Pour un rewind en bonne et due forme de l’année 2020 de Gaël Monfils, il me semble nécessaire de démarrer par ce qu’il a accompli fin 2019. En revenant notamment sur son US Open. On se souvient d’abord de ce bras de fer au troisième tour contre Shapovalov, durant lequel se sont joués pas moins de trois tie break, dont deux remportés par le jeune canadien. Il arrivait alors en quart contre Matteo Berrettini. On sait qu’un match entre la Monf’ et un italien peut durer longtemps, à l’image de celui, haletant, contre Fognini en 2010. Vainqueur du premier set, et menant 2-0 au deuxième, il avait cependant fini par céder, après 3h57 de suspense.

 

La saison commençait par le tournoi de l’ATP Cup pour les joueurs, et par une rencontre contre le numéro un mondial pour Gaël. Les plus superstitieux d’entre nous ont sûrement pensé que démarrer ainsi l’année serait un mauvais présage, mais seule la suite nous dira s’ils avaient raison ou non. Toutefois, une chose demeurait sûre, c’est que Novak Djokovic n’a laissé aucune chance à notre français. On le sait, Monfils sert bien, il a notamment pu marquer quelques points grâce à ses aces à hauteur de cinq durant ce match. Mais là où le serbe s’est démarqué, c’est sur son nombre de balles de break converties, atteignant le 100% de réussite, contre aucune occasion pour Gaël. Score final: 6-3 / 6-2.

Une vingtaine de jours plus tard, il affrontait celui que l’on présentait comme le grand favori de Roland Garros cette année, Dominic Thiem, lors du quatrième tour de l’Open d’Australie. Avec une différence de presque trente points entre les deux joueurs, et en faveur de l'autrichien (101 contre 73), Gaël a été éliminé en trois sets. Score final: 6-2 / 6-4 / 6-4.

 

La gloire de Monfils

(Crédits: Twitter @Gael_Monfils)

Rien de mieux qu’un tournoi remporté deux fois pour bien démarrer cette première semaine de février. En effet, double vainqueur de l’Open Sud de France, d’abord à sa création en 2010, et remportant ainsi son troisième titre ATP contre Ivan Ljubicic, puis en 2014 face à son compatriote Richard Gasquet, on suppose que la Monf’ était dans un état d’esprit plus serein, et porté par une envie de briller ici une troisième fois. Pour preuve, à partir des quarts, et jusqu’en finale, sur le court du regretté Patrice Dominguez, il n’a plus concédé un seul set à ceux qui étaient sur son chemin. A l’image de Vasek Pospisil contre qui il s’est imposé 7-5 / 6-3.

Voilà comment appréhender Rotterdam en pleine confiance, surtout quand on en est titulaire. Car, pour rappel, Gaël a soulevé le trophée en 2019, après être venu à bout de Stan Wawrinka en trois sets. Cette année, il a eu un parcours pratiquement sans encombre, dont une victoire notamment sur un autre chouchou des français, Gilles Simon, en huitième, et aucun set perdu pendant le tournoi. Ce qui l’a logiquement emmené jusqu’en finale face au canadien Félix Auger-Aliassime, dont il est sorti vainqueur en seulement 1h26 (6-2 / 6-4). Notre Sliderman national a alors réalisé un bel exploit, à bien des niveaux : celui de remporter deux titres en deux tournois consécutifs dans une seule saison, pour la première fois de sa carrière, et d’ainsi faire monter son nombre de victoires à dix.

A la fin du mois de février, les retrouvailles avec Novak Djokovic à Dubaï en demi débutaient sous de meilleurs hospices. Effectivement, avec le premier set en poche remporté 6-2, le spectre de sa défaite à Brisbane s’éloignait doucement, allant même jusqu’à pratiquement disparaître lorsque le parisien eu l’occasion de conclure le match, à trois reprises ! Mais c’est face au mur qu’on reconnaît un grand champion. C’est donc presque naturellement que le serbe a inversé la tendance, précisément à ce moment-là, en remportant le deuxième set sur un tie break (10/8). Difficile à encaisser pour Gaël, surtout que le numéro un mondial a ensuite enfoncé le clou en ne lui laissant marquer qu’un seul petit jeu lors du troisième et dernier set. Mettant alors fin à une chaîne de douze victoires d’affilée pour le français, mais confirmant sa place car Novak restait invaincu depuis le début de l’année. Score final: 6-2 / 6-7 / 1-6.

Un invité surprise pas comme les autres

L’arrivée du Covid-19 dans le monde du tennis a été comparable à celle de Nadal sur le Philippe Chatrier! Entrainant avec elle l’arrêt de l’ATP Tour du 12  mars au 21 août 2020.

Les deux tournois qui précèderont Roland Garros, et qui marqueront le retour de Gaël sur les courts après une longue période sans jouer (sept mois) sont celui de Rome et de Hambourg, et ils se ressemblent étrangement. En effet, notre français a été éliminé au premier tour, par des allemands beaucoup moins bien classés que lui (97 et 103ème), et à chaque fois en deux sets.  Cependant il va en ressortir une raison assez logique pour expliquer ses deux si mauvais matches.

Le public est une source de motivation pour beaucoup de joueurs et dans de nombreux sports (y compris les sports individuels), particulièrement pour Gaël. Il aime faire le show, son talent n’est plus à prouver, et il puise son énergie grâce au public qui aime le voir jouer. Il n’est pas question de lui trouver une « excuse », mais le manque de celui-ci lui a certainement fait mal au moral, et ainsi empêché d’être à son meilleur niveau. En témoignent ses six doubles fautes contre Dominik Kopfer à Rome, et ses 50 petits points gagnés. Certains diront qu’il n’était « que l’ombre de lui-même », qu’il a raté l’occasion d’aborder Paris dans de bonnes conditions, et que sa préparation était alors minimale.

(Crédits: Twitter @Gael_Monfils)

On se souvient de Gaël Monfils en demi face à Roger Federer à Roland Garros en 2008, lui prenant même un set, puis de nouveau face au suisse une année plus tard en quart cette fois! On espérait donc le revoir briller cette année, en dépit de tout. Malheureusement le ton était déjà presque donné lors de sa conférence de presse d’avant tournoi. Gaël confiait ne pas être dans une situation facile, mais pas désespérée non plus, suite à ses deux défaites tôt dans les deux derniers tournois. Il reconnaissait également avoir peut-être voulu revenir trop vite, et envisageait donc son premier match à Paris de manière « plus cool et détachée ». Stratégie malheureusement peu efficace, car comme on dit, « jamais deux sans trois » : élimination au premier tour face au kazakh Bublik. Score final: 4-6 / 5-7 / 6-3 / 3-6.

Une chose tout de même que l’on ne peut pas lui reprocher, c’est son honnêteté face aux journalistes, quand ils lui demandent si, comme d’autres joueurs, il est « agacé par les conditions ». Gaël répond alors « qu’il faut faire avec, s’adapter […] et que ce n’est pas une excuse pour justifier [ses] trois mauvaises performances ».

Ce lundi 26 octobre à Vienne marquera ensuite la fin de la saison pour Monfils, et pas de la meilleure des façons. En effet, souffrant des cervicales et de l’épaule droite, il déclare forfait face à Pablo Carreno Busta. Score final : 1-6 / 0-2.

 

Bilan de l’année 2020 pour Sliderman : neuf tournois joués, deux remportés.

Quand un sportif gagne, on l’encense. Quand il perd, on l’accable. Et Gaël n’a pas fait exception cette année. Après Paris, il a souvent été critiqué car il passait trop de temps à faire des lives sur Twitch. Il lui a également été reproché de délaisser le tennis, de ne pas s’entrainer sérieusement, d’avoir changé de priorités. Le jeune homme n’a alors pas hésité à répondre sur Twitter à ceux qui remettaient en cause sa passion. Notamment en écrivant ceci: « […] le tennis est dans mon ADN, je vis tennis, rêve tennis et ça que tu [le] veuilles ou non ».

Il est bon de rappeler que cette année 2020 a été compliquée pour le monde entier, et à bien des niveaux. Alors il ne nous reste qu’à souhaiter que 2021 sera meilleure pour tous, et à Gaël qu’il continue de nous faire vibrer.

 

Source image de couverture: Instagram @iamgaelmonfils