Dix ans en arrière, Balotelli venait de remporter la Ligue des Champions avec l’Inter Milan et était annoncé comme le futur grand attaquant du football italien et mondial. Nous sommes actuellement en 2020 et Super Mario va sans aucun doute se faire licencier de Brescia, actuel bon dernier de Serie A. Sa mésaventure en terre lombarde est l’énième goutte d’eau qui fait déborder l’énième vase.
Un échec avant tout sportif
Le 18 août 2019, Balotelli s’engage avec Brescia. Le sulfureux attaquant italien est de retour au pays après une expérience de trois ans et demi chez le voisin français, à Nice puis à Marseille.
En ralliant Brescia, il retourne dans la ville de son enfance où tout a commencé. L’aspect sentimental a pesé dans la balance. Les Biancazzurri viennent de remporter la Serie B et donc d’être promu dans l’élite. Le club dispose de joueurs intéressants comme Donnarumma, meilleur buteur de Serie B (2018-2019) et surtout la pépite Tonali. Avec en plus une pression sportive et médiatique, relativement faible, l’environnement est idyllique pour Balotelli. De plus, porter le maillot de Brescia va être un regain d’énergie pour l’ancien mancunien. Tous les signaux sont alors au vert pour Mario Balotelli.
Dix mois plus tard, le bilan est beaucoup plus glaçant. Après avoir purgé sa suspension du début de saison, Balotelli est tout de suite installé dans le onze titulaire aux côtés de Donnarumma à la pointe de l’attaque. Et rapidement, l’international Italien déçoit. Son rendement est faible, il montre très peu d’envie et son apport, technique et physique, est inexistant. Il n’est pas rare de voir le stade Mario Rigamonti siffler son numéro 45. En 19 matches disputés, il inscrira cinq buts. Son seul fait d’armes est ce but de la victoire contre la Spal (1-0). Sportivement, la saison de Balotelli frôle le ridicule pour un joueur censé être le leader de cette équipe.
Le bras de fer Cellino-Balotelli
Sa relation avec le président du club Massimo Cellino s’est dégradée semaines après semaines. Les rapports entre ces deux fortes personnalités ont rapidement été difficiles. En novembre dernier, Cellino déclarait: «Que se passe-t-il avec Balotelli ? Il se passe qu’il est noir. Il travaille pour s’éclaircir, mais il a des difficultés». Si ce dernier s’est excusé ensuite en expliquant que c’était une «blague», il est clair que ces propos racistes ont certainement touché l’attaquant lombard.
C’est lors du confinement que le divorce s’est scellé entre les deux hommes. Durant cette période Brescia (comme tous les clubs) transmet à ses joueurs un programme de remise en forme à la maison. Un programme respecté par la majorité sauf Balotelli. Il aurait même manqué de nombreuses séances en visioconférence (certes facultatives). A la reprise des entraînements, sa condition physique est mauvaise. Le natif de Palermo se permet même de manquer certains entraînements. Il va ensuite démentir sur Instagram, puis expliquer qu’il était malade.
Agacé, Massimo Cellino met alors tout en œuvre pour se séparer de son attaquant. Le président lombard avec l’aide de son équipe d’avocats, lui transmet une lettre de licenciement pour «absences répétées». Une rupture consensuelle que pour le moment Balotelli refuse. S'il y a licenciement, alors Super Mario espère obtenir une indemnisation d’environ 400 000 €, mais Brescia refuse. En premier lieu, le numéro 45 souhaite terminer la saison en Lombardie, puis ensuite partir de manière libre lors du prochain mercato. D’autant plus qu’il existe une clause dans son contrat prévue à cet effet. Celle-ci explique qu’en cas de relégation (Brescia est actuellement dernier), alors Balotelli a la possibilité de quitter le club de manière libre.
Mardi 9 juin dernier, Balotelli s’est pointé au centre Torbole, mais son accès a été refusé . Le motif officiel donné par le club est que son arrêt maladie n’était pas encore terminé et donc qu’il ne pouvait pas s’entraîner, faute d’être assuré en cas de blessure. Une raison administrative que Super Mario a critiqué sur ses réseaux sociaux : «Et après ils disent que je ne veux pas m’entraîner».
Le divorce est tout proche entre Balotelli et Brescia. Reste à savoir si celui-ci se clôturera à l’amiable ou bien devant les tribunaux.
Le début de la fin?
Les opportunités se font plus rares et sont moins attrayantes pour Balotelli qui approche la trentaine. Son avenir se dessine sûrement loin du Vieux Continent. Le Brésil reste l’hypothèse la plus plausible notamment Flamengo, club qu’il avait refusé l’été dernier pour rallier Brescia. Les Etats-Unis sont aussi une destination envisageable pour le finaliste de l’Euro 2012. Ces dernières semaines, des rumeurs circulaient sur sa possible venue à Monza, fraîchement promu en Serie B. Mais Adriano Galliani, l’actuel directeur sportif, a démenti : «J’aime Mario mais nous ne le prendrons pas».
Plus convoqué en sélection depuis septembre 2018, l’ancien Interiste voit la tunique azzurra s’éloigner peu à peu. Avec l’Euro dans un an, il n’a plus le droit au faux pas. La chance qu’il dispose est que le sélectionneur se nomme Roberto Mancini. Ce dernier est son protecteur, lui qui l’a lancé dans le grand bain avec l’Inter. Mais le sélectionneur italien reste exigeant avec son poulain «Il doit essayer de faire plus, car pour le moment, c’est insuffisant». Une déclaration qui date d’avril dernier.
Néanmoins, il ne faut pas enterrer Super Mario et ce cauchemar dans la ville de son enfance doit lui servir d’électrochoc. Comme l’a si bien expliqué l’entraîneur de Brescia, Diego Lopez : «Balotelli est le seul patron de son destin».