach. Je pense que partager cette expérience et cette aventure avec mon père la rend encore plus émouvante lorsque de bons résultats arrivent. C’est difficile à décrire.

(Texte traduit de l’anglais, source article du Connecticut Open).

Un discours qui va pourtant à l’opposé de ses résultats et de son attitude du moment. Même si l’on sait que la famille de Caroline Garcia fait tout pour qu’elle arrive au sommet, la méthode empruntée jusqu’à son ascension du top 10 semble aujourd’hui ne plus porter ses fruits, et le cap psychologique pour qu’elle décolle enfin pour de bon se fait de plus en plus attendre.

Si elle ne le dit pas, son agacement et sa nervosité sur les courts semblent montrer une joueuse qui en a “ras le bol”. Tout ce qu’on espère, c’est que Caroline Garcia ne chute pas en plein vol. A 24 ans, la n°1 française a peut être envie de voler de ses propres ailes et de vivre sa vie de femme, loin de ses parents.

Beaucoup de questions se posent autour de la n°6 mondiale, mais elle seule détient les réponses…

Une chose est sûre, la Lyonnaise va vite devoir trouver une solution si elle ne veut pas chuter au classement en octobre prochain. La défense de ses titres à Wuhan et Pékin risque de lui coûter cher sur sa fin de saison…



A propos de l'auteur

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Commentaires

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    J-J
    24 août 2018

    Merci pour cette analyse pertinente et ces vidéos. Hier Caroline Garcia a exprimé comme rarement un vif mécontentement public vis-à-vis de son père, avec : 1. des regards appuyés depuis le court vers son clan. 2. des applaudissements démonstratifs la main sur le tamis à la suite à l’époustouflant point marqué par Puig l’air de dire à son père : « Bravo pour tes conseils, voilà le résultat » (il ne s’agissait pas d’une reconnaissance adressée à l’adversaire). 3. Une apostrophe indirecte lâchée près du micro posé sur la chaise de l’arbitre consécutive au set perdu : « Super le coaching ! » 4. D’autres exclamations relatives au filet : « filet de merde » ais-je entendu vers la fin du match.

    Sinon, quelques remarques sur le texte :
    – Ainsi donc s’enchaîne la spirale négative de la n°1 française > ainsi donc s’ouvre/s’accélère la spirale…
    – La réponse résiderait donc de l’ordre mental > la réponse serait d’ordre / relèverait d’une défaillance d’ordre…
    – quelles solutions peuvent-être > peuvent-elles être…
    – répète t-il à plusieurs reprises > pléonasme > lui répète-t-il. / ou / lui signifie t-il à plusieurs reprises.
    – Et on se met à la place > à sa place.
    – c’est que Caroline Garcia ne chute pas en plein vol > l’expression est plutôt : exploser en vol. Disons : ne chute pas brutalement…
    – La défense de ses titres à Wuhan et Pékin risquent > risque…

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