Cyclisme

Tour d’Italie : le point sur les favoris pour la victoire finale

À vingt-cinq jours du départ du Tour d'Italie, We Sport fait le point sur les principaux leaders attendus sur ce Giro 2021. Préparations, résultats, formes, passons en revue les favoris

Sur un parcours taillé pour les grimpeurs, ce 104e Tour d'Italie prévoit une start list de grande qualité. Au départ de Turin, les coureurs s'engageront pour trois semaines de course intense terminant par les mythiques Dolomites.

Thibaut Pinot : revenir plus fort

Après deux grosses désillusions sur les Tours de France 2019 et 2020, le Franc-Comtois s'engage sur le Tour d'Italie qu'il affectionne tout particulièrement. Mais le vainqueur du Tour de Lombardie 2018 inquiète, depuis sa chute sur l'étape inaugurale de la dernière Grande Boucle. Un mal de dos qui peine à passer et surtout qui le handicape le Français depuis le début de saison. En difficulté sur le Tour des Alpes-Maritimes et du Var (35e du général à 12 min 23) et sur Tirreno-Adriatico (43e du général à 28min 25), le Franc-comtois relativise. “Je viens à Tirreno-Adriatico pour trouver du rythme et de la confiance dans le cadre de mon programme de reprise, c'est très important pour moi. C'est un bon test pour préparer le Giro. […] Je ne suis pas à 100%” confiait-il avant le départ. Mais ce parcours du Tour d'Italie est taillé pour le grand grimpeur qu'est Thibaut Pinot.

© Équipe Groupama-FDJ

Dans des propos retenus par AFP, le lauréat d'étapes sur tous les grands tours déclare : “C'est un parcours super bien dessiné avec un prologue d'entrée et un chrono final assez court. Pratiquement la moitié des étapes seront des étapes de montagne avec de nombreuses arrivées au sommet, c'est forcément important pour moi. C'est un Giro pour pur grimpeur.” Et une arrivée a déjà été cochée par le Franc-Comtois. “Pour moi l'arrivée la plus difficile sera celle de Zoncolan que je connais très bien. C'est l'un des cols les plus durs. C'est raide du pied au sommet sans le moindre replat. La pente est toujours au-dessus de 10%, ça fait vraiment mal.” Ce qui est sûr, c'est que le 4e du Tour d'Italie 2017 est motivé par ce rendez-vous. “Ça donne envie de se préparer du mieux possible pour être à 100% au départ du Giro. C'est mon objectif.” En attendant, Thibaut Pinot pourra se tester sur le Tour des Alpes du 19 au 23 avril.

Romain Bardet : l'heure du changement 

Une habitude qu'il va falloir changer, celle de voir Romain Bardet sur le Tour de France. Même si une incertitude plane quant à sa participation à la Grande Boucle. En revanche, sa présence sur le Tour d'Italie est une certitude. Pour son premier Giro, le néo-coureur Team DSM sera co-leader avec Jai Hindley, deuxième de l'épreuve l'an passé. Et Romain Bardet peut être confiant, après une bonne préparation : 20e des Strade Bianche, 8e de Tirreno-Adriatico. En passant inaperçu, il peut être la surprise de ce premier grand tour de la saison. Mais l'Auvergnat doit mieux faire sur les contre-la-montre, décevant sur le seul chrono de Tirreno où il perd près d'une minute sur le vainqueur Wout Van Aert. Il pourrait perdre du temps sur ses adversaires lors des deux efforts solitaires de ce Giro. Matt Winston, entraineur de l'équipe allemande, relativise sur la performance de ses coureurs. “Pour la plupart de nos coureurs, c'était le premier effort de course sur leur nouveau Scott Plasma.” Cependant, Romain Bardet pourra faire la différence en montagne qui est son terrain de prédilection. Il achèvera sa préparation sur le Tour des Alpes, et sur les Ardennaises, un programme inédit pour le Français, peut être l'heure du changement.

Egan Bernal : la confirmation

Après un Tour de France compliqué l'an passé conclu sur un abandon, le Colombien part à la conquête d'un nouveau grand Tour. Accompagné d'une équipe très solide, le vainqueur du Tour 2019, pourra compter sur des fidèles lieutenants en montagne : Pavel Sivakov, Iván Sosa ou encore Daniel Felipe Martínez. ils seront dévoués à leur leader. Egan Bernal pourra aussi faire confiance sur le plat au champion du monde du contre-la-montre, l'Italien Filippo Ganna. Ce dernier espère glaner le premier maillot rose sur le chrono à Turin. Ayant remporté deux des trois dernières éditions, Ineos-Grenadiers veut conforter sa domination sur ce Giro. Un titre que ne défendra pas Tao Geoghegan Hart, le Britannique devrait participer au Tour de France.

© FG photographic – We Sport

Egan Bernal, lui, est très heureux de prendre part à son premier Tour d'Italie : “Je suis très heureux de me préparer pour le Giro d'Italia. C'est une course que je veux faire depuis longtemps, depuis que je suis venu en Italie. Cette année, je suis content de la courir et je suis déjà monté à Alpe di Mera, pour essayer cette étape. Ç'est une course difficile mais je suis impatient, parce que ça sera un beau Giro” déclarait-il lors de la cérémonie de présentation. Le jeune grimpeur de 24 ans connaît une préparation déjà solide car il a participé, pour sa reprise, à l’Étoile de Bessèges, avec également des résultats rassurants sur Tirreno-Adriatico (4e du général), sur le Tour de la Provence (3e) ou encore sur les Strade Bianche (3e derrière Mathieu van der Poel et Julian Alaphilippe). Egan Bernal sera aussi au départ du Tour des Alpes le 19 avril pour conclure sa préparation avant de tenter de remporter un nouveau grand Tour.

Remco Evenepoel : le retour 

Blessé lors du Tour de Lombardie le 15 août dernier, Remco Evenepoel n'a pas encore effectué la moindre course. Le Belge, qui a prolongé son contrat la semaine passée jusqu'en 2026, reprendra la compétition sur le Giro. “Mon grand objectif est d'être prêt pour le départ du Giro. Comme vous le savez, l'an dernier, je n'ai pas pu participer à cause de ma blessure après ma chute sur Il Lombardia. Le parcours de cette année a l'air très dur, et beau aussi” déclarait-il lors de la cérémonie de présentation du tracé.

© FG photographic – We Sport

Son coéquipier Fausto Masnada voit en Remco Evenepoel le futur vainqueur du Giro. “Remco a récupéré à 100% de sa blessure. Il est plus mince et plus motivé que jamais. Il a hâte de courir à nouveau, il est super concentré et ne laisse rien au hasard. Il sera sur le Tour d'Italie pour le gagner, le but sera de se battre pour le maillot rose” annonce-t-il dans une interview à la Gazzetta dello Sport. Son manager, Patrick Lefevere, est plus mesuré. En mars dernier, il avait confié à la RTBF que son coureur n'avait pas de réels objectifs. “Il sait qu'il va devoir aller au Giro avec un autre état d'esprit. L'an dernier il y allait pour gagner. Cette année c'est différent.” Cependant, Remco Evenepoel reste à surveiller. Actuellement en stage au Centro de Alto Rendimiento, situé à 2320 m d'altitude en Sierra Nevada (Espagne), le Belge prépare son retour à la compétition.

Vincenzo Nibali : jamais deux sans trois

À 36 ans, Vincenzo Nibali est l'un des doyens de ce 104e Tour d'Italie. Le Requin de Messine espère ajouter un troisième Giro à un palmarès bien rempli. Satisfait du parcours, l'Italien a déclaré lors de la présentation du parcours : “J'aime le tracé de cette année et je suis content de la façon dont il a été dessiné. Il y a beaucoup de montées, dont certaines géantes comme Zoncolan ! Pour l'instant, je vais me concentrer sur la meilleure préparation possible.” Le coureur de Trek-Segafredo pourrait partager le rôle de leader avec le Néerlandais Bauke Mollema. Le vainqueur du Tour de France 2014 a commencé sa saison sur l’Étoile de Bessèges avant une 17e place au général sur l'UAE Tour.

© FG photographic – We Sport

Le Requin de Messine a ensuite participé à des courses 100% italiennes comme le Trofeo Laigueglia (25e), le GP Industria & Artigianato (10e), ou encore Tirreno-Adriatico avec une belle 9e place au général. En tout cas, Nibali reste un des favoris pour ce Giro selon Ivan Basso. Dans un entretien pour Bici.pro, le double vainqueur du Giro 2006 et 2010 déclare : “Il peut encore remporter le Tour d'Italie mais pas comme il y a cinq ans. Il a remporté le Giro et le Tour par sa force physique mais aussi avec une bonne tactique. S'il remportait ce Giro, il ferait le bonheur de toute l'Italie, car il est le champion qui nous a le plus fait rêver ces dernières années.” Actuellement en stage dans les îles Canaries, Vincenzo Nibali sera présent sur le Tour des Alpes le 19 avril prochain. L'Italien sera aussi présent sur la doyenne des classiques, Liège-Bastogne-Liège, le 25 avril. Ce qui est sûr, c'est que, malgré son âge, il ne faut pas enterrer le Requin de Messine de sitôt.

Mikel Landa : la dernière chance

Mikel Landa est toujours à la recherche de son premier grand tour. À 31 ans, le Basque reste sur une 4e place sur le Tour de France 2020 et sur le Giro 2019. Le coureur de Bahrain Victorious est confiant à l'approche de sa sixième participation au Tour d'Italie. “Sur Tirreno-Adriatico, j'étais mieux qu'à ce que je m'attendais. J'ai fini 3e alors que je n'étais pas encore dans ma meilleure condition. C'est pour cela que je vais sur le Giro avec confiance car nous faisons du bon travail”, confie-t-il à Bici.pro. Le natif de Murgia sort d'un Tour du Pays basque mitigé. Classé 8e à 2min 17 du vainqueur Primož Roglič, le Basque a craqué dans l'ultime étape vers Arrate. Avant le Giro, Mikel Landa ira en stage sur le volcan Teide en Espagne avec quelques coéquipiers. Il pourra sans doute compter sur Pello Bilbao et Damiano Caruso pour l'épauler en montagne. Pour lui, ce Tour d'Italie comme souvent se jouera en troisième semaine. “Historiquement, le Giro s'est toujours joué sur la dernière semaine. Vous ne pouvez pas arriver au départ à Turin sans être en excellente condition, mais vous devez avoir une marge de progression.” avoue-t-il. Nonobstant, le grimpeur espagnol est déterminé et fixe ses objectifs assez haut : “Ce que je vise, c'est le classement général. L'équipe s'est assurée que j'aurai un groupe solide autour de moi et mon idée est de gagner la course. Ou au moins de viser le podium.”

Ce Giro sera à coup sur très disputé avec des favoris déterminés à remporter le premier grand tour de la saison qui, normalement est réservé, à un grand grimpeur. Il ne faut cependant pas enterrer trop vite des potentiels outsiders comme Dan Martin, Simon Yates ou encore Jai Hindley. 

Crédits photo en une : Getty Images

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