La saison de ski alpin débute, comme chaque année, par deux géants féminin et masculin disputés sur le glacier autrichien de Sölden. Avant les premières courses, les premières chutes, les premiers succès, WeSport dresse une liste de skieurs sur qui il faudra garder un œil cet hiver. Certains noms sont déjà connus des amateurs du cirque blanc et joueront des podiums durant les prochains mois, d'autres le sont moins et ont encore tout a prouvé. Aujourd'hui, dernier article sur certains géantistes de talent.

Thibaut Favrot (France)

Il a été l’une des grandes satisfactions de la saison dernière dans le clan français. Spécialiste exclusif du géant (sans compter le parallèle), Thibaut Favrot a réalisé cinq Top 10 l’année passée dont trois en toute fin d’hiver. Après son échec aux Mondiaux, l’Alsacien a su se remobiliser et est passé proche de monter sur son premier podium dans la discipline, à Bansko – 4e à moins de trois dixièmes de Pinturault. Avec Favrot tout fonctionne à l'instinct. Une grosse manche pleine de risques et d’engagement, grand sourire dans l’aire d’arrivée et petit mot à la caméra. Une journée type pour le géantiste de 26 ans. La prochaine étape semble être ce fameux podium qui apporterait une confiance supplémentaire à l’approche des Jeux. Pas de blessure récente à déplorer, un sponsor casque depuis près d’un an et du feu plein les jambes. Il n’y a plus qu’à se concentrer sur son ski pour Thibaut Favrot.

River Radamus (Etats-Unis)

Il est toujours difficile de juger quand un Américain va percer au haut niveau. Après leur cursus universitaire, ils ont souvent besoin d’un temps d’adaptation lors de leur arrivée en Coupe du Monde. Cette adaptation varie en fonction des athlètes. Ryan Cochran-Siegle a dû patienter jusqu’à ses 28 ans pour connaître le triomphe, par exemple. River Radamus, lui, n’a que 23 printemps. L’ex champion du monde juniors de la discipline échouait très souvent à se hisser en seconde manche lors de son arrivée sur le circuit mondial. La saison dernière était sans doute charnière. Cinq qualifications, quatre Top 20 et une 11e place aux championnats du monde, Radamus est maintenant un membre du cercle des 30 à la WCSL. Plus tranchant, plus juste sur les lignes, son évolution semble aller dans le bon sens bien que deux abandons viennent entacher sa fiche de route 2020/2021. Voyons ce qu’il propose dès dimanche, à Sölden.

River Radamus, un Américain au potentiel intéressant. © Thomas Bachun

Raphael Haaser (Autriche)

Raphael Haaser est un grand polyvalent et pourrait bien constituer l’une des belles surprises de la saison à venir. Deuxième du classement général de la Coupe d’Europe l’hiver dernier, le Tyrolien a marqué des points dans toutes les disciplines. Des victoires dans deux disciplines, des podiums dans trois, il a augmenté son niveau général. Pourquoi le placer dans les hommes à suivre en géant et pas en vitesse ? Car le petit frère de Ricarda a déjà fait un coup d’éclat sur le circuit mondial en Super-G. Passer d’une 30e place à Val d’Isère à une 4e à Saalbach, ce n’est pas anodin. Le skieur de 24 ans a manqué son premier podium pour deux centièmes sur les pistes de la région du Pinzgau. En géant, il a eu plusieurs non-qualifications, des sorties de piste. Exceller à l’étage inférieur ne suffit pas mais se mettre au niveau sur des tracés plus exigeants est évidemment compliqué. En espérant que l’Autrichien puisse gérer au mieux toutes les épreuves auxquelles il participe.

Nina O'Brien (Etats-Unis)

A chaque fois, il a manqué ce petit quelque chose à Nina O’Brien pour réaliser une performance exceptionnelle. Sa fin de saison est on ne peut plus frustrante tant l’Américaine de 23 ans a produit un ski proche du tout meilleur niveau mondial. Elle était engluée autour de la 30e place mondiale depuis la fin 2019 mais ses quatre Top 15 en 2020/2021 l’ont fait progresser dans la hiérarchie. Son dossard aurait pu être meilleur si la skieuse de San Francisco n’avait pas failli lors de plusieurs deuxièmes manches. Dans la course pour un premier podium en Coupe du Monde, O’Brien s’est sabordée, dans la course pour être championne du monde elle a fait une énorme erreur peu avant la ligne. Son talent et ses progrès sont certains, cette année olympique doit lui permettre de réellement passer un cap et d’accompagner sa compatriote Mikaela Shiffrin sur les podiums.

U.S. Ski & Snowboard Team on Twitter: "AWWW YEAH! Nina O'Brien comes down, makes an awesome recovery and skis her way into 22nd at @KillingtonMtn!! Heck yeah! #beast365… https://t.co/kwkaUWhV0o"
Pourquoi pas voir Nina O'Brien performer dès Sölden ? © US Ski Team

Cassidy Gray (Canada)

Tout géantiste rêve de se qualifier en seconde manche lors de ses débuts en Coupe du Monde. Cassidy Gray l’a fait… pour son premier et son deuxième départ ! Sur la piste verglacée de Kranjska Gora, la Canadienne de 20 ans a pris à chaque fois l’une des 30 places qualificatives. Auréolée du titre de championne NCAA à la fin de l’hiver dernier, l’étudiante de l’université du Colorado sera pleinement sur le grand cirque blanc en 2021/2022. La skieuse canadienne a largement montré ses capacités sur les spatules depuis le début de sa jeune carrière, qui ne fait que commencer. Également 23e des Mondiaux de Cortina, Gray s’affirme et prouve sa régularité au niveau qui est le sien. Sur la piste, vous ne pourrez pas la louper avec sa longue chevelure rousse et le saumon dessiné sur son casque, référence au lieu où elle a grandi, au Canada.

Hanna Aronsson Elfman (Suède)

C’est le pari de la rédaction. Un pari de la jeunesse. Hanna Aronsson Elfman ne possède que 6 départs en Coupe du Monde et vous allez me dire que ce chiffre est assez logique puisqu’elle n’a pas encore fêté ses 19 ans. Pourtant, à cet âge-là, la technicienne compte déjà une multitude de Top 10 (neuf) sur le circuit européen dont un podium. La jeune suédoise s’est aussi emparée du titre mondial chez les juniors en géant. Encore dans le groupe de développement avec d’autres talents comme Sara Rask ou Moa Bestroem Mussener, la grande fan de Frida Hansdotter pourrait être l’une des belles surprises de cette saison. Et pourquoi pas prendre l’un des quotas de son pays pour les JO de Pékin. Ce sera soit en géant, soit en combiné, discipline où Aronsson Elfman est également à l’aise.

Mais encore…

Comment ne pas évoquer le cas Maryna Gasienica-Daniel ? Il est similaire à celui de Nina O'Brien. La Polonaise a réalisé en fin de saison des manches copier-coller par rapport à la jeune américaine. Placée après le premier run, DNF ou avec une grosse erreur lors du deuxième. Elle est attendue à un haut niveau. Marte Monsen sera aussi intéressante à suivre. La vainqueur du classement général de la Coupe d'Europe a multiplié les succès à cet échelon l'année dernière et devra se montrer, notamment en géant.