Cyclisme

Paris-Nice : un festin de classiques au menu de la 79e édition

La 79e édition de Paris-Nice s’élancera demain de Saint-Cyr-l’École en direction des Alpes-Maritimes. Du 7 au 14 mars, les plus grands noms du cyclisme actuel s’affronteront sur le deuxième WorldTour d’une semaine de la saison. Les nombreux parcours accidentés promettent du spectacle.

Un sacré festin. Une orgie d’ascensions. La recette de cette 79e édition de Paris-Nice ressemble à un copieux enchaînement de classiques. Ça tombe bien, ce sont des produits de saison. Huit étapes pour un total de 1 239 kilomètres. Une base costaude saupoudrée de deux journées plutôt plates promises aux sprinteurs. Une pincée de contre-la-montre individuel pour pimenter la lutte entre favoris. Le tout décoré d’une dantesque étape-reine pour départager les cadors en montagne. Le dressage du classement général s’effectuera en deux temps, un montage à Chiroubles puis un glaçage à Valdeblore La Colmiane.

Après un Tour des Émirats arabes unis au milieu du désert, c’est la France qui accueille les meilleurs professionnels de la petite reine. Un plateau relevé est au départ de Saint-Cyr-l’École. 23 brigades de sept coureurs, soit 161 engagés. Aux côtés des 19 WorldTeams, l’organisateur ASO a convié trois ProTeams françaises aux agapes : B&B Hotels P/B KTM, Team Arkéa-Samsic et Total-Direct Énergie. Première au classement UCI ProTeams en 2020, l’équipe belge Alpecin-Fenix est qualifiée d’office.

Le gratin du peloton

Le panier des candidats à la victoire finale est bien garni. Deux chefs étoilés en Grand Tour sortent du lot. Le Slovène Primož Roglič reprend sa saison après une victoire sur la Vuelta et une deuxième place sur le Tour de France en 2020. Il sera épaulé par ses lieutenants Steven Kruijswijk et George Bennett, deux cartes à jouer pour la formation néerlandaise Jumbo-Visma en cas de défaillance de son leader. Un sérieux concurrent a ouvert son enseigne juste en face des “Abeilles tueuses” en renversant le Giro 2020. Au sein de l’armada Ineos-Grenadiers, Tao Geoghegan Hart sera soutenu par Dylan Van Baarle et Richie Porte, double vainqueur de l’épreuve en 2013 et 2015.

Primož Roglič s’est imposé sur la Vuelta en fin de saison 2020. Crédits photo : AFP

Avant que les débats ne se durcissent dans les bosses et en montagne, les sprinteurs auront l’occasion de s’illustrer. En apéritif du banquet de cols, Paris-Nice propose trois étapes aux gros mollets. La première journée donnera un avant-goût de la deuxième partie de semaine. Un hors-d’œuvre accidenté obligera les équipiers d’Arnaud Démare (Groupama-FDJ) et Pascal Ackermann (Bora-Hansgrohe) à contrôler une échappée farcie d’espoir.

Un menu copieux

En deuxième journée, les plus véloces auront une chance certaine à Amilly. Le vainqueur pourra arroser son bouquet de Bell’ de Loing, la bière locale dans ce coin du Loiret. Il l’a prouvé par deux fois dans le désert émirati, Sam Bennett a toujours soif de succès. Le sprinteur irlandais de la Deceuninck-Quick Step tentera d’épancher ses envies, en se frottant à Bryan Coquard (B&B Hotels P/B KTM), Nacer Bouhanni (Arkéa-Samsic), Alexander Kristoff (UAE Team Emirates) ou encore Jasper Philipsen (Alpecin-Fenix). N’oublions pas non plus Giacomo Nizzolo, enrôlé par Qhubeka Assos et récent vainqueur de la Classic d’Almeria.

Le lendemain, à Gien, un contre-la-montre individuel plat sacrera un bon rouleur en haut d’une bosse (400 mètres à 6.3%). On imagine Rémi Cavagna (Deceuninck-Quick Step), Rohan Dennis (Ineos-Grenadier) ou Tony Martin (Jumbo-Visma) se délecter de ce casse-croûte casse-pattes.

Crédits : ASO

C’est à partir de la quatrième étape que les favoris testeront leurs capacités, et surtout celles de leurs rivaux. Pendant les sept ascensions au menu de cette journée tracée entre Chalon-sur-Saône et Chiroubles, on entendra souffler les coureurs aussi forts que des bœufs bourguignons. Les baroudeurs possèderont une bonne occasion de se régaler. La nouvelle formule de l’équipe AG2R-Citroën composée d’Aurélien Paret-Peintre, Bob Jungels et Oliver Naesen a probablement coché ce rendez-vous.

Digérer un final dantesque

Les effectifs d’Astana-Premier Tech et Lotto-Soudal s’avancent également en chasseurs d’étapes. Alexeï Lutsenko, Omar Fraile, Ion Izaguirre, Aleksander Vlasov et Luis Leon Sanchez joueront plusieurs coups avec les expérimentés Thomas De Gendt, John Degenkolb et Philippe Gilbert. Les autres équipes devraient s’en méfier car ces coureurs de talent sont capables de tactiques innovantes pour surprendre le jury des commissaires et s’imposer au nez et à la barbe des favoris. Tout comme Edvald Boasson Hagen (Total-Direct Énergie), Matteo Trentin (UAE), Soren Kragh Andersen (DSM) et le vainqueur de Kuurne-Bruxelles-Kuurne Mads Pedersen (Trek-Segafredo).

Crédits : ASO

Crédits : ASO

Deux victoires d’étapes de prestige ont certainement été commandées par les directeurs sportifs des 23 brigades. Les deux dernières journées de ce Paris-Nice saison 2021 promettent un spectacle intense avec un enchaînement d’ascensions qui s’avèrera peut-être indigeste pour les plus fatigués du peloton. L’étape-reine de cette Course au Soleil n’est pas évidente à énoncer. Qui de la 7e et de la 8e journée mérite cet honneur ? Une arrivée au sommet à Valdeblore La Colmiane (16.3 km à 6.3%) est en concurrence avec la très accidentée boucle autour de la ville d’arrivée Nice.

Se tailler une part du gâteau

De nombreux prétendants s’aligneront avec de grandes ambitions. Le tenant du titre Maximilian Schachmann (Bora-Hansgrohe) espère conserver sa couronne, conquise au cours d’une édition tronquée d’une étape pour cause de crise sanitaire. À l’aise et vainqueur dans une Ardèche Classic bosselée comme une pyramide de choux, David Gaudu (Groupama-FDJ) aimerait inscrire un premier Tour à son palmarès, fourré de crème de talent. Warren Barguil (Arkéa-Samsic) et Guillaume Martin (Cofidis), deux autres représentants du pays de la gastronomie, espèrent se tailler une part de gâteau. À la table des outsiders, se sont également assis Jai Hindley (DSM), Pello Bilbao (Bahrain-Victorious), Rui Costa (UAE Team Emirates) et Fabio Aru (Qhubeka Assos).

La 79e édition de Paris-Nice a été concoctée avec soin par un organisateur soucieux du spectacle. L’UCI a interdit les embrassades en fin de course afin de “montrer l’exemple”. Le vainqueur de cette gargantuesque course profitera donc un peu seul de son titre sur le podium arrosé de champagne, le temps de digérer et de se relancer pour la suite de la saison.

 

La carte complète de ce Paris-Nice 2021

7 mars : Saint-Cyr-l’École > Saint-Cyr-l’École / 166 km accidentés

8 mars : Oinville-sur-Montcient > Amilly / 188 km plats

9 mars : Gien > Gien / 14,4 km de contre-la-montre individuel

10 mars : Chalon-sur-Saône > Chiroubles / 187,5 km accidentés

11 mars : Vienne > Bollène / 200 km plat

12 mars : Brignoles > Biot / 202,5 km accidentés

13 mars : Nice > Valdeblore La Colmiane / 166,5 km en montagne

14 mars : Nice > Nice / 110,5 km accidentés

Crédits : ASO

La course sera diffusée sur France Télévisions et Eurosport. Début du direct aux alentours de 14h30, arrivée vers 17h.

Crédits photo : Anne-Christine Poujoulat / AFP
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