À la rencontre de l’Enduro VTT avec Louison Gury

La rubrique « Champions de demain » vous permet de découvrir ceux qui seront peut-être les futurs médaillés olympiques dans 5, 10 ans, ceux qui ne sont pas encore des champions mais qui ont le potentiel pour le devenir. Cette semaine, nous vous proposons de partir à la rencontre du jeune Louison Gury, prometteur dans sa discipline, l’enduro VTT.

Bonjour Louison ! WE SPORT FR est ravi de pouvoir échanger avec toi aujourd’hui. Tout d’abord, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Salut WE SPORT FR ! J’ai 19 ans, j’habite à Belfort et je fais du sport depuis toujours mais seulement depuis 2 ans au haut niveau. J’ai d’abord débuté en cross country il y a 8 ans pour être avec les copains, puis j’ai basculé vers l’enduro il y a 5 ans, c’est à dire quand j’avais 14 ans. À la base, c’était juste pour découvrir la discipline mais finalement, après quelques compétitions, les résultats arrivaient et ça m’a conforté dans l’idée de continuer dans cette voie. Me voilà donc aujourd’hui dans l’enduro, une discipline en pleine expansion.

Pour ceux qui ne sauraient pas ce qu’est l’enduro, parle nous un peu de ta discipline.

Alors, l’enduro est une discipline du VTT, entre le cross country et le VTT de descente. Une compétition se déroule en général sur une journée et se découpe en deux parties : courses à profil descendant (appelées « spéciales ») et parties montées (appelées « liaisons »). Les spéciales, au nombre de 6 dans la journée, durent entre 4 et 15 minutes. Entre ces spéciales, on a des liaisons, où là, chacun prend le temps qu’il souhaite, avec pour seule contrainte de rejoindre le prochain départ dans les temps. Le classement général est fait sur le cumul des temps réalisés sur les parties descendantes, et non pas sur les liaisons. On a largement le temps entre deux spéciales, mais l’aspect tactique prend alors place. En effet, il faut se connaitre pour rejoindre le départ dans les temps, mais sans aller trop vite pour ne pas se cramer. Mais aller trop lentement ne permet pas de prendre un réel temps mort. C’est vraiment de la gestion. À titre perso, je ne vais pas trop lentement durant les liaisons afin de pouvoir faire une coupure. Puis 5 ou 10 minutes avant le début de la course, je me remets en jambes.

La Coupe de France se déroule en 7 matches, sur 2 jours chacune, réparties tout au long de la saison. Le vainqueur du classement général est désigné champion de France?

En France, on entend très peu parler d’enduro VTT. Comment tu expliques cela ? Et que proposerais-tu ?

C’est une discipline plutôt nouvelle, qui a vu le jour il y a environ 10 ans et qui s’est démocratisée depuis 8 ans. Cependant, l’enduro connait un véritable essor ces derniers temps et va sans doute devenir la discipline principale du VTT, devant cross country. Chaque année de plus en plus de licenciés. ce sport n’est pas encore prévu aux JO mais étant donné sa croissance, il n’est pas impossible de le voir dans d’ici deux ou trois éditions. Ce serait vraiment énorme !

À propos de la médiatisation, elle progresse, notamment avec Red Bull qui partage beaucoup de vidéos. Le problème, c’est que le gens ne se rendent pas compte que c’est de l’enduro et voient juste des gars faire des trucs de fou dans des paysages de rêve. Mais petit à petit, la discipline prendra place dans les esprits.
Autre exemple du développement de l’enduro, avec L’Equipe, qui a racheté les droits de diffusion de la Coupe du Monde et de la Coupe de France de Cross Country et de Descente. Ces deux disciplines permettent le développement du VTT dans son ensemble et pas seulement de l’enduro. Donc voilà, les choses vont dans le bon sens, les jeunes s’y mettent et communiquent, ça va de l’avant. Il faut continuer comme ça.

Crédit Photo : Benoit Grebaux

 

Tu nous a dit que tu pratiquais ce sport depuis maintenant 5 ans ? As-tu fait d’autres sports avant de te consacrer à l’enduro ?

À la base je suis issu d’une famille de sportifs et j’ai donc été amené à toucher pas mal de sports : 7 ans de planche à voile, 7 ans de tennis table également et 4 ans de handball, pour ne citer que les principaux.
Pour commencer, j’allais faire du vélo avec mon père, un ancien cycliste. Il m’a en quelques sortes transmis sa passion. Je tiens d’ailleurs mon nom de Louison Bobey, grand personnage du Tour de France. Le vélo devait bien me rattraper un jour ou l’autre (rire).

L’année passée, tu as été contraint de stopper ta saison pour des raisons médicales. Que s’est-il passé ?

Je me suis entrainé vraiment dur, autant en extérieur sur le vélo qu’en salle pour la préparation physique. Les résultats du début de saison étaient encourageant avec entre autre une 4ème place au classement scratch dans ma région, à quelques secondes de Rémi Absalon et devant un champion du monde de cross country. Sur la même compétition j’avais remporté le challenge radar où j’ai été flashé à 50,84km. Donc c’était vraiment satisfaisant.
Quelques temps après, sur une autre course cette fois-ci dans les Vosges, je remarque que j’ai une anomalie cardiaque (30 pulsations au dessus de ma normale). Je continue quand même mais je chute. Je décide d’arrêter, sentant que quelque chose d’anormal se passait. Je rentre chez moi et j’avais 43° de fièvre, ce qui venait en fait d’une mononucléose. J’ai perdu 8 kg en quelques semaines, ça a été très dur physiquement et mentalement. Ça m’a pris plusieurs mois pour m’en remettre, avec un mois sans rien faire du tout et plus de cinq mois sans rouler. Une fois la maladie passée, j’ai repris progressivement et aujourd’hui, je retrouve une condition physique correcte, peut-être même meilleure qu’avant la mononucléose. Comme quoi, il ne faut jamais abandonner.

Après toutes cette péripétie, quelles sont tes ambitions sur la saison à venir qui commence le 29 avril ?

Tout d’abord, cette année je change de structure et je rejoins la Turtle Wet Team, un groupe de copains. Cette équipe va m’apporter de la rigueur. On a du soutient matériel et un vrai projet de groupe, ça va être sympa. Je pars sur une saison « exceptionnelle ». J’avais perdu gout à la discipline et après cette absence, je reviens justement pour le plaisir, avec envie et en m’entraînant sérieusement. À côté, j’ai aussi d’autres projets, avec notamment la réalisation de vidéos, des voyages et profiter de ceux qui m’entourent.

Je vais être très présent sur les compétitions de ma région, la Franche-Comté, et je vais aussi faire beaucoup de voyages dans le reste de la France, mais aussi en Europe où je vais participer à toutes les Coupes d’Europe. En 2016, j’avais remporté une manche de Coupe d’Europe, la « Maxi Avalanche » et j’étais donc premier au général Coupe d’Europe. Un des objectifs de cette saison sera donc de bien figurer sur cette compétition. J’attends cette date avec impatience.

Concernant les voyages à l’étranger, ils vont être possibles grâce à mon partenaire « Motion France », avec qui je me déplace, qui me fournit ma fourche et qui m’aide d’un point de vue matériel et logistique sur les événements. Pour l’instant au programme, on a l’Andorre, l’Italie, la Suisse et probablement l’Espargne. Au delà de l’aspect sportif, ces voyages me permettront en même temps de prendre du plaisir en réalisant de beaux visuels car, en plus du sport, la vidéo me passionne. J’ai là une belle opportunité d’associer mes deux passions et je compte bien ne pas laisser passer l’occasion ! Le but sera de prendre du plaisir tout en restant performant sur le vélo.

Arrives-tu as financer ta pratique ?

L’enduro est un sport mécanique, et les sports mécaniques, ça coute cher. C’est d’ailleurs ce qui m’empêche de participer aux manches de Coupe du Monde, qui sont très coûteuses avec des déplacements au Chili ou en Nouvelle-Zélande par exemple. J’ai pas eu beaucoup de besoins jusqu’à présent étant donné que la plupart de mes compétitions se déroulaient localement et que j’avais des sponsors qui me suivaient. Pour financer une partie de mes projets, je travail à côté des entraînements pour être à l’aise financièrement et cette année, puisque je vais beaucoup bouger, j’ai décidé de créer un cagnotte en ligne. Ceux qui croient en mon projet, vous êtes les bienvenus (rire) !

https://www.leetchi.com/c/aide-pour-la-coupe-deurope-2018

On est presque à la fin de l’interview. Tu aurais une anecdote à nous raconter ?

À vrai dire, auprès de mes amis, j’ai une fâcheuse réputation de me perdre régulièrement ! Quand on est avec moi, il nous arrive que des galères improbables. Je suis un vrai poissard. D’ailleurs,
mon surnom est GPS… pour « Global Perdition System » ou « J’ai perdu le sentier ». On se perd tout le temps.

Pour conclure, qui aimerais-tu remercier en particulier ?

Tous les copains avec qui je roule. Lucas, Jérémy, Gaylord. Ceux qui me soutiennent au quotidien, « les deux Pierre ». Tous mes partenaires, Motion France, Turtle Wet Team et Leclerc Sport Belfort. Et merci Martin, merci WE SPORT FR de m’avoir accordé cette interview et de participer à la promo du sport que je pratique, du sport qui me passionne.

Merci à toi Louison, bon courage et à très vite sur l’Enduro du Lion à Belfort (90), course qui lancera ta saison !

Facebook : Louison Gury

Instagram : lg_bicyclette

Pour suivre Louison cette saison, voici son programme :

29 avril : Enduro du Lion
19-20 mai : Enduro des terres noires
1-3 juin : VeloVert festival
16-17 juin : Coupe d’Europe Vallnord
28-29 juillet : Coupe d’Europe Cervinia
2 septembre : Enduro de Giromagny
15-16 septembre : Coupe d’Europe Ax 3 Domaines
23 septembre : Conliège
11-14 octobre : Roc d’Azur

 

Pour les amateurs de VTT Trial, retrouvez l’interview de Nicolas Vallé : https://wesportfr.com/nicolas-vallee-numero-1-mondial-a-seulement-19-ans/

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Co-gérant WeSportFR

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