F1

Ces GP qui ont décidé d’un titre

Après une saison d'une intensité rare, Lewis Hamilton et Max Verstappen sont à égalité de points avant d'entamer dimanche le dernier Grand Prix de la saison 2021. L'occasion pour We Sport de se remémorer des grands prix décisifs qui sont restés gravés à jamais dans l'histoire de la Formule 1

1950 : première cruelle

Championnat du monde 1950 : Juan Manuel Fangio est déjà au sommet de son art et leader du championnat avant d'aborder la dernière course de la saison : le Grand Prix d'Italie 1950 à Monza. L'argentin doit simplement terminer aux deux premières places ou finir troisième à condition de marquer le point du meilleur tour en course. Ce point, Fangio va le récupérer, mais ce sera le seul qu'il ramènera d'Italie. Au 22e des 80 tours que comporte la course, Fangio est second après l'abandon d'Ascari et virtuellement champion. Deux tours plus tard, sa voiture connaît un problème de boîte de vitesses, il doit renoncer.

Alfa Romeo veut tout de même lui offrir le titre, mais Taruffi sont coéquipier lui laisse sa monoplace pour reprendre la piste et tenter d'accrocher le premier championnat de l'histoire… jusqu'au 35e tour où cette voiture vient aussi à casser, le moteur cette fois. Fangio est battu, Giuseppe Farina, vainqueur à domicile, est le premier champion du monde de Formule 1.

Suzuka 1976 : l'abandon de Lauda

1976 restera à jamais l'une des saisons les plus folles de l'histoire de la Formule 1. Après son terrible et non moins légendaire accident lors du GP d'Allemagne, Niki Lauda ne compte plus que trois points d'avance à l'aube du dernier GP de la saison à Suzuka. Sous des trombes d'eau et certainement encore marqué par son accident, Lauda prend la décision d'arrêter la course dès le deuxième tour, jugeant la course trop dangereuse et laissant le titre à son plus grand rival : James Hunt.

Les madeleines de Prost (1983-1984-1986-1988)

Alain Prost est un spécialiste des titres mondiaux qui se jouent sur la dernière course, pas forcément toujours à son avantage. Premier acte en 1984. Niki Lauda domine le championnat du monde à deux courses du terme. Hors du coup sur le nouveau tracé du Nürburgring, il voit le français Alain Prost lui revenir à 3,5 points alors qu'arrive le Grand Prix du Portugal à Estoril. Prost est dominateur et prend la tête de la course dès le 10e tour pendant que Lauda auteur d'une belle remontée est virtuellement troisième et perd donc son titre de champion du monde. Au 52e des 70 tours, l'Autrichien voit la chance lui sourire lorsque Mansell, victime d'un problème de frein, tire tout droit et droit repasser aux stands. Lauda passe deuxième et devient champion du monde.

Adélaïde 1986 est considéré comme l'une si ce n'est la plus grande course de l'histoire. Prost est relégué à 6 longueurs de Mansell avant la dernière course (une victoire rapportait alors 9 points.) Après une crevaison, des stratégies dans tous les sens et des conditions météorologiques apocalyptiques en plus de pneus Goodyear incapables de tenir la route, Mansell crève au 62e tour. Piquet s'oblige à s'arrêter dans la foulée et revient comme une fusée sur Prost, le Français résistera jusqu'à la ligne pour s'offrir son deuxième titre consécutif et une certaine vengeance par rapport à 1983 où le français avait du dire adieu au titre mondial à cause de l'explosion d'une soupape de sa voiture.

En 1988, Prost et Senna font cavaliers seuls tout au longs de la saison, se partageant les deux premières places. L'avantage est toutefois au brésilien qui profite du système de classement qui enlève les 5 moins bonnes performances de la saison afin de lui donner le titre mondial malgré la victoire de Prost lors de la dernière course à Adélaïde.

Les collisions du Baron (94-97)

Michael Schumacher n'aura pas gardé de grands souvenirs des courses de fin de saison où le titre était en jeu. D'abord en 1994, une nouvelle fois sur le tracé d'Adélaïde. Un seul point sépare le Baron Rouge de Damon Hill au classement du championnat. Au 35e tour du Grand Prix, Schumacher perd le contrôle de sa Benetton-Ford, touche le mur et revient en piste juste devant Hill qui tente alors de le dépasser. Le reste appartient à l'histoire, Schumacher se rabat sur Hill, casse la suspension de la Williams et termine sa course dans le mur de pneus. Double abandon. Schumi est champion du monde.

Trois ans plus tard à Jerez, le scénario est similaire voire encore plus fou. Lors de la qualification, trois pilotes signent le même temps : Villeneuve, Schumacher et Frentzen. Villeneuve s'élance en pôle étant le premier à avoir réussi ce temps. Schumacher possède de nouveau un point d'avance et le scénario de 1994 semble pouvoir se répéter, mais la FIA avertit de lourdes sanctions au cas où le titre se jouerait sur un accident. Malgré les menaces, Schumacher touche Villeneuve dans le tour 47 lorsque le Canadien tente un dépassement dans l'épingle, l'Allemand termine dans le bac à graviers. Il sera disqualifié par la suite du championnat pour avoir tenté de remporter le championnat comme en 1994, sans pour autant perdre le gain de ses pôles, victoires et podiums.

Interlagos 2007 – 2008 : Irrespirable Amazone 

En 2006, Interlagos devient le théâtre de la clôture du championnat du monde de Formule 1. Si la première édition en tant que course de clôture n'offre aucun suspense, Fernando Alonso étant déjà titré à bord de sa Renault R26, les éditions 2007 et 2008 ont marqué à jamais l'histoire de la Formule 1.

En 2007, trois pilotes sont au coude-à-coude à l'amorce du Grand Prix à São Paulo. Kimi Räikkönen compte 100 points, Fernando Alonso 103 et Lewis Hamilton, nouveau prodige de la Formule 1 en compte 107 et semble pouvoir toucher au Graal dès sa première saison. Mais depuis l'affaire d'espionnage impliquant McLaren-Mercedes, la performance des voitures d'Alonso et Hamilton diminuent. Hors du coup, Hamilton ne peut pas rivaliser et ne termine que 7e de la course. Alonso, en passe du triplé est incapable de rivaliser avec les Ferrari au-dessus du lot et termine troisième. C'est alors le pilote moins bien classé avant la course, le Finlandais, Kimi Räikkönen qui devient champion du monde 2007.

2008 est encore plus dingue, mais avec des prétendants différents, mais toujours un duel Ferrari – McLaren. À domicile, Felipe Massa et ses 87 points va tenter de ravir le titre à Lewis Hamilton et ses 94 points. Pour cela, Massa doit gagner et Hamilton ne doit pas être dans le top 5. Les conditions météo sont très changeantes et la pluie est menaçante. Hamilton, parti 4e se retrouve 6e à l'entame du dernier tour, dépassé par Sebastian Vettel pour la 5e place. Tous les pilotes sont en pneus intermédiaire sauf Timo Glock alors 4e. Mais dans le dernier tour, alors que Massa vient de franchir la ligne et fait exulter tout un pays, Hamilton dépasse un Glock en perdition dans la remontée vers la ligne d'arrivée et devient champion du monde pour l'une des images les plus fortes de l'histoire. La douche froide.

Abu Dabi : des journées en enfer

En 2010, malgré une Red Bull dominante, Fernando Alonso est en course pour le titre avec sa Ferrari face à Vettel, il mène au championnat avec 15 points d'avance, de quoi lui permettre d'être champion en cas de top 4. Au quinzième tour, le titre va basculer lorsque Fernando Alonso s'arrête au stand. Il ressort 11e derrière Vitaly Petrov. Le pilote Renault va alors maintenir pendant 40 tours le double champion du monde espagnol dans ses échappements et lui coûter le titre mondial. Une journée en enfer pour Alonso.

En 2016, le scénario est assez similaire entre Hamilton et Rosberg, les deux coéquipiers de chez Mercedes. A défaut d'avoir un Petrov dans la grille, Lewis Hamilton va tenter coute que coute de ralentir la course afin que les concurrents reviennent sur Rosberg, deuxième pour qu'il puisse être dépassé et que le britannique s'adjuge une nouvelle couronne mondiale. L'Allemand resistera à tous les assaut, s'offrira un titre avant de prendre sa retraite, en déclarant qu'il avait vécu l'enfer à Abu Dabi.

Enfer, collission, blocage derrière un pilote sorti de nulle part, les scénarios sont nombreux, de quoi nous donner encore plus envie d'être demain 14h pour le duel entre Max Verstappen et Lewis Hamilton.

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