Coupes d'Europe

30 moments 2021 : le Stade toulousain au plus que parfait

Après onze mois fournis en évènements sportifs, notamment à cause du report de nombreuses compétitions qui devaient avoir lieu l’an passé, le mois de décembre conclut un cru 2021 riche en émotions. De la septième bague de Tom Brady au titre de champion du monde de Fabio Quartararo en Moto GP, en passant par les Jeux olympiques et paralympiques, We Sport revient sur 30 moments marquants qui ont rythmé l’année civile. Aujourd'hui, retour sur l'exceptionnel doublé Coupe d'Europe-Championnat du Stade toulousain en 2020-2021.

 

On n'arrête plus le Stade toulousain. Après avoir retrouvé le Brennus en 2019, les Toulousains ont surfé sur leur belle dynamique en ramenant deux nouveaux titres dans leur escarcelle la saison dernière. Jamais vraiment en danger pour la qualification en phase finale du Top 14, les Haut-Garonnais ont pu se permettre de faire tourner au moment d'aborder les matches couperets en Coupe d'Europe. Une gestion qui a optimisé leurs chances de performer sur les deux tableaux.

 

La meilleure des équipes françaises

Ironie du sort, les parcours du Stade toulousain jusqu'aux titres de Top 14 et de Champions Cup se sont fortement ressemblés. En effet, les Rouge et Noir ont affronté à deux reprises l'Union Bordeaux-Bègles en demi-finale et le Stade rochelais en finale.

Quatre rencontres lors desquelles ils n'ont tremblé qu'à une seule reprise, pendant la première période de leur finale européenne contre La Rochelle (9-12 à la pause). Pour le reste, Toulouse s'en est tantôt remis à la botte de Ramos, tantôt à la puissance de ses avants, mais aussi et surtout à sa charnière Dupont-Ntamack. Maître dans la gestion de ses rencontres, cette dernière a symbolisé un collectif parfaitement huilé, contre qui personne ou presque n'a pu trouver de solution. La faute à des Haut-Garonnais qui sont toujours parvenus à s'adapter aux schémas adverses, au point de rendre fou Christophe Urios, manager bordelais désabusé après la défaite des siens contre les Toulousains, en demi-finale du Top 14 (24-21).

C'est une défaite qui aurait pu être une victoire. Je pense que la meilleure équipe n'a pas gagné, même si on a beaucoup de respect pour Toulouse. On n'a pas tout contrôlé, on a fait des erreurs notamment en première mi-temps. Après, il y a des coups du sort toujours en faveur des Toulousains… Quatre fois qu'on les joue, quatre fois que c'est pareil… Je ne m'épancherai pas là-dessus, même si ce soir on a beaucoup de colère”, avait-il déclaré.

 

Le tournant du Munster

Si le Stade toulousain est apparu très souverain à l'approche de la fin de saison, c'est aussi parce que l'équipe a pris la mesure de ce dont elle était capable en cours d'exercice. Outre une victoire arrachée à La Rochelle fin février grâce à un essai de Yoann Huguet (14-11), le succès référence des Haut-Garonnais est intervenu début avril, à l'occasion des 8èmes de finale de la Champions Cup.

En déplacement sur la pelouse du Munster, les Toulousains ont réalisé une deuxième période de très haute facture pour repartir de Thomond Park avec la qualification. Les hommes de Mola ont pu compter sur le retour des internationaux pour inscrire quatre essais, tous après le repos, et s'imposer sur le score prolifique de 33-40. Au rang des grands acteurs de cette partie, les avants évidemment, mais aussi et surtout le duo Antoine Dupont-Mathis Lebel.

Le premier y est allé de son doublé, quand le second a sonné la révolte dès le retour des vestiaires, avant de servir son n°9 pour permettre aux siens de reprendre l'avantage à dix minutes du terme (26-30). Le jeune ailier du Stade a martyrisé le rideau défensif adverse sur de nombreuses phases de jeu, inspirant de certains internautes émerveillés depuis leur canapé.

Du combat, de la dramaturgie, des renversements de situation, il y a tout eu au cours de cette rencontre, qui aura marqué la campagne européenne 2020-2021 en plus de mettre les Toulousains sur les bons rails. Une semaine plus tard, ils l'emportaient une deuxième fois consécutive à l'extérieur sur la pelouse de Clermont (12-21). La suite, on la connait…

 

La Rochelle, (double) finaliste malheureux…

Si une équipe peut nourrir beaucoup de regrets sur cette saison 2020-2021, c'est bien le Stade rochelais. Finaliste du Top 14 et de la Champions Cup, les Maritimes n'auront jamais touché le graal de leurs mains. Auteurs de la meilleure saison de l'histoire du club, les coéquipiers d'Arthur Retière ont un temps entrevu la victoire en finale de la Champions Cup. Mais l'infériorité numérique causée par l'expulsion de Levani Botia (28e) et le déchet conséquent de West au pied ont fini par les rattraper en deuxième période. Muselés par leurs adversaires au retour des vestiaires, les Rochelais sont passés à côté de leur rêve européen malgré une fin de match emballante. Loin d'être abattus, ils espéraient se servir de cette rencontre pour contrer Toulouse au Stade de France.

Que nenni, sous une pluie battante les empêchant de pratiquer leur meilleur rugby, les joueurs de Jono Gibbes sont restés muets en première mi-temps. Cette fois-ci derrière à la marque, ils n'ont pu que constater la solidité et l'efficacité des Rouge et Noir, au pied notamment. Deux drops de Ramos et Kolbe ont permis au champion en titre de rentrer aux vestiaires avec 12 points d'avance. Si West et les siens ont tenté de faire la différence avec conviction devant, Toulouse n'a jamais flanché derrière, du moins jusqu'à l'essai de Priso en fin de match (18-8, 77e). Un sursaut d'orgueil bien trop tardif pour espérer inverser le cours de la rencontre. Devant les près de 14.000 personnes autorisées à assister à cette finale, le Stade toulousain s'est offert son premier doublé Coupe d'Europe-Championnat depuis 1996. Le club remporte ainsi un deuxième Brennus consécutif pour la première fois depuis 2012 et confirme sa stature de locomotive du rugby français.

Pour La Rochelle en revanche, le destin est cruel. Les Jaune et Noir devront encore attendre pour garnir leur armoire à trophées. Ému aux larmes après les deux finales perdues, le président historique du Stade rochelais Vincent Merling le clame haut et fort, “cette équipe gagnera un titre“. Et quand on voit la progression de ce groupe depuis plusieurs années, force est de constater que cette ambition est loin d’être démesurée. La promesse est belle, le rendez-vous est pris.


Grégoire Allain

"La défaite n'est pas mon pire ennemi, c'est la peur de la défaite qui l'est." Rafael Nadal.

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