PSG : les bons résultats ont caché un contenu encore décevant

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PSG - Ligue 1 - Paris Saint-Germain
Ligue 1

Sacré champions de France jeudi à la suite de l’arrêt définitif de la saison, la saison du PSG n’a pas été toute rose. De plus, les Parisiens s’étaient qualifiés en quarts de finale de Ligue des Champions pour la première fois depuis 4 ans. Ils attendent donc l’éventuelle reprise de celle-ci en août. Retour sur leur saison.

 

  • Ligue 1 : Champion (22V, 2N, 3D)
  • Ligue des Champions : Qualifié en quarts de finale
  • Coupe de France : Finale non disputée contre Saint-Étienne
  • Coupe de la Ligue : Finale non disputée contre Lyon

 

L’effet rétro

La saison dernière, la première de Thomas Tuchel sur le banc parisien, a été presque catastrophique par rapport aux attentes. Éliminés en huitième de finale de C1, les joueurs du PSG n’ont remporté aucune des deux coupes nationales. L’allemand et ses joueurs se devaient donc de réagir avec la manière lors de l’exercice 2019-2020.

 

  • Un mercato “intelligent”

La première décision majeure de l’inter-saison est le retour de Leonardo en tant que directeur sportif, afin de remettre de l’ordre en interne. Les dirigeants parisiens comprennent peut-être enfin qu’il faut en priorité construire une équipe plus qu’un assemblage de stars. En ce sens, le mercato leur a permis de recruter des joueurs moins étincelants mais très importants pour l’état d’esprit du collectif. Ander Herrera, Pablo Sarabia et Idrissa Gueye viennent renforcer un milieu de terrain déserté. Derrière, Abdou Diallo et Mitchell Bakker, deux jeunes prometteurs arrivent aussi. Mauro Icardi est prêté au club par l’Inter Milan avec option d’achat afin de préparer le départ d’Edinson Cavani en fin de saison prochaine. Enfin, l’éternel problème des gardiens du PSG se règle. Alphonse Aréola, jamais vraiment mis en confiance dans son club formateur, est prêté au Real Madrid. Keylor Navas fait le chemin inverse. Sergio Rico rejoint le club comme doublure. Dans le sens des départs, Leonardo a réussi à conserver presque tous les joueurs, surtout Neymar, envoyé tout l’été à Madrid ou Barcelone.

 

  • Un début de saison poussif

En ouverture du championnat, les Parisiens débutent très bien face à Nîmes. Mais dès la deuxième journée, ils s’inclinent à Rennes (2-1), leur bête noire de la saison passée. Cette défaite aussi tôt est un record depuis l’arrivée des qataris dans la capitale. Les quatre matchs suivants sont remportés sans encaisser de buts mais deux fois grâce à une réalisation de Neymar dans les derniers instants (contre Strasbourg et à Lyon). Pour la 7ème journée, le Paris Saint-Germain reçoit Reims, occasion idéale de continuer sur les bons résultats récents. Mais Paris se fait surprendre et s’incline 2 buts à 0. Une longue série d’invincibilité au Parc des Princes qui s’effondre.

Fin octobre, ils reçoivent l’Olympique de Marseille pour un Clasico qui n’a plus beaucoup d’intérêts sportifs vu l’écart entre les deux équipes. Comme ils savent le faire contre Marseille, les Parisiens jouent la première période avec une intensité impressionnante, laissant penser qu’ils ont corrigé ce défaut en vue de la Ligue des Champions. Le score est de 4-0 à la mi-temps. Mais durant le second acte, le PSG baisse fortement le rythme de jeu et n’inscrit aucun nouveau but. Les interrogations quant à leur capacité à tenir ce niveau sur 90 minutes sont de retour.

Le week-end suivant, ils se déplacent sur la pelouse de la lanterne rouge d’alors, le DFCO. Le match des extrêmes voit les Dijonnais s’imposer 2-1. Cette troisième défaite en 12 matchs constitue un nouveau record négatif pour Tuchel et ses joueurs. Leonardo, qui avait lui-même annoncé au début du projet que le club devait considérer chaque nul comme une défaite et jouer chaque match pour le gagner, commence à avoir de plus en plus de doutes sur l’Allemand. Heureusement pour lui, les Parisiens n’ont plus perdu en Ligue 1 depuis ce match à Dijon et ont logiquement été sacrés champions de France devant l’OM.

 

  • Invaincus puis face au mur

En Ligue des Champions, le PSG hérite d’un groupe avec le Real Madrid, Galatasaray et Bruges. Pour commencer, ils reçoivent les Madrilènes dans un match déjà important pour la première place du groupe. Les Parisiens, sans Mbappé et Neymar, réalisent le match parfait. Le trio d’attaque Icardi-Di Maria-Sarabia fait mal à la défense merengue. Au milieu, Idrissa Gueye règne en maître et semble être le joueur que les dirigeants parisiens cherchaient depuis des années. La victoire est nette et sans appel, 3-0.

Face à Bruges et Galatasaray, le PSG souffre d’abord mais finit toujours par l’emporter sans encaisser de buts. Le match retour au Santiago Bernabeu est bien plus compliqué. Les Parisiens sont dépassés dans tous les domaines. Karim Benzema s’offre rapidement un doublé. Le PSG, perdu sur le terrain, peut tout de même compter sur un Keylor Navas exceptionnel face à son ancien public. Le Costaricien réalise près de 20 arrêts. À dix minutes de la fin, Kylian Mbappé réduit l’écart. Deux minutes plus tard, Pablo Sarabia égalise d’une frappe en pleine lucarne. Le réalisme des parisiens leur permet de se qualifier et d’assurer la première place du groupe.

PSG - Dortmund
Les Parisiens après la défaite à Dortmund (Le Point)

En huitième de finale, le PSG affronte le Borussia Dortmund. Le match aller se dispute en Allemagne. Face au mur jaune et dans un système de jeu inhabituel, les Parisiens sont perdus. Erling Haaland, le phénomène norvégien, inscrit deux buts. Neymar parvient à réduire le score en marquant un but à l’extérieur déterminant. Le retour se joue dans un Parc des Princes vide, en raison de la crise sanitaire. Les supporters, massés devant l’entrée du stade se font tout de même entendre par leurs joueurs. Ces derniers parviennent à prendre la maîtrise du jeu. Neymar et Bernat permettent au PSG (2-0) de se qualifier pour les quarts de finale pour la première fois depuis 4 ans. Les joueurs comme les supporters attendent donc avec impatience de savoir si cette édition reprendra.

 

Le tournant de la saison

Un des tournants majeurs de la saison parisienne est le changement de dispositif. D’un 4-3-3, Thomas Tuchel a finalement mis en place un 4-4-2. Au mois de septembre, les blessures successives de Neymar et Kilian Mbappé ont permis au coach allemand de faire tourner sans problème son secteur offensif avec Icardi, Di Maria, Sarabia et Cavani. Mais quand les deux stars sont revenues en forme, certains problèmes sont arrivés pour Tuchel. 5 attaquants pour 3 places sur le terrain. En plus de Cavani, souvent écarté en début de saison, difficile de choisir qui mettre sur le banc. Surtout que l’entente entre les 4 faisait des ravages dans les défense adverses.

Tuchel, probablement à partir d’une demande de ses joueurs, a trouvé la solution. Il a installé un 4-4-2 avec Mbappé et Icardi en pointe, Di Maria et Neymar sur les côtés. Ce système a cependant le défaut de déserter le milieu de terrain, problème lors des matchs importants. Pour compenser cela, les attaquants ont pris conscience qu’ils devaient effectuer les replis défensifs pour aider leur défense. Les images les plus marquantes sont sans doute les récupérations de balle de Neymar dans sa surface.

Mis en place fin 2019, ce système semblait celui dans lequel allaient évoluer les Parisiens en Ligue des Champions. Mais lors du match à Dortmund, Tuchel a surpris tout le monde en choisissant un 3-4-3 jamais travaillé par son équipe. Et on connait la suite… Des joueurs et une confiance perdus et une situation compliquée à gérer pour le match retour.

 

Tops/Flops

  • Top : Di Maria, le véritable Fantastique

Angel Di Maria, l’homme que l’on met souvent en troisième position lorsque l’on pense à l’attaque parisienne. C’est pourtant de loin le plus régulier depuis plusieurs années. Comme la saison précédente, il est l’un des joueurs les plus utilisés par Tuchel. Très rarement blessé à l’instar de Neymar et Mbappé, il en profite pour soigner ses statistiques. Sur l’ensemble des matchs de Ligue 1 et Ligue des Champions (35), il n’en a manqué que 2. Il a inscrit 9 buts et délivré 19 passes décisives.

PSG - Di Maria
Angel Di Maria célèbre son doublé face au Real (AFP)
  • Top : un Navas dans les buts, ça change la vie

L’une des plus belles affaires du mercato parisien, c’est peut-être lui. Arrivé contre 15 millions d’euros, Keylor Navas est venu mettre un terme au problème des gardiens au PSG. Portier du Real Madrid pendant 5 ans, il a notamment remporté 3 Ligue des Champions. Les dirigeants parisiens qui attendent toujours de gagner la Coupe aux grandes oreilles, voulaient s’appuyer sur un gardien aussi expérimenté pour permettre au club de passer un cap. À l’inverse d’Alphonse Aréola, il a de suite imposé le respect sur sa défense. Souvent tranquille dans ses buts, il a été présent quand il le fallait, comme lors de sa prestation magistrale face au Real. Avec le Costaricien, les Parisiens ont enfin trouvé un gardien de haut niveau, même à 33 ans.

  • Top : Sarabia, bien plus qu’un remplaçant

Il est peut-être celui qui reflète le mieux l’esprit du recrutement intelligent du PSG. Pour seulement 18 millions d’euros, le staff parisien comptait s’attacher les services d’un milieu offensif polyvalent pour faire souffler les titulaires. Finalement, l’ancien sévillan a joué un rôle bien plus important. Très intéressant lors de la pré-saison, il a tout de suite obtenu la confiance de Thomas Tuchel. En septembre, profitant de l’absence de certains cadres, il a continué à enchaîner les bonnes prestations, comme lors de la large victoire face à Madrid. Souvent utilisé comme ailier, il a aussi évolué en attaquant de pointe ou encore au milieu de terrain. Une polyvalence qui lui permet d’être souvent le premier appelé en cas de problème à un poste.

  • Flop : Cavani et Icardi, sur courant alternatif

Meilleur buteur de l’histoire du Paris Saint-Germain, Edinson Cavani jouait sa dernière saison au club. Les dirigeants ont donc obtenu le prêt avec option d’achat (70M€) de Mauro Icardi pour préparer la suite. Complémentaire des autres joueurs offensifs parisiens, l’Argentin a été le titulaire en pointe au début de saison. Cavani a longtemps été écarté, créant un léger sentiment de malaise en raison de l’incompréhension des décisions de Tuchel. Mais à partir de 2020, Icardi a été bien moins efficace qu’au début de saison. Cavani a donc retrouvé plus de temps de jeu et a même parfois eu les faveurs du coach allemand. Mais à son tour, il a rapidement connu une période difficile. Cavani, qui va quitter la capitale cet été et Icardi, qui ne sait pas encore s’il sera acheté par le PSG, ont donc eu des périodes compliquées et ne se sont pas montrés à la hauteur des attentes placées en eux. Toutes compétitions confondues, Icardi a inscrit 20 buts, Cavani seulement 7.

  • Flop : Gueye s’est finalement noyé

Le problème de la sentinelle à Paris n’est un secret pour personne depuis le départ de Thiago Motta. Même si Tuchel avait trouvé une solution provisoire en repositionnant Marquinhos à ce poste, il fallait absolument un milieu de terrain défensif cet été. Idrissa Gueye, davantage milieu relayeur que 6, est arrivé d’Everton pour pallier à ce manque. Son début de saison, où il a montré un volume de jeu impressionnant, a été très convaincant. Mais au fil des matchs, son niveau a baissé et il n’a plus réussi à s’imposer dans l’entre-jeu. Le manque de concurrence à son poste lui offre suffisamment de temps de jeu mais il semble ne pas avoir trouvé les repères nécessaires pour réaliser de bonnes prestations régulièrement.

PSG - Idrissa Gueye
Idrissa Gueye (90min)

Ce que l’arrêt de la saison change pour le PSG

Largement premier en Ligue 1, le PSG a été sacré champion par la LFP ce jeudi. Le suspens n’étant que peu présent pour le titre, cet arrêt ne fait que donner le trophée plus tôt aux Parisiens. Les finales de Coupe de la Ligue et Coupe de France seront peut-être jouées, en fonction de l’évolution de la situation. Cette éventualité pourrait permettre à Paris de remporter deux nouveaux trophées mais surtout les récupérer après leurs défaites face à Guingamp et Rennes l’année dernière. Enfin, ils espèrent que la Ligue des Champions se terminera en août et qu’ils pourront rejoindre pour la première fois les demi-finales. En ce qui concerne les pertes financières, le PSG n’a pas de soucis à se faire contrairement à certains autres clubs français.

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