Arbitrage : à qui la faute ?

L’arbitre, le corbeau, l’homme en noir. Tout un tas de notions pour définir un homme, une femme. Central ou assistant, amateur ou professionnel, il est l’autre élément indispensable du foot si on compte le ballon et pourtant le plus critiqué. Alors, d’où vient ce mal de l’arbitrage ? 

Formation express

Moi-même, j’ai essayé de m’initier à l’arbitrage. Passer de l’autre côté du vestiaire, de l’autre côté du carton. L’autorité et la singularité de cet homme fascine. Aussi courageux que découragé, l’arbitre est un rôle à part. Il est avant tout sportif. De nos petits canapés, d’un banc de touche ou même sur un terrain, on le croit cantonné autour du rond central, mais il en va bien plus. Les meilleurs arbitres sont avant tous les meilleurs sportifs. Une capacité à suivre les plus véloces, à résister aux plus coriaces, à tenir les plus fonciers, l’arbitre est tout cela à la fois.

Pourtant, lors de la formation d’un arbitre, le test physique est abordable au moindre des hommes ayant couru au moins une fois dans sa vie. Cette fameuse formation, elle compte à peine 15 heures, alliant théorie et pratique. Comprenez donc que 17 lois, parfois des moins simples à comprendre même pour un passionné, doivent toutes êtres passées en revue. En moyenne, on compte donc à peine une heure par loi. A contrario, on préfère former l’arbitre à des tâches administratives pour soulager des administrations fédérales sûrement trop surchargées pour gérer des feuilles de match. Nous voilà donc sûr un premier déséquilibre. Un bagage théorique limite, une pratique faite sur des exercices difficilement fidèles de la réalité et une capacité physique très loin d’être adapté à la tâche la plus ingrate du football. Au final, on lâche ces hommes, souvent bien seuls, dans un monde ou la compétition n’est plus que le seul objectif, la défaite n’ayant que vous ou presque pour seul responsable.

Un seul homme face à toute une meute, cette meute qui n’attend que cette petite erreur pour vous accabler de leur contre-performance. Vous êtes rapidement lâché sur des champs de foire, toujours plus impressionnants les uns que les autres. Ceux qui ont la chance de ne pas commettre d’erreurs dans leurs débuts se retrouvent déjà très rapidement à arbitrer sur des matchs à enjeux, et en arrivent souvent aux problèmes, et à leurs limites.

Image et effectifs

L’image des arbitres a toujours été entachée. La médiatisation souvent péjorative et parfois logique qui en est faite est amplifiée par des enjeux sportifs et financiers toujours plus importants. Une image qui est détériorée qui se ressent jusqu’en bas de l’échelle. Des menaces, des violences, l’arbitre est malmené, et ne suscite pas de vocation. Il fascine mais gêne.

Revenons en au propos. Pourquoi l’arbitre arrive-t-il rapidement sur des matchs à enjeux ? Ce sont l’accumulation de tous les faits précédents. L’image dégradée rend le nombre d’intéressés très faible, et les effectifs très réduits. Encore aujourd’hui, des matchs se jouent sans arbitres dans les basses divisions de district. Impensable me direz vous dans un sport qui compte le plus d’adhérents au monde. 1 arbitre pour 22 joueurs, en terme de proportions, cela reste faible à la première apparence et totalement faisable.. et pourtant. Mais le problème vient surtout de la hiérarchie. Mettre 7 arbitres sur un match de Ligue 1 donc 2 calés derrière une VAR qui n’apporte rien de plus qu’une image encore plus dégradée de l’arbitre auquel on colle une nouvelle étiquette d’incapable, condamné à se faire déjuger et à voir sa légitimité et ses décisions perpétuellement remises en doute. Difficile pour un homme censé avoir toujours raison.

Nous voilà donc à la conclusion d’une réflexion qui nous mène à une explication claire. Les arbitres se font rares à cause d’une médiatisation souvent dégradante, les formations sont donc simplifiées afin de favoriser la quantité à la qualité. De fil en aiguille, on se retrouve avec une élite arbitrale souvent bien inférieure aux autres pays. Ajouter à cela, des nouvelles lois, notamment technologiques qui viennent souvent appuyer là où le mal est déjà présent et vous avez le renard, qui, aussi fourbe qu’il y paraît, vous attend à la moindre chute, vous, le corbeau. Une fable du football moderne, un échec bien terne.

A propos de l'auteur

Le sport est la seule et unique chose qui me procure autant d'émotion que l'amour, sûrement parce que je suis amoureux du sport. Parfois il me le rend bien.

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