Ce vendredi soir, j'ai pu assister à un évènement sportif majeur pour la région en terme de boxe : la soirée DisKO². Organisée par le Local Club Boxe de Besançon,   Elle avait pour but de rendre hommage à Jean Josselin. Résumé des quatre heures de spectacle et des combats de ce noble art

Hommage à Jean Josselin

A Besançon ont été formés de grands boxeurs : Morrade Hakkar, Mamadou Thiam et leur mentor, Jean Josselin. Ce dernier, icône de la boxe française dans les années 60, a fait les beaux jours de sa discipline. Double champion d'Europe poids welters, double champion de France, champion du monde militaire, un sacré palmarès. 13 ans de boxe en amateur puis professionnel, 89 combats, 66 victoires dont 41 par KO, 7 matchs nuls, 16 défaites. Un monument de la boxe française qui a eu le droit à un hommage retentissant par son club et grâce à l'initiative de son président, Philippe Haag.

Plusieurs boxeurs de renom sont venus assister au match et lui faire une haie d'honneur : les frères Hakkar, Mamadou Thiam, Laurent Bodouani, Bernard Razzano et quelques autres encore. Tout d'abord médaillé de la ville de Besançon par le maire Jean-Louis Fousseret. Puis ensuite décoré par Serge Pautot, vice-président de la FFB. Un documentaire sur sa jeunesse réalisé par Eric Simard. Et en prime, un message vidéo de la part de son ami de toujours, Jacques Dutronc. “Jeannot” était comblé.

Un boxeur bisontin ouvre le bal

Après un concert de 45 minutes de la part du groupe Général Elektriks (Dont vous pouvez découvrir le groupe en cliquant ici), place au match d'ouverture dans la catégorie des poids-moyens. Féhiçal Radouane, boxeur local et tout récemment passé professionnel, effectuait son premier match pro dans son antre. Il est opposé à Frédéric Cousy, récemment passé professionnel également, issu du club de Cernay dans le Haut-Rhin. Ce dernier a perdu son premier match à domicile contre Nourredine El Goumi; et attend sa première victoire sous son statut d'indépendant. Un combat en 4 rounds de 3 minutes. Il est 22 heures, le gong sonne, début du match.

Poussé par ses supporters du Palais des Sports, Radouane aura tout donné dans un match serré. Un match qui s'est joué sur des placements défensifs, peu sur les appuis. Cousy était plus offensif mais butait sur un Féhiçal Radouane multipliant les esquives. Il faut attendre le troisième round pour voir le match se débloquer et un avantage à Cousy qui a profité des maladresses de Radouane sur ses gardes pour asséner des coups directs qui lui ont valu des points précieux. Au final, c'est l'Alsacien qui remportera ce match aux points à la grande majorité du jury.

Olivier vs Schrammel : un combat bref !

Dans la seconde rencontre, ce sont deux boxeurs plus expérimentés et une catégorie supérieure qui s'affrontent. Jean-Jacques Olivier (10 victoires dont 7 par KO, 2 défaites) , champion de France poids lourd-léger, est opposé à Csaba Schrammel (10 victoires dont 9 par KO, 5 défaites), boxeur hongrois champion intercontinental RBO. Par ailleurs, ce match de gala était l'occasion pour Olivier de préparer son match WBC Silver contre Fabio Turchi le 26 avril prochain. Les deux boxeurs se positionnent dans un coin du ring. Boxez !

Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ce match était à savourer ! Dès les premiers instants du match, Olivier frappe fort, se porte vers l'attaque et ne laisse aucune ouverture à Schrammel pour riposter. Il enchaine les coups directs et le hongrois se trouve au tapis dès les premiers instants du match. Après 7 secondes à terre, il se relève. Mais Olivier ne ménage pas ses efforts pour autant. Il reprend de plus belle et assène un coup dans le foie à Schrammel qui achèvera le travail. L'arbitre déclare KO le champion RBO. En un round, Olivier a montré qui était le patron.

A la fin du match, il m'a expliqué comment il avait pu battre aussi facilement son adversaire du soir : “Lors de la pesée, j'ai compris que j'allais le battre. J'ai senti directement qu'il ne partait pas confiant. Je suis rentré sur le ring et je savais très bien dans ma tête ce que j'avais à faire pour le battre.”

Dellal vs Kopinska : le plus beau combat

Un combat féminin à l'honneur avec une des plus grandes combattantes de la boxe française du 21ème siècle : Myriam Dellal. Championne de France dans 3 catégories différentes, 17 victoires dont 2 par KO, 1 match nul et 7 défaites, championne du monde WBF des super-légers, un palmarès à en tomber par terre. Elle sera opposé à Karina Kopinska (11 victoires dont 3 par KO, 4 nuls,  28 défaites), une boxeuse polonaise vierge de tout palmarès. En route pour un combat face à Estelle Mossely, Dellal remet les gants pour se préparer à sa future confrontation.

C'est parti pour 6 rounds de 2 minutes. Forte sur ses appuis, Myriam Dellal mène la danse et montre son expérience du haut niveau. Mais pour autant Kopinska ne se laisse pas faire et offre une belle résistance face à son aînée. Les coups s'échangent, on assiste à un match de boxe animé, un vrai spectacle. Pendant que Dellal mène la danse sur les trois premiers rounds, Kopinska arrive à empocher de précieux points lors de la cinquième reprise. Les deux femmes n'arrivent pas à se départager, au grand bonheur du public sur place qui est ravi de la prestation proposée. On connaissait déjà la résistance de Myriam, souvent confrontée à la décision aux points pour déterminer le sort de ses rencontres. Et bien ce fut de nouveau le cas.

Alors que tout semblait joué pour Myriam Dellal, et cela ne faisait aucun doute pour personne dans le public et les personnalités présentes ce soir, Karina Kopinska remporte le match aux points suite à une décision majoritaire des juges. Après la rencontre Myriam Dellal était dégoûtée mais pas abattue : “Je trouve la décision des juges un peu injuste et me sens volée. Mais c'est indiscutable et cela fait partie des aléas de la boxe. Ce n'est ni la première, ni la dernière fois que ça m'arrivera.”. Maintenant, il faut oublier cette soirée et penser à la prochaine échéance à venir.

Zakaria Azzouzi s'est fait Tronché la face en un round

Dernier match de la soirée et pas des moindres, le championnat de France de la catégorie poids lourds. Zakaria Azzouzi (14 victoires dont 10 par KO, 2 nuls, 3 défaites), challenger numéro 1, est venu concourir pour la ceinture de champion de France de Raphaël Tronché (11 victoires dont 6 par KO). Match phare, il était attendu avec beaucoup d'impatience. Il devra se jouer sur 10 rounds de 3 minutes.

Mais ce fut le match le plus rapide de la soirée ! En seulement une minute et dix-sept secondes, Tronché fait tomber à terre Azzouzi deux fois et l'arbitre arrête la rencontre. Raphaël Tronché conserve son titre de champion de France. Après la rencontre, il y eut de petites tensions suite à des provocations entre les deux joueurs, mais qui fut court et sans grande intensité.

Zakaria Azzouzi, après le match, ne savait pas quoi répondre “Je suis dégouté. Raphaël m'a complètement dépassé en seulement un round. Je n'étais pas au meilleur de ma forme et par rapport à mes anciens combats, ce fut le jour et la nuit.” Il va désormais tenter d'oublier ce match et se focaliser sur ses deux prochains mois de préparation aux States avec son entraineur.

Raphaël Tronché, lui, n'a pas encore eu le temps de réaliser sa performance : “Je ne sais pas encore en penser, j'ai besoin de plus de recul pour donner un avis dessus, car tout est allé très vite. Le plus important c'est cette ceinture que je vais garder quelques mois de plus”. Maintenant, il ne reste plus qu'à décider du déroulement de la rencontre face à Tony Yoka, futur présumé adversaire du boxeur de Noisy-Le-Grand.

Peu de journalistes, pas de diffusion télévisée, mais un grand spectacle avec un Palais des Sports plein à craquer pour une soirée de boxe haute en couleurs et spectacle. Deux heures en loges VIP ont suivi pour discuter avec les joueurs et clore cette soirée vers 1h30 du matin. A refaire rapidement !

 

Crédit photo : Hélène LOGET pour MaCommune.info