Rugby

Rétro Top 14 : La Rochelle, un destin enchanté malgré un goût d’inachevé

Quelques semaines après la fin du championnat, retour sur la saison de La Rochelle, une équipe très compétitive cette année. Deux finales pour le club au cours d’une saison maîtrisée. Sportivement, le chemin n’est peut-être pas abouti, mais le club doit retenir son histoire humaine hors du commun.

 

  • Classement en Top 14 : 2e avec 78 points (17 V, 9 D), battu en finale par le Stade toulousain (8-18).
  • Parcours en Champions Cup : battu en finale par le Stade toulousain (17-22).

 

En 2021, La Rochelle a réalisé la saison la plus aboutie de son histoire. Longtemps restée dans les deux premiers du championnat, l’équipe a maintenu une cadence de victoires importante pour rivaliser avec tous les favoris. Jusqu’à la dernière journée, les Maritimes étaient au coude-à-coude avec le Racing, leur qualification s’est jouée pour un point : le bonus défensif obtenu face à Clermont. Clermont qui a réalisé le même triste exploit d’échouer lors de deux finales dans une même saison, c’était en 2015.

La finale de Coupe d’Europe digérée, les Jaune et Noir se sont fixé un nouvel objectif : ramener le bouclier de Brennus sur le vieux port. Seulement, la meilleure équipe d’Europe à l’heure actuelle était là pour faire barrage et conserver, naturellement, son titre de champion de France.

 

Un travail payant sur le long terme 

Le Top 14 s’est habitué à voir La Rochelle jouer les premières places du classement ces dernières années. Cette qualification directe pour les demi-finales est loin d’être une surprise. Les joueurs de Jono Gibbes et Ronan O’Gara portent l’étiquette de favoris. Pour l’obtenir, le club a construit son identité. Un travail nécessaire qui demande beaucoup d’efforts. Depuis que Vincent Merling est président, il y a trente ans, le club n’a cessé de grandir. En passant par différentes étapes dans sa construction, comme les descentes en Pro D2, le public a découvert une équipe au fort potentiel.

Avant le couple d’entraîneurs, La Rochelle a eu le soutien de plusieurs dirigeants de haut niveau. Patrice Collazo reste le premier à avoir conduit l’effectif en phases finales. La défaite face à Toulon en 2017 reste un tournant pour le club. Une défaite qui fait apprendre, pour revenir plus fort la fois d’après. En gravissant les échelons, sans brûler les étapes, La Rochelle a fait son nid dans le championnat pour plusieurs années.

 

Le moment fort : les larmes de joie du président Merling

Vincent Merling est, en quelque sorte, le gourou de l’équipe de La Rochelle. C’est lui qui a travaillé de longues années pour arriver à cette saison “inespérée”. La Rochelle est son équipe, c’est là-bas qu’il a tout d’abord été joueur, puis entraîneur, avant d’en devenir le président. Alors, quand la figure numéro une du rugby rochelais réalise cet exploit, le monsieur ne peut pas retenir ses larmes. La saison de La Rochelle est un accomplissement humain.

La saison prochaine, Ronan O’Gara sera le manager principal de l’équipe. Pour l’Irlandais, les objectifs humains ne sont pas la priorité. Le mot d’ordre reste la gagne. La Rochelle sait où elle met les pieds et sera prête au combat avec un effectif de très haut niveau.

 

Des hommes forts sur lesquels s’appuyer

Entre révélations, recrues phares ou vieux briscards, La Rochelle ne manque pas de profondeur d’effectif. Le capitaine Romain Sazy, aux 129 matchs sous les couleurs des Bagnards, est la tête de proue du Stade rochelais. Son aura dépasse le cadre du terrain, le joueur porte le club par ses bonnes performances. Il reste la référence à son poste de deuxième-ligne, en compagnie également de l’impressionnant Will Skelton.

La mêlée rochelaise contient quelques incontournables. Le joueur de l’équipe de France Alldritt est une référence mondiale à son poste. À ses côtés, Victor Vito, le double champion du monde, est une menace pour toutes les défenses adverses. Ces hommes mettent dans l’avancée l’équipe avant d’écarter sur les trois-quarts.

Une ligne d’arrière mêlant vitesse, puissance et agilité. Arthur Retière a enchaîné les bonnes prestations, au point de taper dans l’œil du sélectionneur bleu, pour connaître ses premiers pas d’internationaux. La révélation rochelaise est certainement Raymond Rhule. Un joueur tranchant qui exploite les espaces comme il se doit. Rhule est devenu le facteur X de La Rochelle, notamment en l’absence de Levani Botia.

Brice Dulin est devenu la référence sur le jeu aérien © Xavier Léoty / Sud Ouest

L’agilité de Brice Dulin a elle aussi permis de renforcer un poste pour le XV de France, mais surtout de retrouver un joueur, que l’on pensait dépassé. L’arrière a prouvé sur le terrain qu’il était au plus haut niveau. Son point fort, les ballons hauts, le rend d’autant plus intéressant dans un jeu qui s’oriente davantage vers le jeu au pied. Sa précision et sa régularité sont, là aussi, une explication de la réussite rochelaise.

 

Le Stade rochelais a construit quelque chose de fort depuis plusieurs années. Le club a maintenant besoin de concrétiser ses efforts par des titres qui récompenseraient une stratégie menée de main de maître depuis de nombreuses saisons.

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