Le All-Star Game vient de se terminer, place à la dernière partie de la saison régulière. Les 30 franchises NBA devront encore hausser leur niveau de jeu pour respecter leurs objectifs de début de saison. À l’Est, les contours d'un top 4 commencent à se dessiner. Si rien n’est encore acquis pour se positionner en playoffs, plusieurs candidats aux play-in peuvent jouer les trouble-fêtes. Faisons ensemble un point sur le classement de la conférence Est. Zoom sur les performances individuelles, les projections à venir sur les playoffs, et un tanking qui se promet d'être unique dans l'histoire de l'Association.

Top 4 : on prend les mêmes et on recommence

Cette saison nous offre un classement très serré au sommet de la conférence Est. Depuis quelques semaines, un noyau de 4 franchises se dessine et peut prétendre aux places de playoffs, sauf accident industriel. Et les visages de ces franchises ne sont pas surprenants, puisque 3 des protagonistes faisaient partis du top 5 à la mi-saison l’an dernier. On retrouve, dans l’ordre : les Celtics, les Bucks, les Sixers et les Cavaliers.

Mazulla met tout le monde d’accord

Seuls en tête de la conférence, les Celtics sont même partis pour rendre leur meilleure copie depuis 2009. Qui aurait imaginé pareil scénario en début de saison ? On aurait pu penser que l’équipe de Boston allait se noyer sous les affaires extra-sportives, s’ajoutant aux nombreux changements qu’a connu le banc vert, malheureux finaliste de l’édition 2021-2022. Puis Mazulla est arrivé. Avec son attaque de folie, les Celtics paraissent être de sérieux candidats pour soulever le trophée en juin. Arriveront-ils à dépasser leurs rivaux historiques de la conférence homologue, et ainsi être seuls en tête du palmarès NBA ? La réponse en juin.

Bucks, Sixers et Cavs : des collectifs forts et des super-stars au rendez-vous

Dans le sillage des Celtics, on retrouve de sérieux prétendants pour les playoffs. Ce n’est pas les Bucks qui vous diront le contraire, eux qui auront à coeur de faire mieux que demi-finalistes. On vous en parlait en début de saison : la franchise de Milwaukee à l’air d’avoir la bonne recette. Au coeur d'un collectif fort, Giánnis Antetokoúnmpo parait inarrêtable depuis son euro réussi (31,9 pts/m 12,2 r/m 5,4 a/m).

Celui dont on ne compte plus les matchs de grande classe, c’est Joël Embiid. Sa palette polyvalente continue d’éclabousser le championnat. Son association avec Harden, qu’il ne faudra pas oublier au moment des playoffs, fait des Sixers un des favoris de cette édition. Avec une moyenne de 33,1 points par match, le camerounais ne souhaite plus jouer les seconds rôles. Espérons qu’il ne se fera pas voler une fois de plus la vedette par d’autres joueurs au rendez-vous, à l’instar de Donovan Mitchell, ou Jason Tatum. Ce dernier, MVP du All-Star game 2023, a énormément progressé sur son playmaking et fait désormais taire les critiques.

Les Cavaliers ont un collectif très homogène et continuent de monter en puissance. Si le groupe échappe aux blessures, il faudra les considérer au moment de compter les points.

Les places en playoffs : plus chères que jamais

Le reste du classement de cette conférence Est est extrêmement serré. Cela nous réserve un scénario palpitant pour la fin de saison régulière. On retrouve 6 franchises dans un mouchoir de poche. Si les places donnant avantage au terrain semblent difficile à atteindre, la bataille pour le ticket des playoffs s’annonce acharnée.

Les Nets toujours attrayant

Les Brooklyns Nets ont un joli collectif, notamment en défense. Capable du meilleur face aux grosses écuries, ils devront être plus réguliers pour prétendre à une place en playoffs. À voir si le départ de Kevin Durant ne résonnera pas comme un traumatisme pour cette équipe, qui se trouvait au sommet l’an dernier avant de dégringoler suite aux blessures de KD. On peut imaginer que la solidité défensive, mise en lumière par Nic Claxton, qui s’annonce comme le meilleur défenseur de la ligue, permettra de combler ces difficultés.

Miami encore décevant

L’expérience ne trompe pas. Malgré une première partie de saison en demi-teinte, il faudra compter sur le Heat, qui sait monter en puissance à ce moment du championnat. Le 5 majeur est de retour en forme et ce ne sera pas une surprise si Miami se qualifie sans passer par les play-in. Les Knicks, eux, se sont sérieusement reconstruits, et ont la capacité de résister jusqu’au bout pour s’offrir le spot convoité de la 6ème place. Jalen Brunson peut prendre pour lui quelques louanges, tant son playmaking apporte à la franchise newyorkaise (23,9 pts/m).

On le sait, à ce stade de la compétition, figurer dans la deuxième partie du tableau n’est jamais bon présage. Pourtant, rien n’est jamais joué d’avance. Les franchises comme celles des Hawks ou des Wizards peuvent encore prendre exemple sur les Celtics, 11ème à la mi-saison l’an dernier. Affaire à suivre…

La lutte pour les play-in… ou pour Wemby

La formule des play-in pourraient bien arranger quelques écuries encore en phase de rodage. Les Raptors, ainsi que les Pacers, cherchent encore un fond de jeu leur permettant d’asseoir une stabilité et de remporter des points précieux. La franchise d’Indiana propose un jeu de qualité, mais il est probable qu’un manque de leader affirmé n’entraine l’effondrement de leur dynamique dans les matchs à enjeux. À voir si le rookie Mathurin sera capable d’assumer son nouveau statut.

La lutte pour les play-in est encore ouverte et alléchante, et va continuer de nous offrir quelques belles surprises. Loin du range 7-9 idéal pour rester crédible, on retrouve les Bulls. Il leur faudra beaucoup plus qu’un mois de janvier catastrophique, s’ils souhaitent sauver du positif de leur saison, malgré quelques individualités qui sortent du lot (Vucevic et Lavine). Un shooteur 3 points n’aurait pas été de trop pour les épauler sur cette fin de saison, Chicago étant bon dernier au classement des tentatives en dehors de la raquette.

Déceptions et tanking historique

Nos frenchies de l'Est sont aussi décevant cette saison. Avec seulement 5,5 de Player Impact (PIE), Evan Fournier continue de sombrer à New-York. Cela devient pénible de suivre le fil d’une saison qui ne ressemble en rien à l’édition précédente. Prometteur mais sur courant alternatif, ce n’est pas Killian Hayes qui sortira les Pistons d’une spirale noire.

Mais il n’est pas certain que certaines franchises souhaitent réellement améliorer leur ratio-win. Et ce n’est pas l’inquiétude d'Adam Silver qui rassurera les amoureux du fair-play et du beau jeu. Si chaque année le tanking nous offre son lot de non-match de la part d’équipes en reconstruction, l’été 2023 s’annonce sans précédent.

Finalement, le seul français qui émulse les couloirs de la conférence Est cette année se trouve outre-Atlantique. Les Hornets et les Pistons sont en effet en lice pour dérouler le tapis rouge à Victor Wembanyama, annoncé comme générationnel par tous les amateurs de basket. Il ne serait pas surprenant de voir certaines franchises renoncer à leur saison pour s’offrir les services de la pépite française l’an prochain.

Une vingtaine de matchs, voilà ce qu’il reste aux écuries de l’Est pour s’offrir un ticket synonyme de qualification. Aucune franchise n’est à l’abri de blessures ou de sombrer dans le sprint final, et le parcours jusqu’aux playoffs est long. Très long. Associé à un tanking historique pour s’arracher le talent de Wembanyama, la fin de saison à l’Est s’annonce palpitante, et nous promet de grands moments de basket.

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