Au terme d'un Grand Prix fou, du début à la fin, c'est finalement Fabio Quartararo qui s'est imposé à Doha, devant Zarco. Encore 8e à la mi-course, il a su tirer profit du regain de forme de sa Yamaha. Tour à tour, ses adversaires ont cédé, de Bagnaia à Martín. Comble du bonheur pour les supporters français, Zarco signe une magnifique 2e place. Deux Français sur le podium, ce n'était pas arrivé depuis 1954. Le doublé en est d'autant plus historique. 

Départ supersonique

Dès le départ du Grand Prix, ce dernier s'annonçait déjà brûlant. Jorge Martín, tout nouveau poleman en MotoGP, et Miguel Oliveira ont tout simplement semblé voler. Le leader est arrivé dans de bonnes dispositions au premier virage, tandis que le pilote KTM est passé de la 12e à la 3e place en une ligne droite. Derrière, les Ducati profitaient de leur puissance incroyable pour truster les premières places. Après quelques tours, 4 Ducati pouvaient prétendre à la victoire finale, seule l'Aprilia d'Espargaró venait jouer les trouble-fête.

Les Suzuki ont, elles, joué les arbitres, tantôt venant déstabiliser les Yamaha, tantôt les Ducati du team officiel. Très agressives, voire même un peu trop, des sanctions auraient pu (et dû) tomber. Les manœuvres de Mir sur Quartararo et de Rins sur Miller ne devraient pas être tolérées. Jusqu'à la mi-course, on a cru le second pilote Suzuki en mesure de se frotter aux Pramac, avant de subir la même baisse de régime que la semaine dernière, lorsque Viñales s'était finalement imposé. Oliveira et Espargaró aussi ont reculé progressivement, laissant le bouquet final aux Yahama et aux Ducati. Les Honda étaient elles complètement oubliées, larguées, sans leur maître à jouer toujours absent.

La France sur le toit du monde

Zarco, second toute la course, n'a jamais semblé en mesure de passer Jorge Martín, jusqu'aux derniers tours de roue. Alors que Quartararo remontait inlassablement sur ses adversaires, les passant un à un, il n'eut aucun scrupule à déposer son compatriote. Propre, sans accroche, la Yamaha filait devant, avalant tout sur son passage. Le coéquipier de Zarco en faisait également les frais. Martin dévoré, El Diablo s'envolait vers une victoire qui mit très longtemps à se dessiner. Végétant à la 8e place une bonne partie de la course, la remontée incroyable de Quartararo vaut de l'or. Surtout, il marque d'une pierre ce Grand Prix comme une référence en matière de bataille. Jamais nous n'avions vu le Niçois se démener autant dans le peloton. Cette victoire de prestige en amènera sûrement d'autres. Le résultat est là, Fabio a enfin renoué avec la victoire, elle qui la fuyait depuis trop longtemps.

Comble du bonheur, Zarco a donc fini par trouver la faille sur Martín, puis à le bloquer dans les derniers virages pour s'assurer cette magnifique deuxième place. Auparavant, il a su faire preuve de sang froid pour repousser les attaques de plusieurs pilotes, dont Rins et Viñales. Course presque parfaite pour Johan, qui prouve qu'il faudra bien évidemment compter sur lui cette année. Juste récompense aussi pour un pilote qui s'est tant donné malgré les critiques ces dernières années. Deux Français sur le podium, c'est un véritable exploit ! Mais, deux français aux deux premières places, ce n'était même jamais arrivé dans l'histoire de la MotoGP ! Au classement général, le pilote Pramac devient leader au général (40 points), devant les deux Yamaha à égalité (36 points).

Finalement, la réalisation n'avait presque d'yeux que pour eux. Le second groupe n'a jamais été montré, tant les 8 pilotes de devant ont fait le show lors des 22 tours de piste à Doha. Exit donc les LCR, les Honda, les Petronas et les Avintia. Les Yamaha de Quartararo et Viñales ont prouvé qu'elles avaient des réserves, surtout en fin de course, puisque l'Espagnol finit quant à lui 5e derrière Rins. Bagnaia est 6e, devant Mir, Binder et Miller, qui s'est effondré sur la fin.