Wonderful Grass #3 : Quand Wimbledon et le Paradis ne font qu’Un

A l’occasion de Wimbledon et de la saison sur herbe, WeSport vous propose de vous initier au gazon, cette surface naturelle si particulière, première spectatrice des plus beaux exploits de l’histoire du tennis. Entre matchs titanesques et moments d’émotion à jamais gravés dans l’Histoire, voici la troisième partie consacrée aux plus beaux moments du tennis sur le Centre Court. 

Le All England Club a l’occasion d’être le théâtre de combats absolument épiques, tous plus sensationnels les uns que les autres. Pour des raisons tennistiques, mais pas que. Plongeons-nous tout d’abord dans les 80’s avec la célèbre finale de 1980 opposant John McEnroe à Björn Borg. Un combat de légende, un affrontement à la technique et au style de jeu diamétralement opposés : le premier, colérique et extraverti, mais surtout brillant attaquant et excellent serveur-volleyeur ; opposé au calme polaire du meilleur contreur et passeur de toute l’histoire du tennis. Tout était réuni pour que le public anglais assiste à une finale 5 étoiles. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas été déçu : plus de 4 heures de jeu, un tie-break de légende de 34 points remporté par McEnroe, sauvant 5 balles de match au passage, et un vainqueur triomphant sur un ultime passing de revers à deux mains, véritable révolution technique à l’époque, en la personne de Borg en 5 sets 1-6, 7-5, 6-3, 6-7 (16-18), 8-6 ! Ce match fut tellement marquant dans l’histoire du tournoi anglais, et du tennis en général, qu’un film lui a été entièrement consacré, sorti en fin d’année dernière.

Les années 90 arrivent à grands pas, Pete Sampras est encore en train d’exploser à la surface du monde, Boris Becker assomme le gazon anglais de ses aces à répétition, et Steffi Graf écrase le tennis féminin tout en étant embêtée par les Navratilova, Sabatini, Seles ou Hingis. Mais si l’Allemande domine quasiment sans partage les courts du monde entier, une joueuse réussit à se faire une place de choix dans le cœur des Anglais : Jana Novotna. Disparue en novembre dernier à l’age de 49 ans, la gauchère tchèque est une redoutable joueuse, notamment en double, et à l’aise toutes les surfaces, notamment sur gazon. Novotna a disputé trois finales sur le Centre Court pour deux défaites : la première, cuisante, en 1993 face à Steffi Graf, puis 4 ans plus tard contre la très jeune Suissesse, Martina Hingis. La scène de la remise des trophées est poignante : en récupérant sa coupe de finaliste, Novotna s’est mise à pleurer dans les bras de la Duchesse de Kent, qui lui a glissé “La prochaine finale est pour vous. J’en suis convaincue.” A chaque finale, cette dernière lui témoigne son soutien, soutien qui est de plus en plus prononcé, tant les combats en finale furent épiques mais perdus de peu par la Tchèque. Le public veut tant la voir gagner : “Please, please, let Jana win !”. La délivrance arrive en 1998 où elle bat en finale la Française Nathalie Tauziat. Des larmes de tristesse aux larmes de joie pour une Venus Rosewater Dish tant convoitée et enfin obtenue, à 29 ans.

Les années 2000 marquent le temps du ralenti. On prend sa pause, on déguste son Earl Grey à 4 heures de l’après-midi, et on admire des échanges de plus en plus longs sur un gazon contraint, signant un premier arrêt de mort général des serveurs-volleyeurs et des attaquants sur le circuit. Pourtant, un homme va réussir à faire vivre le tennis d’attaque comme il n’avait jamais été si bien exécuté : Roger Federer. Vainqueur une première fois en 2003 face à Mark Philippoussis à 22 ans, le Suisse va remporter 5 trophées consécutifs et se présenter en 2008 en finale face à son rival de toujours, Rafael Nadal. Présenté comme le maître face à son élève sur l’herbe londonienne, cet ultime match sur le Centre Court est devenu le lieu d’un des plus beaux affrontements entre le Suisse et le Majorquin. A la manière de la finale Borg – McEnroe présentée ci-dessus, Federer et Nadal, si opposés tennistiquement sur le papier, se sont livrés un combat au-delà des superlatifs, mêlant un tennis d’attaque et une précision chirurgicale typiquement suisse d’un coté ; face à un hargne, une volonté et un refus exacerbé de la défaite coté ibère. Au terme d’un combat monstrueux en 5 sets (décidément) et 4h48 de jeu, c’est pourtant l’élève, Rafael Nadal, qui finit allongé au sol après la balle de match, remportant son premier trophée sur le gazon londonien face au spécialiste absolu de la surface. Pour beaucoup d’observateurs, cette finale est considérée comme la plus belle finale à Wimbledon du XXIème siècle, pour son niveau de jeu ahurissant et pour l’ascenseur émotionnel qu’il a été, pour nos deux protagonistes comme pour leurs spectateurs.

Bien évidemment, cette sélection est purement personnelle. D’autres matchs de légende ont été disputés sur le court central, comem en témoigne cette petite sélection : Graf – Sabatini 1991, Sampras – Agassi 1999, Ivanisevic – Rafter 2001, Henin – Mauresmo 2006, Federer – Roddick 2009, Murray – Djokovic 2015… Sélection aujourd’hui disponible sur le compte Youtube officiel du tournoi. Et vous, quel est le match qui vous a le plus marqué ?

A propos de l'auteur

23 ans et toutes mes dents, né avec une balle de tennis dans la main gauche, un gant de gardien de but dans la main droite et un moteur V6 à la place du cerveau, je mange du sport à grandes bouchées, H24 et 365 jours/an. Comme Elie Baup et sa casquette, je garde toujours mon chapeau sur la tête.

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