Bernardo Silva, de Petit Messi à Grand Bernardo

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Ligue 1

Parti de Monaco cet été pour 50 millions d’euros, Bernardo Silva, 23 ans, surnommé “Messizinho” petit, s’acclimate peu à peu aux exigences de Pep Guardiola et de Manchester City. Itinéraire d’un talent aussi discret qu’impressionnant.

Benfiquiste pour la vie

Bernardo naît en 1994 à Lisbonne, dès l’âge de 8 ans il intègre l’académie du Benfica Lisbonne, son club de cœur, grâce à Helena Costa (éphémère entraîneuse de Clermont en 2014) à l’époque entraîneuse des jeunes du Benfica. Il est déjà le meilleur de sa génération en dépit de sa petite taille. Les années passent, Bernardo progresse toujours plus, son pied gauche continue d’émerveiller les catégories de jeunes, néanmoins, le passage réserve-équipe A ne s’effectue pas, le petit portugais étant pourtant auréolé du titre de meilleur joueur de deuxième division portugaise.

A l’aube de la saison 2014-2015, Bernardo Silva n’a pas le choix, il doit partir car Jorge Jésus ne le voit pas comme un potentiel grand joueur, le faisant même rentrer latéral gauche. C’est là que Jorge Mendes rentre en action en proposant au petit moustachu la Principauté comme future destination.

Petit prince sur le Rocher

Convaincu par le projet monégasque, Bernardo débarque dans l’anonymat à la Turbie sous l’impulsion de Luis Campos et de Leonardo Jardim fraîchement intronisé à la tête du club. Bernardo n’est pas dépaysé par la grande communauté lusophone présente à Monaco et rapidement les Ricardo Carvalho, Moutinho ou Fabinho le prennent sous leur aile. Bien couvé et encadré par ces aînés, Messizinho ( surnom donné par Fernando Chalana, légende du Benfica) décide un soir de Ligue de Champions face à Leverkusen de montrer toute l’étendue de son talent en 33 minutes. Conduite de balle, dribbles, intelligence de jeu, tout est là. Les prestations s’enchaînent et une nouvelle prestation aboutie face à Marseille avec l’unique but du match à son actif finit de confirmer son potentiel à Vadim Vasilyev.

Crédit photo / Sports90

Un mois plus tard, Monaco lève l’option d’achat, 15,75 millions d’euros, beaucoup pour certains observateurs, pas assez au vu du potentiel et des qualités démontrés par le petit moustachu. S’en suit un quart de finale de Ligue des Champions et une fin de championnat exceptionnelle, 6 buts et 2 passes décisives pour les 6 derniers matchs de la saison et une troisième place solide pour l’AS Monaco.

Une finale d’Euro Espoirs perdue plus tard, Bernardo Silva débarque en plein derby pour offrir la victoire à Monaco dans le match inaugural de la saison 2015/2016, une rentrée sans doute trop prématurée car sans véritable préparation, le Portugais effectuera une saison en demi-teinte malgré 7 buts et 1 passes en L1.

Du Messi dans le texte

Bernardo est un véritable artiste, un joueur qui pense avant les autres. Très intelligent sur et en dehors du terrain (Bernardo a étudié dans une école anglaise à Lisbonne et était en licence d’économie des affaires avant de partir à Monaco) il est très discret et n’aime pas faire parler de lui. Très attachant, Bernardo est reconnu pour son pied gauche hors norme, ses dribbles, ses feintes et une qualité de passe au-dessus de la moyenne, Messizinho transpire le foot et sa petite taille lui a forgé un mental d’acier. (La 36ème seconde est fabuleuse)

Joyau de la couronne

Après avoir loupé l’Euro victorieux du Portugal à cause d’une blessure à la cuisse, il effectue toute la préparation d’avant-saison avec l’ASM. Sa saison début tambour battant avec un nul arraché face à Guingamp dont il sera le héros avec un but et une passe décisive puis 5 jours plus tard sur la pelouse de Villareal où il marquera le but de la victoire en solitaire. Bernardo Silva n’est peut être pas décisif à tous les matchs mais son empreinte dans le jeu de son équipe est indélébile et l’AS Monaco n’est plus le même dans son génie portugais.

Cependant, une qualité ressort chez Bernardo, c’est sa capacité à être présent dans les grands matchs, notamment en Ligue des Champions dans des placements périlleux en Russie ou à Wembley, mais aussi face aux gros de L1, avec une double confrontation énorme face à l’OM (Des nouvelles d’Alessandrini ?), Lyon et surtout sur la pelouse du PSG où ce jour là c’était lui le Prince du Parc, une égalisation méritée et arraché à la 92ème minute après une prestation individuelle et collective parfaite. Nommé dans l’équipe type de L1, meilleur joueur monégasque, nommé pour le titre de meilleur joueur de la saison, Bernardo Silva aura disputé 58 matchs, marqué 11 buts et 12 passes décisives dont 11 en L1.

 

 

En quête d’un nouveau royaume

Le 26 mai 2017, Bernardo quitte une L1 devenue trop petite pour son talent en ralliant le Manchester City de Pep Guardiola. Un choix évident tant le coach espagnol a fait la cour au natif de Lisbonne. Logique également pour grandir dans une philosophie de jeu qui lui ressemble et auquel ses qualités sont prédestinées. Parfait doublon d’un autre Silva, David, le Portugais a connu une première partie de saison satisfaisante même si les observateurs aiment s’accorder à dire le contraire du fait de sa non-présence dans le onze type de Guardiola. Et bien détrompez-vous, Bernardo est le joueur le plus utilisé en terme de matchs disputés à Manchester City. Il est également décisif toutes les 142 minutes avec 3 but et 6 passes décisives dont 4 en championnat, pas mal pour un joueur qui découvre la Premier League non ?

https://twitter.com/yusufdejavu/status/943222816597356544

Tenu en très haute en estime par un Pep qui ne cesse de louer ces qualités et son intelligence, précisant que c’est un rêve pour tout entraineur de posséder un joueur comme Bernardo dans son effectif notamment pour son attitude. Le technicien espagnol rappelant que devant l’ancien monégasque ce sont David Silva et De Bruyne actuellement 2 des 5 meilleurs milieux d’Europe. Guardiola sait qu’il a un joyau à disposition et que son heure viendra, il lui laisse tout son temps pour s’acclimater à la Premier League car cette deuxième partie de saison pourrait devenir celle de Bernardo, l’accumulation des matchs, le titre en championnat et la Ligue des Champions vont lui permettre de tirer son épingle du jeu et d’accumuler des titularisations, idéal à six mois d’une Coupe du Monde qu’il ne compte pas louper cette fois-ci.

Bernardo Silva est un joueur attachant et élégant à voir jouer. Chouchou des supporters, il n’hésite pas à faire un live Facebook pour dire au revoir aux fans de Monaco, maillot Rouge et Blanc sur les épaules. Joueur discret mais tellement important, Bernardo est un des rares joueurs à inventer en permanence, son impact sur un terrain se mesure en regardant son match, pas sa ligne de stats. Avec Guardiola en professeur, le bon élève Bernardo a de bonnes chances de terminer premier de la classe. Après avoir été le Prince du Rocher, sera-t-il le nouveau Roi d’Angleterre ?

Corentin Braz (@Corentin_Bjr)

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