Certains portent leurs chaussures grâce à Tony Parker, d'autres ne la connaissent que de nom, pourtant PEAK est une marque que l'on voit de plus en plus dans le paysage basket, que ce soit en France ou en NBA. We Sport a rencontré Romain Hérail et Antoine Cretenet, respectivement responsables des pôles “partenariats” et “marketing produit” pour la branche française, qui nous détaillent la stratégie de la marque.
We Sport : Bonjour et merci de m'accorder ces quelques minutes. Tout d'abord pourriez-vos me présenter PEAK en quelques mots ?
Romain Hérail / Antoine Cretenet : PEAK est une marque qui est née en Chine en 1989, mais c'est en 2013, avec le partenariat avec Tony Parker, qu'elle s'est implantée en France. C'est une marque pluridisciplinaire, même si le gros de sa notoriété internationale s'est fait par le basket. La marque possède un vrai savoir-faire sur la chaussure, et est reconnue pour ça, même si la branche “textile” est également importante.
WS : Justement, vous parlez du contrat avec Tony Parker. Dans le documentaire qui lui est consacré sur Netflix, il y a une longue séquence sur son partenariat avec PEAK. Y-a-t-il eu un effet “The Final Shot” ?
AC : C'est difficilement quantifiable, commercialement parlant. Si l'on devait traduire par des chiffres, c'est vrai qu'au niveau du site, il y a eu une affluence et un trafic plus soutenu sur le site Internet lors des jours qui ont suivi la diffusion du documentaire. On a également noté une hausse du nombre d'abonnés. Ce documentaire a touché beaucoup plus de gens que nous ne pouvons le faire, c'est dans tous les cas une bonne opération pour nous, c'est certain.

WS : Hors basketball, la marque est assez peu présente en Europe de l'Ouest, mais dans le reste du monde elle équipe de nombreuses équipes ou fédérations tous sports confondus, est-ce un projet ici aussi ?
RH/AC : Pour l'instant nous restons concentrés sur le basket et la chaussure est notre cœur de métier, c'est ce qui demande le plus de développement, de brevets (ndlr la marque possède la technologie TAICHI) et donc de temps. La priorité reste pour l'instant le basketball, même si la gamme running est également commercialisée. Mais effectivement, la marque est également présente sur le marché des sports de raquette, du volley-ball en Serbie par exemple, ou encore du football en Amérique du Sud (PEAK est par exemple l'équipementier de clubs tels que Lanùs ou Huracàn). Elle est également partenaire de nombreuses fédérations olympiques (ndlr Brésil, Slovénie, Belgique, Roumanie, Ukraine, Nouvelle-Zélande et Islande) autour du globe. Ici, cela reste au stade de projet, il n'y a rien de bien défini mais nous envisageons de diversifier notre offre commerciale de la gamme textile au handball, volley et football à court-moyen terme. Cela correspond à la politique de la marque qui est de toucher le plus grand nombre de personnes possibles.
WS : Le monde amateur a été fortement touché par la crise sanitaire. Cette baisse de la pratique du basket vous a-t-elle forcé à ralentir sur certains projets, à revoir vos ambitions à la baisse ?
RH/AC : Il y a eu un impact c'est certain, mais là aussi c'est difficile à quantifier. Et pour certains clubs, cette période a aussi été une occasion de se restructurer, de se pencher sur des projets qu'ils n'auraient pas eu le temps de gérer en temps normal, alors oui, notre stratégie a été un peu chamboulée mais tout reste sur de bons rails, et même si tous les objectifs ne sont pas atteints au niveau des chiffres, la marque reste tout de même en progression.
WS : PEAK équipe maintenant la FFBB, est partenaire officiel de la FIBA pour le 3×3 ou encore du All Star Game LNB, mais au niveau des clubs Français, ce ne sont pas des clubs de tout premier plan (Fos/Mer, Evreux) qui ont choisi la marque. Est-ce une stratégie de votre part également ?
RH/AC : Malheureusement ce n'est pas toujours de notre fait. Nous avons par le passé travaillé avec l'ASVEL, le partenariat s'est achevé avec le rapprochement ASVEL/OL, ou encore l'AS Monaco ou Pau. C'est vrai que nous n'avons plus de club de Jeep Elite dans notre giron mais la volonté est de retrouver rapidement un club du très haut niveau français. Nous avons tous les ans entre 25 et 30 joueurs sous contrat, l'idéal serait d'avoir un joueur ou joueuse dans chaque club de premier plan, cela nous permettrait d'accroître notre visibilité auprès des supporters, mais aussi des autres joueurs pros. Notre communication passe avant tout par les réseaux de nos joueurs, ils sont notre vitrine.
“Oui, Andrew Wiggins aura sa signature-shoe prochainement. “
WS : Des joueurs en Jeep Elite/LFB mais aussi j'imagine en NBA ? Si vous deviez en choisir un, dans la limite du raisonnable, pour représenter PEAK, ce serait lequel ?
RH/AC : C'est compliqué de répondre parce que cela ne dépend pas de nous mais du siège en Chine. Mais c'est vrai que vu d'ici, un joueur majeur français serait une aubaine considérable. Dans l'immédiat, Lou Williams représente parfaitement ce que nous voulons donner comme image de la marque. On ne l'appelle pas The Underground GOAT pour rien, c'est exactement ce que l'on recherche. Nous ne sommes pas sous les feux des projecteurs comme Jordan ou Nike mais nous sommes toujours là. Sans paillettes, un peu à la portée du plus grand monde, Lou Will colle trait pour trait à la représentation que nous nous faisons de la marque.

WS : Andrew Wiggins s'est engagé avec PEAK récemment, on peut s'attendre à ce qu'il soit une de vos têtes d'affiches et qu'il ait sa signature-shoe ?
AC : Oui, Andrew Wiggins aura sa chaussure, c'est en développement. Pour l'instant nous sommes dans une phase d'essais mais il porte nos modèles depuis fin décembre et certains lui plaisent beaucoup, donc oui, nous serons prochainement en mesure d'annoncer son modèle.
Crédits image en une : PEAK