De Nancy à Laval, Chris Malonga a laissé son empreinte dans les divers clubs où il a évolué. Plus de 250 matchs professionnels à son actif, 37 buts inscrits, le milieu de terrain a connu les belles années Nancéiennes ! L'international Congolais nous raconte son parcours ainsi que les moments marquants de sa carrière. 

 

Quand et comment avez-vous commencé le football ?

J’ai commencé à l’âge de 4 ans, un an avant l’âge requis, dans un petit club à côté d’Auxerre qui s’appelle Migennes. J’ai voulu suivre l’exemple de mon frère qui jouait au foot, j’ai suivi le pas.

 

Pourquoi ce poste de milieu offensif ?

Je pense que comme tout footballeur j’ai commencé devant, mais c’est en arrivant à Auxerre en U13 que ça a changé. L’équipe jouait en 4-3-3 et on avait pas mal de gauchers, le coach a préféré me mettre dans le 3 du milieu et non devant. A partir de ce moment-là j’ai commencé à alterner entre devant-milieu et au final je suis resté milieu de terrain.

 

Que retenez-vous de votre formation et de votre passage à l’AS Nancy-Lorraine ?

Pour moi Nancy c’est le début de l’aventure, c’est là où je suis devenu un homme. J’ai tout appris là-bas, que ce soit dans la vie sportive ou la vie quotidienne. J’ai passé mon permis, j’ai signé mon premier contrat pro, Nancy c’est la maison, j’y ai fait 3 saisons. La première saison était très bonne sur le plan individuel et collectif car même si on manque la phase qualificative pour la ligue des Champions, ça reste une très bonne saison, ça reste d’ailleurs le meilleur classement du club après l’épopée d’un certain Michel Platini, c’est quand même pas mal (rires). La saison d’après est un peu plus compliquée avec une blessure notamment qui m’éloigne des terrains pendant pas mal de temps, et une troisième saison qui confirme la première ! Ce qui me donne l’opportunité de signer à Monaco.

 

Vous vous souvenez de votre premier but ?

Parfaitement ! C’était contre Auxerre à Picot en tout début de saison, troisième ou quatrième journée. Deuxième titularisation, il y a un centre qui vient de la droite, mal renvoyé par la défense, j’entre dans la surface, je fais un bon contrôle et reprise de volée ! J’ai la chance qu’elle parte au fond des filets.

 

2 saisons jouées à l’AS Monaco, première fois que vous connaissez une descente, quel est votre ressenti ?

C’est une saison compliquée. J’arrive à la 5 ou 6eme journée, petit à petit on commence à glisser. On comprend vite qu’on va se battre pour jouer le maintien mais on n’atteindra malheureusement pas cet objectif. La saison d’après était encore plus compliquée que la première, on n’avait pas forcément les arguments nécessaires pour monter car on avait un effectif jeune et inexpérimenté.

 

Vous avez connu divers pays et championnats, quelles sont les différences notables à relever ?

C’est une autre approche du football ! Lors de mes débuts en pro on avant des préparations athlétiques et à côté de ça on avait tout ce qui était ballon. Au Portugal, c’est tout en même temps, la partie physique ne se fait jamais sans ballon, toujours en rythme. Il n’y a pas de temps-morts. Pour l’anecdote, je me souviens d’un entraînement où on faisait un petit match, le ballon est sorti en touche et donc je m’arrête le temps d’aller chercher la balle pour faire la touche. Sauf qu’un joueur est passé très vite pour remettre le ballon en jeu, j’ai compris qu’il n’y avait pas de temps-morts et qu’on ne s’arrêtait pas ! C’est étrange quand on ne connait pas ça car en France on a plus tendance à jouer avec les temps-morts. Là-bas l’intensité physique domine mais cela n’enlève en rien la qualité du championnat. Le championnat Suisse se rapproche plus du championnat français dans le sens où c’est plus préparatoire, moins box to box.

 

Première convocation avec la sélection nationale, est ce qu’on s’y attend ? Comment l’avez-vous vécu ?

J’étais encore en équipe réserve à Nancy où ça se passait plutôt bien. Je reçois ce coup de fil de Noël Tosi (sélectionneur du Congo-Brazzaville du moment NDLR), j’étais assez surpris ! Je ne m’y attendais pas du tout en étant encore en équipe réserve. J’ai accepté directement, l’idée d’intégrer la sélection congolaise me trottait dans la tête depuis mon plus jeune âge. Ça s’est très bien passé, on gagne 3-1, je marque un but, je fais une passe décisive. Vraiment des débuts rêvés ! Puis en rentrant en France je rejoins le groupe pro de Nancy, tout s’est enchaîné assez rapidement.

 

Quel est votre beau souvenir de carrière ?

J’en ai deux, il y a le match contre Bordeaux à Nancy pour les 40 ans du club, on est deuxième on joue contre le troisième, on remporte ce match et on passe premier au classement. Je marque le but de la victoire, Platini était au stade, c’est un grand souvenir ! Bordeaux était coaché par Laurent Blanc. Le deuxième souvenir est plus général, c’est l’épopée de la qualification à la CAN 2015, ça faisait 15 ans que l’équipe nationale n’était pas retournée en phase finale de coupe d’Afrique. On s’y retrouve, on fait un beau parcours, c’est forcément un beau moment.

 

Vous n’êtes pas prolongé à Laval, pour quelles raisons ?

En arrivant au club j’avais signé 2 ans et lors de la trêve de la deuxième saison, je me blesse et je suis arrêté pour pas mal de temps. L’équipe se bat pour le maintien, c’est très compliqué donc au final le club n’a pas le temps de se consacrer aux cas personnels, c’est l’équipe en général. Il y a la déception de la descente, il y a de nouveaux dirigeants qui arrivent au club, je reviens de blessure. Tous ces éléments pris en compte font que nos chemins se sont séparés à ce moment-là.

 

Après ça on vous annonçait en Turquie

Un vrai faux transfert ! Un intermédiaire turc me contacte pour le club de Samsunspor, je prends les informations auprès d’un ami qui venait de terminer son contrat là-bas qui m’en a dit le plus grand bien. Je donne mon accord, le directeur du club prend directement contact avec moi, me fait parvenir mon contrat. J’accepte. A ce moment-là c’est le début d’une période de fête dans le pays, il me dit donc qu’il allait organiser mon voyage pour la semaine d’après et me ferait parvenir mon ticket d’avion. Aujourd’hui j’attends encore son billet (rires). Je n’ai vraiment pas compris, j’ai essayé de relancer mais sans réponse de leur part (rires). J’ai su par la suite que beaucoup de joueurs avaient quitté le club à la trêve, je pense que l’échec du transfert est donc un mal pour un bien !

 

Depuis sans club, quel est votre état d’esprit ?

Toujours la même envie ! Je travaille avec un préparateur physique et me tiens prêt pour un éventuel projet qui se présenterait à moi.

 

Âgé de 31 ans, Chris Malonga est aujourd'hui à la recherche d'un nouveau projet sportif. Toute l'équipe de WeSportFR le remercie pour sa disponibilité et sa gentillesse, et nous lui souhaitons une très bonne continuation.

Photo Une : laval-maville