Après 10 jours de compétition fait de surprises, de déceptions et de records du monde, il est venu le temps de faire le bilan de ces championnats du monde disputés à Eugène, capitale de l’athlétisme aux États-Unis. À domicile, les USA ont une nouvelle fois dominé la concurrence avec 33 médailles, alors que côté Français, l’inquiétude règne à 2 ans des Jeux Olympiques de Paris. Mondiaux Athlétisme 2022, voici notre bilan de cette 18ème édition.
Mondiaux Athlétisme 2022 : les USA dominateurs
La moisson tant attendue est devenue réalité. Devant leur public de l’Oregon, les États-Unis n’ont pas fait de détail avec pas moins de 33 médailles (pour 13 titres). Sans concurrence sur le sprint masculin (3 succès sur le 100, 200 et 400m pour 7 médailles sur 9 possibles), les sprinteurs Américains ont fait le boulot, à l’image de Fred Kerley, Noah Lyles et Michael Norman. Si chez les femmes le sprint a été la principale déception outre-Atlantique (aucune médaille sur 100, 200 et 400m), les concours individuels (perche, poids et marteau) sont venus rectifier ces contre-performances les échecs individuels. Et la championne Olympique de la perche en 2021, Katie Nageotte a réalisé le doublé, d’autres, comme Brooke Andersen au marteau et Chase Ealey au poids ont ouvert leur palmarès.
Chez les relais, avec 3 titres sur 4 courses possibles, les USA ont été à la hauteur. Alysson Félix, un des plus gros palmarès de l’athlétisme moderne avec 20 médailles en carrière, a décroché une dernière breloque en or au 4*400m (malgré sa non-participation à la finale) avant de prendre sa retraite. La seule déception viendra du 4*100m masculin, battu par le Canada. Mais pas de doute, le pays de l’oncle Sam sera bel et bien prêt pour faire une nouvelle moisson à l’été 2024 à Paris !
Les Jamaïcaines toujours reines du sprint
Les années passent et se ressemblent pour le sprint féminin Jamaïcain ! Avec les titres acquis sur 100 et 200m, la Jamaïque est toujours la nation reine chez les femmes pour la vitesse ! Portée par son duo Shelly-Ann Fraser-Pryce (or sur 100 et argent sur 200m) et Shericka Jackson (or sur 200 et argent sur 100m), l’île des Caraïbes se positionne en 3ème nation de ces mondiaux athlétisme 2022 avec ses 10 médailles et fait toujours figure d’adversaire numéro 1 pour les Américains.
Armand Duplantis, nouvelle star de l’athlétisme mondial
Les mots manquent pour pouvoir décrire Armand Duplantis. Dominateur à la perche depuis maintenant 4 ans, le bondissant Suédois continue d’écrire sa légende. Avec un saut à 6m21 (nouveau record du monde), le champion olympique de Tokyo repousse les limites de sa discipline. Mais justement, quelles sont ses limites ? Certains entraîneurs n’hésitent pas à dire que le Scandinave pourrait bien atteindre les 6m30, que sa technique est parfaite, et qu’il dispose encore de marge. Armand Duplantis est attendu lors de chaque événement, ce qui démontre que la star de l’athlétisme est le nouveau visage de ce sport.
Une maigre récolte pour les athlètes Français
Il aura fallu attendre les dernières heures de la dernière journée de ces mondiaux athlétisme 2022 pour enfin voir une médaille Française, celle de Kevin Mayer sur le décathlon. Un titre venant sauver la délégation tricolore d’un zéro pointé qui aurait fait tache. Mais à 2 ans de ses JO, l’athlétisme Français inquiète. La relève se fait timide, les performances moyennes, avec seulement une médaille et 5 places de finalistes, c’est-à-dire dans les 8 premiers (Wilfried Happio sur 400m haies, Gabriel Tual 6ème sur 800m, Quentin Bigot, 4ème au lancer du marteau, Jean-Marc Pontvianne, 8ème au triple-saut et Renaud Lavillenie 6ème à la perche). Autant dire que le chantier est immense à un peu plus de 700 jours des jeux.
Les temps forts de ces championnats du monde
Durant ces 10 jours de compétition à Eugene, de grands moments sont venus rythmer cette 18ème édition. À commencer par le saut à la perche et Armand Duplantis. Avec un record du monde poussé à 6m21, le ciel semble être sa seule limite dorénavant pour le prodige Suédois.
Un triplé Européen sur 1500m, cela sort de l’ordinaire ! Alors qu’on attendait le favori Jakob Ingebrigtsen, le Norvégien a été dominé par le Britannique Jake Wightman dans la dernière ligne droite. Un échec pour le Scandinave qui prendra sa revanche quelques jours plus tard sur 5000m. L’Espagnol Mohamed Katir prendra la médaille de bronze pour un podium 100% Européen, unique dans l’histoire.
Alison Dos Santos a de son côté obtenu le graal sur 400m haies. Alors que l’on attendait le double champion du monde et champion olympique Karsten Warholm, le Norvégien est passé à côté de sa course (seulement 7ème), laissant le champ libre à ses adversaires. Et c’est le Brésilien, bronzé à Tokyo, qui décroche à 22 ans son premier titre international. Une course qui a vu le tricolore Wilfried Happio passer tout près de l’exploit en terminant au pied du podium pour 2 petits centièmes).
Sur 100m haies, nous avons eu le droit à la course la plus rapide de l’histoire sur cette distance. Avec un nouveau record du monde descendu à 12’’12 par la Nigériane Tobi Amusan, la 2ème place de Britany Anderson en 12’’23 et la 3ème de Jasmine Camacho-Quinn en 12’’23, jamais un 100m haies féminin n’avait été couru aussi vite !
Sydney McLaughlin est-elle seule au monde ? Avec un nouveau record du monde sur 400m haies descendu à 50’’68, l’Américaine se bat contre ses propres records, laissant la concurrence loin derrière. La jeune prodige de 22 ans sera la grandissime favorite à Paris en 2024 pour décrocher l’or, elle qui est déjà champion olympique et désormais championne du monde !
Place désormais aux Championnats d’Europe, qui auront lieu à Munich du 15 au 21 août 2022. On attendra une réaction des athlètes tricolores, qui auront besoin de se rassurer après des résultats plus que mitigés. Quant aux prochains mondiaux d’athlétisme, ils se disputeront à Budapest, en 2023. Une répétition générale avant la grande messe Olympique !
Crédit photo ledauphine.com