6 Nations

Six Nations : le bel hiver écossais

Porté par des individualités impressionnantes, le XV du Chardon a réussi un Tournoi convaincant, marqué par deux victoires historiques en Angleterre et en France. De quoi espérer jouer à nouveau la victoire finale dans les années à venir ?

Une erreur d’appréciation de Brice Dulin, une longue séquence offensive, des percussions à gogo, un crochet de Duhan van der Merwe, et soudain le bonheur. Alors que les observateurs s’attendaient à voir le XV de France cravacher pour tenter de rattraper le Pays de Galles en tête du classement, le dernier match du Tournoi des Six Nations 2021 a finalement vu l’Écosse créer la surprise et s’imposer sur le fil au Stade de France (23-27). Si cette victoire est la première du XV du Chardon à Saint-Denis depuis 1999, elle n’est en réalité pas si surprenante que ça, tant les coéquipiers de Stuart Hogg ont montré un visage séduisant tout au long de la compétition.

Une quatrième place trompeuse

Avant la France, il y avait déjà eu l’Angleterre et le magnifique combat mené par les Écossais, récompensés par leur premier succès à Twickenham depuis 1983 (6-11). Entre ces deux exploits qui feraient pâlir n’importe quel historien du rugby, il y a également eu une raclée infligée aux Italiens (52-10) et deux revers contre le Pays de Galles (24-25) ainsi que l’Irlande (24-27). Ces deux courtes défaites à domicile ont probablement privé le XV du Chardon d’une ambition de trophée sur ce Tournoi 2021. Face aux Gallois, le scénario laissera particulièrement des regrets, la troupe de Gregor Townsend ayant mené jusqu’à 17-3 en première période avant de terminer à 14 après le carton rouge de son pilier Zander Fagerson.

L’Écosse de Finn Russell, ici au duel avec Maro Itoje, a gagné à Twickenham pour la première fois depuis 38 ans. (© AFP)

À l’issue des cinq journées, l’Écosse a terminé à une quatrième place trompeuse. Dans une édition extrêmement serrée, inscrire quatre points de plus contre la France lui aurait en effet permis de bondir jusqu’à la deuxième place. Quoi qu’il en soit, le XV du Chardon vient d’accomplir une belle reconstruction, un an et demi après l’immense déception du Mondial japonais et son élimination dès les poules par le pays hôte. Les Écossais ont montré de vraies qualités offensives en marquant 18 essais – deux de moins que le Pays de Galles et autant que la France – et une impressionnante assise défensive avec 91 points encaissés – seule l’Irlande a fait mieux avec 88.

31 défenseurs battus pour van der Merwe, un record

Dans le sillage d’un collectif solide, plusieurs individualités ont émergé. Le XV du Chardon a d’abord pu compter sur un Stuart Hogg taille patron, qui a parfaitement assumé son rôle de leader. Brillant par ses relances et son jeu au pied, le joueur d’Exeter est l’un des meilleurs arrières de la planète lorsqu’il évolue à ce niveau. Autre Écossais ayant crevé l’écran, Hamish Watson a réalisé un Tournoi monstrueux en troisième ligne. Combattant infatigable, véritable poison pour les adversaires, le flanker a d’ailleurs été élu meilleur joueur de la compétition.

Sur l’aile, l’Écosse s’est enfin trouvé un finisseur de grande classe. Meilleur marqueur du Tournoi avec cinq essais, Duhan van der Merwe a fait admirer sa vitesse et sa puissance à chacune de ses sorties. Avec 31 défenseurs battus au compteur, il a même établi un nouveau record dans la compétition. Enfin, l’ouvreur Finn Russell, capable du meilleur comme du pire, a su se montrer régulier, tandis que le deuxième ligne Jonny Gray et le pilier Rory Sutherland figurent également au rang des satisfactions de l’hiver.

L’ailier Duhan van der Merwe a brillé au cours du Tournoi. (© Icon Sport)

Tout au long d’un Tournoi abouti, le XV du Chardon s’est donc découvert de nouvelles certitudes sur lesquelles construire. Considérée comme une nation de second plan et rarement citée parmi les favoris au Tournoi, l’Écosse a prouvé qu’elle pouvait redevenir une place forte du rugby mondial. À Gregor Townsend et ses hommes de ne pas laisser le souffle retomber.

Crédit photo en une : Icon Sport

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