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Roger Federer à Doha, le retour du maitre

Après plus d’un an de pause, Roger Federer reprend la direction de la compétition à Doha ce lundi. Ce repos forcé dû à la crise sanitaire a été utilisé à bon escient par le Bâlois puisque ce dernier en a profité pour soigner une vieille blessure au genou droit. Néanmoins, beaucoup d’observateurs sont sceptiques sur l’état de forme de la légende du tennis et ne le voient pas truster le haut niveau dans ces conditions.

Les attentes autour de Federer

Péans, dithyrambes, panégyriques sont autant d’expressions qu’inspirent le retour du Suisse à la compétition. Avec une jauge limitée de public à Doha, il pourra apprécier un peu de ferveur sur les courts, ce qui pourrait lui faire énormément de bien, tant cette atmosphère lui aurait manquée. Mais, la grosse interrogation se rapporte à l’état de forme du joueur de 39 ans. En effet, son préparateur physique Pierre Paganini a affirmé il y a quelques semaines que Federer était fin prêt pour disputer des matches, mais qu’il ne fallait pas trop attendre de lui. De plus, il a rajouté que : « il ne mettra jamais sa santé en péril… il est stratégique et clairvoyant ».

Pourtant, même diminué, Federer est sans aucun doute au-dessus de nombreux joueurs phares. D’ailleurs, l’ancien numéro un mondial Andy Murray a tenu à rappeler que « … Même s’il n’est pas physiquement à son maximum, il a assez de talent pour battre la plupart des joueurs ». C’est donc une évidence pour lui puisqu’il a été un des rivaux de l’homme pendant des années, mais les conditions d’aujourd’hui sont différentes notamment à cause de ces deux interventions chirurgicales au genou droit.

Sa blessure était-elle si grave ?

S’il a fallu deux arthroscopies pour venir à bout du mal, on peut affirmer sans l’ombre d’un doute que ce n’était certainement pas bénin. En effet, c’est cette même blessure qui l’avait tenu loin des courts entre juillet 2016 et janvier 2017, mais c’était au genou gauche. Dans le temps, une seule intervention chirurgicale avait suffi pour se débarrasser de la gêne. Du coup, après six mois, le Bâlois remportait son 18ème Grand Chelem à Melbourne et a même enchainé avec des victoires à Indian Wells et à Miami. Cette fois-ci, le chemin sera certainement plus long surtout qu’il n’a jamais connu une pause aussi importante en vingt ans de carrière.

Est-ce que les fans entendent cela de cette oreille ?

Il sera difficile pour plus d’un de voir un joueur de la trempe de Federer jouer les seconds rôles sur le circuit. Cela rappelle la longue période de disette (entre Wimbledon 2012 et l’Open d’Australie 2017) où le maitre n’a soulevé aucun Majeur. Mais, son préparateur physique a essayé de rassurer tout le monde en minimisant le facteur âge et en soulignant le bon rétablissement de Rodgeur.

De plus, le natif de Bâle a une feuille de route bien définie pour l’année 2021 : Wimbledon, les JO de Tokyo et l’US Open. En attendant, apprécions le retour du maitre sur les courts à Doha tant il nous a manqué.

Malgré un come-back victorieux en janvier 2017 après six mois d’arrêt, beaucoup de crédits ne sont pas accordés à Roger Federer quant à sa capacité à jouer encore les premiers rôles. À 39 ans, son seul talent ne suffira pas pour se sortir des traquenards des jeunes loups du circuit, longtemps restés affamés à cause de la voracité d’un Big three ultra dominateur. Le circuit risque donc d’être pour lui une géhenne à moins qu’il se réinvente (encore) ou qu’il mette en place une blitzkrieg tennistique en espérant ne pas se faire contrer par la raspoutitsa.

 

Crédits photo : Eurosport

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