Basketball

Semaine de rêve pour les clubs Français d’Euroligue

Cinq sur six. Voilà le bilan exceptionnel des clubs Français sur les trois dernières journées d'Euroligue. Si Monaco confirme ses ambitions et se replacent en tête (à égalité avec Barcelone et l'Olympiakos), la surprise est venue de Villeurbanne. Les Rhodaniens, trois victoires en onze matchs, viennent de doubler leur nombre de succès cette saison dans la compétition. En mettant au tapis le Real Madrid et l'Olympiakos s'il vous plaît! Au delà du fait que l'ASVEL se donne de l'air et se replace dans la course aux playoffs, c'est la manière qui incite à l'optimisme : la Roca Team dispose réellement d'un effectif capable d'aller loin, très loin, surtout lorsqu'il est porté par un Mike James, sans doute joueur le plus talentueux de la compétition. A moins que finalement, celui-ci se nomme.. Nando De Colo? Toujours est-il que les clubs Français engagés en Euroligue peuvent nourrir de belles ambitions cette saison. 

Même David Cozette n'en revenait pas ! “Comme diraient les jeunes, je vis ma best life ! Alors merci à l'ASVEL et Monaco pour ces émotions dingues chaque semaine”. Le célèbre commentateur de basket français, qui oeuvre sur la nouvelle chaîne Skweek (ainsi que sur l'Equipe) n'en revenait pas hier soir. En à peine 7 jours, il vient de vibrer comme jamais, avec pas moins de quatre victoires obtenus au buzzer ! Et le standing des adversaires… Du grand art.

Des sensations.. 

Barcelone au Palau Blaugrana, puis l'Olympiakos à l'Astroballe. Le Real Madrid au Wizink Center puis l'Alba Berlin à la salle Gaston Médecin. Quatre fois, en une semaine, les clubs Français ont fait la différence sur des buzzer beater ou presque.

Honneur à l'ASVEL, auteur d'un 100% lors des trois derniers matchs. Alors au fond du trou, les joueurs de TJ Parker se rendaient à Barcelone, pourtant en tête de l'Euroligue, en victime expiratoire. Et puis, après un match accroché, Nando De Colo est passé par là pour claquer un shoot à mi-distance, devenu légendaire, sur la truffe de Nikola Mirotic s'il vous plaît, et ainsi permettre aux siens de revenir d'Espagne l'esprit léger. Devant une bonne partie de la première mi-temps, l'ASVEL avait subi les fougues de Nikola Laprovittola(14pts, 4rbds, 3asts) et Mirotic (17pts, 5rbds) mais était resté en vie, malgré avoir compté jusqu'à 12 pts de retard (52-40) au retour des vestiaires. Youssoupha Fall a été monstrueux (14pts, 18rbds) et Nando s'est occupé de conclure tout cela.

Soulagé, TJ Paker était également fier des siens, après la rencontre : “Quand tu joues Barcelone, il faut proposer des choses inattendues. On l'a déjà fait contre Sarunas (Jasikevicius), que j'adore comme coach. J'aime lancer des choix tactiques. On a bien commencé le match, notamment sur les différents changements de défense, pour les perturber. Après, ils se sont ajustés, mais on a livré un gros effort pour rester dans la rencontre. Gagner en Euroligue, à l'extérieur, cela demande ce type d'effort. Après, ce qui fait la différence, c'est de défendre très dur comme on sait le faire, à la fin. Je sais que personne n'imaginait qu'on puisse s'imposer ici. Mais il faut regarder aussi comment on a perdu un certain nombre de ces matches. L'Étoile Rouge, Dijon, le Bayern, même Limoges, ce sont des matches que l'on pouvait vraiment prendre. On ne l'a pas eu à cause d'erreurs de notre part, de manque de contrôle en fin de match. Ce soir, ça tombe du bon côté, on a fait ce qu'il fallait, et puis Nando (De Colo) met ce tir. Ça aide… “

La veille, Monaco avait ouvert la voie. Ballotés, les joueurs princiers étaient restés dans la partie grâce à un Jordan Loyd de gala (19pts, 4rbds, 4asts) mais qui finira malheureusement la rencontre à l'hôpital après avoir reçu un coup de coude de Guershon Yabusele en plein visage. A la maison, les Madrilène pensaient avoir fait le plus dur quand, à 4min du terme, ils menaient encore de 8 points. Toujours derrière de 4pts à huit secondes du terme, l'affaire paraissait entendue pour la Roca Team. C'était sans compter sur Mike James qui, d'un panier longue distance avec la faute, permis aux siens d'arracher une prolongation. Prolongation au cours de laquelle l'ancien des Nets de Brooklyn s'est occupé de tout, démontrant l'étendue de son talent à l'Europe entière. Comme si elle avait besoin d'une piqure de rappel. Car oui, Mike James est bien fait d'un autre bois. Et c'est toute la Roca Team qui s'en réjouit.

… Aux confirmations 

Le mieux dans tout cela? Les deux clubs ont poursuivis sur leur lancée ! L'ASVEL s'est d'abord facilement défait du Partizan à l'Astroballe, même si Antoine Diot et les siens ont laissé les Serbes espérer alors qu'ils avaient le match en main. Et puis, il y eu ce nouveau miracle, deux jours plus tard, contre l'Olympiakos. Menés de 20 points au cours de la première période, toujours derrière de 16 à la pause, puis de 21 dès le retour des vestiaires (33-54), les champions de France en titre ont mis la marche avant, finissant le match en trombe pour finalement s'imposer sur un shoot à 3 points d'Amine Noua, en feu à longue distance (13pts). Nando De Colo en a profité pour devenir le 3ème joueur de l'histoire de la compétition à dépasser les 4000 points, après les légendes Vasilis Spanoulis et Juan Carlos Navarro. Il a une nouvelle fois guidé les siens vers le succès (13pts, 4asts) et l'ASVEL s'est donc offert le luxe de faire tomber le leader de l'Euroligue, après une folle remontée.

Après la rencontre, ce succès avait autant de saveur que le record, à ses yeux : « Avec la victoire, franchir cette barre des 4 000 points n’est pas anecdotique. Avec une défaite, ça aurait été autre chose. Sur un plan personnel, il y a des records et c’est cool. Je m’en rendrai peut-être compte plus tard. Pour le moment, j’essaie de me concentrer sur l’équipe, de travailler pour amener l’équipe le plus loin possible. Un jour, on se retournera sur tout ça et on verra ce que j’ai pu accomplir. Je suis sûr que ça rendra fière ma famille, mes proches. Ça a toujours été le plus important pour moi. (…) Être avec Galis, Spanoulis et Navarro, ça veut dire quelque chose. Galis, c’était une autre génération. Mais bien sûr, ce sont des légendes qui ont marqué notre sport. Je n’ai pas encore autant d’années qu’eux en Euroleague mais c’est vrai qu’on n’arrive pas à cette barre des 4 000 points sans une certaine longévité. C’est aussi ce que je recherche, de pouvoir marquer l’Euroleague. D’être là-haut avec eux, c’est énorme. Mais moi, je suis encore sur le terrain (sourires) ».

De son coté, la Roca Team a tout d'abord commencé la semaine par une défaite à domicile contre le Barca. Jamais, les hommes de Sasa Obradovic n'ont existé, et leur bonne fin de match a juste permis de rendre l'addition moins salée. La réception deux jours plus tard de l'Alba Berlin, lanterne rouge de la compétition, était en revanche à quitte ou double: un succès et la première place leur tendait les bras, une défaite et Monaco voyait une meute de poursuivant (Olympiakos, Real Madrid, Baskonia) lui recoller au train. Alors que les Allemands étaient privés de plusieurs éléments phares de leur effectif, il a tout de même fallu attendre les derniers instants pour voir les locaux s'imposer. Et comme il est de thème depuis une semaine, c'est évidemment au buzzer que le match s'est joué. Devant tout le match, la Roca Team a laissé Berlin (pourtant rapidement privé de Luke Sikma pour 5 fautes) revenir dans le match. Et recoller à égalité à 17 secondes du terme. Sur la remontée de balle, Elie Okobo, déjà très en jambe contre les Mets dimanche dernier en championnat, s'est occupé de tout. Fixation, décalage pour Jaron Blossomgame, puis cross de haut niveau pour mettre Maodo Lo sur les fesses. Shoot ultra clutch au buzzer pour faire la décision. Monaco s'en sort bien mais ce succès, mérité, permet à l'ASM de voir l'avenir avec sérénité.

Le basket Français vient de vivre une semaine de rêve. Cinq succès en six rencontres en Euroligue, des victoires de prestiges à Madrid, Barcelone et contre l'Olypiakos. Monaco et l'ASVEL se portent bien. Espérons pour eux qu'ils confirment tout cela dans les semaines à venir. La France et les fans de basket le méritent. 

Crédit photo : L'Equipe


Valentin Martin

Le cœur meurtri par la fin de carrière de Rodgeur, je m'en remets aux stepback de The Beard. Rien de tel qu'un Vélodrome incandescent pour me faire chavirer de bonheur

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