Cet été, WeSportFr vous propose son classement subjectif des meilleures joueuses et des meilleurs joueurs de tennis de la deuxième moitié du XXè siècle et à nos jours. Aujourd’hui, place aux joueuses et joueurs classés entre la 40è et la 36è place de notre classement. On y retrouvera entre autres Anastasia Myskina, Jan Kodes, Marion Bartoli et Juan Martin del Potro.
40è (F) : Anastasia Myskina
Longtemps, on a pu se dire “la pauvre Myskina, la pauvre !” tant elle semblait maudite en Grand-Chelem et incapable de passer le cap des 1/4 de finale dans cette épreuve. En 2004, elle arrive à Roland-Garros avec bien peu de certitudes : jamais elle n'y avait dépassé le 2è tour. Dans une partie de tableau relevé, elle va franchir un à un les obstacles, écarter Venus Williams et Jennifer Capriati, pour s'imposer finalement contre sa compatriote Dementieva 6/1-6/2. La saison 2004 de la Russe sera couronnée par une victoire en Fed Cup. Solide.
40è (H) : Marin Cilic
Combien sont-ils à avoir ravi un tournoi du Grand-Chelem à Roger Federer, Rafael Nadal, Novak Djokovic et Andy Murray depuis 2005 ? Ils sont trois, et Marin Cilic, avec Wawrinka et del Potro, fait partie de cette dynastie. Les éternels outsiders condamnés à jouer les 2è rôles par une génération de joueurs comme le monde du tennis n'en avait jamais connu. Pour remporter son US Open 2014, Marin Cilic a dû s'employer et écarter quelques clients : Kevin Anderson, Gilles Simon, Thomas Berdych, Roger Federer et, au bout, Kei Nishikori. Rien que ça. En confirmant 2 ans plus tard à Cincinnati contre Andy Murray que son Grand-Chelem n'était pas une victoire par défaut, Marin Cilic a sans aucun doute tiré un profit maximal de la situation monopolistique du tennis masculin mondial.
39è (F) : Ann Haydon-Jones
Elle aussi, comme Nancy Richey, fait partie des pionnières du circuit féminin mondial de tennis. Déjà victorieuse à Roland-Garros par deux fois avant l'avènement de l'ère Open, elle va s'imposer en 1969 contre Billie Jean King à Wimbledon. Elle remporte à 31 ans son troisième titre en Grand-Chelem et entre dans l'histoire du tennis. Sa longévité – elle va gagner sur le circuit principal jusqu'en 1971 à 33 ans – en font une des joueuses les plus respectées.
39è (H) : Jan Kodes
C'est le joueur le plus titré de l'ère Open depuis le début de ce classement. Jan Kodes a remporté 3 tournois du Grand-Chelem entre 1970 et 1973, et pas n'importes lesquels. Les plus prestigieux : deux fois Roland-Garros, une fois Wimbledon. Par deux fois défait en finale de l'US Open par Stan Smith et John Newcombe, Jan Kodes fait partie de cette grande tradition du tennis tchèque. Capitaine de la Coupe Davis entre 1982 et 1987 (un record), il n'y est jamais parvenu à rééditer sa performance de 1980 en tant que joueur cette fois.
38è (F) : Iva Majoli
Elle est une manière Vitas Gerulaitis, la cocaïne en moins. Grisée par ses succès, Iva Majoli n'a pas manqué de goûter aux plaisirs de la vie nocturne et mondaine, à l'instar de son glorieux aîné américain. Il faut dire que ses succès en quelques années n'ont pas manqué. A Zürich d'abord, à Tokyo ensuite, mais surtout à Roland-Garros en 1997. Invitée surprise de la finale en défaisant Lindsay Davenport, on ne donne pas cher de sa peau face à la pépite de 16 ans et numéro 1 mondiale : Martina Hingis. La Suissesse est percluse de crampes et ne pourra disputer crânement sa chance. La Croate ne laisse pas passer sa chance et remporte son premier et seul tournoi du Grand-Chelem.
37è (H) : Manuel Orantes
Manuel Orantes aurait très bien pu rester celui qui, menant 2 sets à rien en finale de Roland-Garros 1974, s'est fait remonter par le plus jeune joueur du tableau et qui allait devenir la légende de l'ocre parisien, Björn Borg. Un spectateur de l'avènement d'une génération dorée du tennis des Ashe, Connors, McEnroe, Villas etc. Manuel Orantes a décidé d'inscrire son nom en petit à côté de ces géants-là en remportant l'US Open en 1975 puis le Masters l'année suivante.
37è (F) : Francesca Sciavone
Francesca Sciavone s'est trompé d'époque. A l'heure des joueuses puissantes, des Mauresmo et Williams et consorts, son jeu en variation en a longtemps fait une gentille anomalie de l'histoire qu'on regardait avec beaucoup de condescendance. Seulement voilà, à Roland-Garros en 2010 et face à un modèle de puissance, Francesca Sciavone va accrocher à son palmarès un Grand-Chelem qu'on pensait hors de sa portée. Contre une Samantha Stosur grande favorite et sûre de son fait, l'Italienne, déjà victorieuse de 2 Fed Cup, l'Italienne l'emporte au bout d'un combat accroché. En complètera cette année 2010 par une nouvelle victoire en Fed Cup, de quoi en faire une joueuse majeure.
37è (H) : Pat Cash
Il avait fait le choix du velours quand des joueurs comme Borg, Wilander ou Lendl commençaient à imposer une vision plus froide du jeu. Pat Cash ne s'est jamais départi de son jeu d'attaque en service-volée et c'est très bien ainsi. Un choix qui aurait pu s'avérer perdant, en témoignent ses deux finales perdues consécutivement à l'Open d'Australie contre Wilander et Edberg en 1987 et 1988. Heureusement, le tennis est reconnaissant à ses grands serveurs, et Wimbledon s'offrira à lui en 1987. En battant Ivan Lendl en 3 sets, Pat Cash a peut-être vaincu aussi une certaine idée du tennis. Gloire à lui.
36è (F) : Marion Bartoli
Il lui en aura fallu du temps, et des finales perdues pour goûter une dernière fois à la victoire. Une finale à Indian Wells en 2011 contre Caroline Wozniacki, et avant cela une finale à Wimbledon contre Venus Williams en 2007. Sa dernière finale aura été la bonne, c'était encore à Wimbledon en 2013, cette fois contre Sabine Lisicki. 2 sets secs 6/1-6/4 et Marion Bartoli devient la dernière française à avoir remporté un Grand-Chelem. Au bout de tous les doutes et de tous les scepticismes, celle qui a hérité de Monica Selles sa prise de raquette, a inscrit son nom parmi les meilleures joueuses de son époque.
36è (H) : Juan Martin del Potro
Juan Martin del Potro bénéficie d'une côte d'amour et de respect peut-être inégalée dans le monde du tennis actuel. Il ne s'en trouvera pas beaucoup parmi les suiveurs et les joueurs pour oser en dire du mal. Revenu des blessures physiques et morales, Juan Martin del Potro fait une unanimité qu'on n'ira pas jusqu'à dire inversement proportionnelle à son palmarès mais enfin peut-être pas tout à fait rapport tout de même. Réduit à jouer les accessits par le Big 4, Juan Martin Del Potro a réussi au milieu d'une génération extraordinaire à glaner un Grand-Chelem à 20 ans (l'US Open 2009), un Masters 1000 (Indian Wells 2018), une Coupe Davis en 2016 et deux breloques olympiques. Pas tout à fait rien non plus. Une nouvelle fracture de la rotule contractée lors du tournoi du Queen's cette année pourrait bien avoir raison de l'amour de del Potro pour le tennis. Certainement pas de celui du tennis pour del Potro.