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Villarreal : À la découverte du stade de la Cerámica

stade villarreal

En début de saison, une série d'articles de découvertes de stades de foot voyait le jour sur We Sport. Après un petit temps d'arrêt, celle-ci reprend aujourd'hui avec une aventure en Castellón dans l'Est de l'Espagne. Vila-Real nous accueille dans une ambiance chaleureuse, bonifiée par le soleil et le vent marin. Le stade de la Cerámica qui héberge les rencontres du Villarreal CF est notre lieu de rendez-vous.  

De mon fief andalous jusqu'à Vila-Real, il faut bien plusieurs heures pour arriver à destination. 5h30 de trajet me sont annoncées pour rallier le QG du sous-marin jaune depuis Grenade. Heureusement, j'ai plusieurs passe-temps qui me font oublier la durée du voyage. Tout d'abord, le match auquel je me rends. Villarreal reçoit le Bayern Munich pour le quart de finale aller de la Ligue des champions. Les locaux sont loin d'être favoris mais restent optimistes concernant leurs chances. Je récite ainsi dans ma tête tout ce que j'ai appris à propos de l'histoire du club au moment de préparer mon voyage. Et puis de la musique diverse et variée s'invite dans les enceintes pour me plonger dans l'ambiance.

Effectivement, lorsqu'est joué le titre  “Yellow Submarine” des Beatles, je me rappelle que sa reprise espagnole “Submarino amarillo” est l'hymne du club depuis pas mal d'années. En effet, tout collait avec l'histoire de l'équipe pour que les supporters Groguets se l'accaparent. Alors que je m'approche tranquillement de mon lieu de rendez-vous, je fais un arrêt à 1h de la ville pour déposer mes compagnons de Blablacar. Par chance, je suis tombé sur deux amoureuses du football. Nos échanges m'auront appris qu'une d'entre elles supportait le Barça pendant que l'autre penchait pour Levante. Cette dernière lance d'ailleurs un prono en descendant de la voiture : Villarreal va gagner 1-0.

VILA-REAL ET SON CLUB DE FOOT VILLARREAL

La ville en elle-même s'écrit “Vila-Real”. Or lorsque l'on parle du club on retire le tiret et on double ainsi le L et le R. Il est environ 18h30 quand j'arrive dans cette petite banlieue en bord de mer. Seulement 50 000 habitants y sont recensés ce qui fait de Vila-Real une toute petite ville à côté des autres concurrents en Ligue des champions. Malgré l'ampleur de l'événement je ne galère pas tant que cela à me trouver une place. Il faut dire que j'ai suivi deux trois voitures qui m'avaient l'air bien locales. Bref, le moteur est coupé et le pied est posé devant le centre d'entraînement de l'équipe. Bien sûr, aucun pro n'apparaît à l'horizon. Ce sont les jeunes catégories qui occupent actuellement les lieux. Le temps est bon et je décide de me diriger gentiment vers le stade.

Villarreal Bayern

Difficile de fendre la marée jaune – photo : Théo Wargnier

Cependant, après quelques centaines de mètres, je me rends compte que nombreux sont les supporters qui vont dans le sens opposé. À force de tourner dans les stades, vous apprenez rapidement qu'il y a souvent des regroupements en amont des rencontres, surtout pour un match de cette allure. Le demi-tour est donc logique et tel un mouton je suis le troupeau. Bingo ! Je débarque alors dans une marée jaune où les bières s'envolent pendant les chants. À 1h30 du coup d'envoi, les gens continuent de s'agglutiner dans cette rue tout de même étroite. Pourtant, après vérifications c'est bel et bien par ici que va passer le bus des joueurs pour aller au stade. On commence d'ailleurs à entendre les sirènes de police. C'est l'heure ! Les fans augmentent ainsi le volume sonore et craquent tous les fumigènes jaunes qu'ils peuvent. Le décor est planté.

VILLARREAL ET SON STADE DE LA CERÁMICA

Le Campo de Villarreal est inauguré en 1923 et prend très vite le nom de El Madrigal en 1925. Depuis toujours il accueille les matches de la ville de Vila-Real. Jusqu’en janvier 2017, il garde son appellation de El Madrigal avant de prendre le nom de la Cerámica. Le stade de la Cerámica est un hommage à l’industrie de la céramique qui est un véritable poumon industriel de la région. On retrouve d’ailleurs sur la façade les noms des différentes entreprises de céramique qui ont aidé le club à rénover le stade au fil des années. Il est assez petit mais cela reste logique par rapport à la taille de la population. 23 500 places qui font de lui le 25e stade du pays. Sa dernière grosse rénovation en date a eu lieu en 2005 pour se conformer aux normes de l’UEFA. La Roja y est ensuite venue trois fois en amical. Enfin, l’architecture du stade s’apparente à un sous-marin jaune, d’où le surnom de l'équipe.

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Des bâches couvrent les noms des entreprises de Céramique – photo : Théo Wargnier

Le club est lui aussi né en 1923. En 99 ans d’existence il n’a pourtant gagné que 4 titres. La 3e division en 1970, la coupe Intertoto en 2003 et 2004 puis comme vous le savez peut-être, la Ligue Europa contre Manchester United l’an passé. En Liga, leur meilleur classement a eu lieu en 2008 avec une belle deuxième place. Or, leur première qualification pour la LDC remonte à 2005 lorsqu'ils avaient terminé sur la troisième marche du podium. Villarreal est ainsi l’archétype du club familial par excellence. Il a toujours disposé de moyens suffisants que cela soit grâce aux entreprises de céramique, mais aussi à l'aide des sous de son président Fernando Roig Alfonso. Ce dernier étant le propriétaire de la chaîne de supermarchés Mercadona. Des finances saines pour un club sain.

VILLARREAL – BAYERN : DAVID CONTRE GOLIATH

Aujourd’hui à l’occasion du quart de finale de LDC contre le Bayern, c’est une véritable fête locale qui a lieu. Les supporters, bien que gardant un petit espoir, sont conscients qu’ils ne sont pas favoris. Surtout que le club n’est pas au top en championnat après leur défaite contre Levante. Le coach Unai Emery peut tout de même compter sur ses joueurs pour répondre présent. On retrouve d'ailleurs quelques Français dans les rangs de l'équipe espagnole. Francis Coquelin et Etienne Capoue font partie intégrante de l'effectif voire même du onze de départ. Ils sont en tout cas titulaires ce soir face à l'armada bavaroise. Alors que je me balade sur le parvis du stade, un coup d'œil à ma montre me fait comprendre que je dois rentrer dans l'enceinte.

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Jour, nuit – photo : Théo Wargnier

Le speaker a déjà commencé à donner la composition. Quand je débarque à ma place, des jeux de lumière comme on voit souvent en Espagne ont lieu pendant que les fans scandent le nom des joueurs. Celui du numéro 7 fait plus de bruit que les autres. Gérard Moreno, l’attaquant de cette équipe et chouchou des supporters, est d’ailleurs le meilleur buteur de l’histoire du club. Le match peut désormais débuter dans une Cerámica pleine à craquer. Les chants s'enchaînent et le stade exulte très rapidement au moment où Danjuma marque le seul et unique but de la rencontre. Par la suite, Villarreal manquera de doubler la mise à plusieurs reprises. Mais l'essentiel est là. Les Espagnols ont remporté la manche aller face à un Bayern très timide. L'atmosphère de ce stade était grandiose et les 5h30 de route retour s'annonce facile après cette soirée magique.

Photo : Théo Wargnier

Finalement, le billet m'a coûté 80€. Si l'on prend en compte le fait que c'étaient les dernières places disponibles et que j'avais affaire à un quart de LDC contre le Bayern, le prix reste correct. En Espagne, les clubs affichent des prix qui sortent de l'ordinaire par rapport à la France. Or, Villarreal est bien le seul club de Liga qui propose des billets abordables pour les rencontres de championnat.

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