Traditionnellement couru en juin, le Giro espoir se disputera cette année du 29 août au 5 septembre. Cette épreuve est reconnue comme l'une des épreuves majeures du calendrier cycliste espoir. À l'instar du Tour de l'Avenir en France, le ‘Baby Giro' révèle en effet, très régulièrement, de futurs grands.
Les coureurs à surveiller
Leader de l'équipe Groupama-FDJ, Moniquet aura comme objectif de faire un bon résultat au classement général. Entouré par des jeunes prometteurs comme Stewart ou encore Davy, le Belge aura donc les coéquipiers pour performer. Récent 8e du Tour de Savoie Mont-Blanc, il visera sur cette épreuve le podium final voire mieux. Toutefois, la concurrence sera rude sur ce Giro.
Très en vue la saison passée, le stagiaire du team Sunweb, Kevin Vermaerke, sera également au départ. Vainqueur de Liège-Bastonge-Liège espoir la saison dernière, le jeune Américain a fait de cette course l'un de ses objectifs majeurs de la saison. Avec l'annulation des mondiaux (pour le moment), le coureur californien aura à cœur de réussir ce qui sera probablement l'une de ses dernières courses en espoir.
Au départ d'Ubrino, on trouvera également des jeunes coureurs moins connus mais tout aussi talentueux. 9e la saison passée, Viktor Verschaeve sera également présent. Au sein de la formation Lotto-Soudal espoir, le jeune grimpeur belge sera bien entouré. À la recherche d'un billet pour l'échelon supérieur, il jouera gros sur cette édition du ‘Baby Giro'. Dirigée par Ivan Basso, la formation Kometa sera également très ambitieuse. Venue avec des coureurs peu connus mais pleins de talent comme Edu Perez Landaluce, la formation d'Alberto Contador sera une équipe à surveiller.
Du coté des sprinters, on surveillera de près la formation SEG. Venue avec David Dekker (3e au Samyn avant la coupure) et Jordi Meeus, l'équipe néerlandaise a de beaux arguments à faire valoir. Jordi Meeus est déjà un phénomène du cyclo-cross et aura l'occasion d'exposer son talent au monde entier sur la route du ‘Baby Giro'. Pour le team Colpack-Ballan, on regardera avec attention les performances de son sprinter Luca Rastelli.

Le parcours
Avec 8 étapes, le Baby Giro sera plus court d'une étape que ce qui était prévu à cause des conditions sanitaires. On notera également que ce parcours offrira tout de même au moins 3 sprints et ne comporte aucune épreuve contre la montre.

Tracée autour d'Urbino, la première étape semble promise aux sprinters. Toutefois, il semble peu probable que le peloton arrive groupé sur la ligne. Avec le circuit dessiné autour de la ville, il semble plus probable qu'un groupe d'une cinquantaine de coureurs se joue la victoire. En effet, avec son relief bosselé, ce circuit semble propice à ce qu'une première sélection se fasse avant le sprint.

La deuxième étape semble plus adaptée à une arrivée massive, avec une soixantaine de kilomètres entre la dernière ascension et la ligne d'arrivée. Il faudra toutefois être vigilant et bien contrôler les échappées qui pourraient se former dans le final.

De Riccione à Mordano, cette troisième étape sera elle aussi parfaitement adaptée aux sprinters. En effet, avec seulement 3 petites ascensions au programme, les coureurs vivront certainement une de leurs journées les moins difficiles. Longue de seulement 151,3 km, cette étape devrait permettre à une équipe déterminée de contrôler la course sans trop de soucis.

Reliant Sorga à Bolca, cette quatrième étape devrait être la première à avoir une influence sur le classement général. Si jusqu'ici les sprinters devraient pouvoir s'accrocher, cette journée pourrait changer la donne. Avec 4 ascensions répertoriées et une arrivée au sommet, on pourrait assister à la première explication entre costauds. Toutefois, la dernière ascension sera assez courte et semble plutôt adaptée aux punchers. Il est donc tout à fait possible que la bagarre ne se déclenche que plus tard dans la semaine. Dans ce cas, on pourrait alors assister à un sprint entre punchers dans un groupe d'une vingtaine de coureurs.

À l'instar de l'étape 3, cette étape semble promise aux sprinters. Il faudra tout de même faire attention à ne pas laisser d'échappée prendre trop de champ. En effet, après 4 jours de course plutôt éprouvants, il est possible qu'une échappée au long cours prenne les devants. Toutefois, cette étape étant l'avant dernière accessible aux sprinters, ceux-ci ne devraient pas vouloir laisser passer une si belle occasion.

Complètement plane, cette étape est tracée autour de Colico. Avec son circuit bordé par la mer, elle pourrait aussi s'avérer piégeuse. Toutefois, cette étape reste promise aux sprinters, du moins sur le papier. On peut donc envisager 2 possibilités pour cette étape : la première est une course folle qui changera profondément le visage du classement général, la seconde est une course calme qui se terminera par un sprint. Cette seconde option semble la plus probable. En effet, avec le programme particulièrement dense des deux dernières journées, il serait logique que les coureurs ne veuillent pas griller de cartouche sur cette étape.
La profil de cette avant dernière journée est simple : une première partie globalement descendante avant une ascension particulièrement difficile. Longue de 23 km à plus de 5 % de moyenne, cette montée finale pourrait faire de gros dégâts. La pente n'étant pas surréaliste, il pourrait être parfaitement plausible que la sélection se fasse bien plus par l'arrière que par l'avant. Toutefois, une telle longueur d'ascension pourrait, en cas d'attaque tôt dans la montée, créer des différences importantes. Malheureusement pour les attaquants, les 4 derniers kilomètres sont assez plats, et les écarts créés dans le début de l'ascension pourraient bien se niveler sur ce replat final.

Voici l'étape reine. Au programme le fameux Mortirolo, col mythique du Giro. Egalement constituée d'une montée finale vers Aprica et de deux ascensions de deuxième catégorie, cette étape est une vraie étape de haute montagne. Si la montée vers Aprica ne fera que peu de dégâts, le Mortirolo sera lui impitoyable. Long de 12,4 km à plus de 10 %, ce col a maintes fois fait basculer le Giro : il sera probablement le juge de paix de l'épreuve. Abordé par sa face la plus difficile, le Mortirolo n'offre aucun moment de répit. Dans le dur dès les premiers mètres de l'ascension, les coureurs auront face à eux un terrain parfait pour attaquer. Il faudra encore se montrer prudent dans sa descente qui, si l'on perd en lucidité dans la montée, pourrait devenir dangereuse.
Principale attraction du calendrier espoir, cette épreuve sera l'occasion de voir l'éclosion de futurs grands. Remporté par Vlasov en 2018, ce Baby Giro nous donnera sans doute de bonnes indications sur les coureurs à suivre dans les prochaines années.
photo en une : FG Photographic