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Entretien avec Le Règlement : “La génération NT1 était folle”

Le Règlement Catch

Normalement habitué aux analyses de morceaux de rap sur sa chaîne YouTube et de l'anime Trigun, Le Règlement sort de sa zone de confort pour venir nous parler de catch chez We Sport. Ses débuts en tant que fan, ses souvenirs mémorables de Jeff Hardy en passant par les liens entre catch et rap, voici ce que vous réserve cette interview exclusive. 

We Sport : Tout d’abord, comment t’es tu intéressé au catch ? Avec quelle génération télé as-tu grandi ? Est-ce par le biais d’amis, par hasard, en zappant à la télé ou sur internet ?  

Le Règlement : Quand j'étais petit, j'avais déjà regardé des matchs avec Bret Hart, ça devait être sur Canal+, mais c'était chez quelqu'un qui me gardait. Par contre quand je me suis vraiment mis dedans, c'était NT1 grâce à mes petits frères qui sont vraiment fans même encore aujourd'hui. Donc je regardais ça avec eux après le travail, SmackDown, Raw. J'ai direct accroché grâce aux commentaires de Christophe Agius et Philippe Cherreau parce que c'était super drôle. Cela nous faisait une activité commune avec mes frères. Ensuite, je trouvais ça vraiment divertissant et quand tu t'intéresses un peu et que tu connais les personnages ça devient ultime, c'était trop bien. La génération était folle à cette époque-là.

WS : Dans cette génération TV, quel(s) catcheur(s) ou catcheuse(s) t’a fait accrocher au spectacle ? 

LR : Il y en a beaucoup mais le principal c'est Jeff Hardy. Après, il y a Shawn Michaels que j'ai beaucoup aimé même s'il était déjà à l'ancienne à l'époque. De la même génération, comme tout le monde, l'Undertaker. Puis, j'étais surtout voltigeur, donc tous les Rey Mysterio, John Morrison, ce type de mecs-là. Puis, tous les gros noms de l'époque, Edge, Batista, John Cena, Triple H, CM Punk, tout ça c'était ma came.

WS : Jouais-tu aux jeux vidéo WWE ? Est-ce que ça a été un facteur d’accroche ?

LR : Mes frères jouaient sur la PlayStation. J'y jouais un peu, mais comme ils jouaient tout le temps, je me faisais éclater, donc je n'ai pas persévéré dans cette voie.

WS : As-tu un grand souvenir de fan ?  

LR : Le retour de John Cena au Royal Rumble 2008 que j'ai repris dans une vidéo, mais qui s'est fait ban malheureusement. C'était vraiment un de mes meilleurs moments de fan car je l'ai découvert sur le moment. Sinon, en tant que match, mon préféré c'est Jeff Hardy contre Umaga (à Raw). Randy Orton est dehors, et Jeff Hardy fait un Whisper in the Wind sur Umaga du haut de la cage. À ce moment là j'étais vraiment estomaqué, je me suis dit : “Quoi ?!”. Je n'en revenais pas de ce qu'il venait de faire. L'arc Randy Orton contre Jeff Hardy pour moi c'était le meilleur. Un autre match classique pour moi, Shawn Michaels contre Ric Flair à WrestleMania 24 pour la retraite de Ric Flair. La fin où Michaels dit “I'm sorry, I love you” et qu'il lui met le Sweet Chin Music était incroyable.

WS : T’intéresses-tu encore au catch de près ou de loin ? 

LR : Je m'y intéresse moins qu'avant. À une époque j'étais vraiment passionné, je regardais tout. Maintenant, quand je suis avec mes frères, je regarde avec eux. Je connais moins la nouvelle génération, du coup je suis content quand je vois des anciennes têtes. Puis, les deux dernières années sans public, faisait perdre son sens au catch. Par contre quand je peux, je me déplace pour voir du catch en vrai. Alors je n'ai jamais vu WWE en France, mais des trucs moins qualitatifs. Cependant, j'ai déjà vu WWE aux États-Unis. Je suis allé voir des fédérations un peu plus underground aux USA aussi et du catch mexicain au Japon. Cela peut paraitre bizarre, mais les Japonais sont fans de catch mexicain. La fédération que j'étais allé voir ne proposait que du catch Lucha Libre avec que des voltigeurs et aucun mec baraqué.

WS : Regardes-tu seulement WWE (NXT compris) ou le circuit indépendant également notamment avec AEW qui commence à se faire une vraie place dans le paysage catch ? 

LR : À la télé, j'ai surtout vu WWE, à part quand Jeff Hardy était à la TNA où je regardais TNA. Toutefois, comme je l'ai dit, j'essayais de voir d'autres compagnies underground. Je suis allé à Oakland notamment pour regarder Hoodslam. Là-bas, c'est plus trash. On est dans une sorte de grand bar et les mecs descendent du ring et ils se frappent dans le bar. Ce n'est pas pour les enfants. Par exemple, ils sniffent de la fausse coke, c'est quelque chose de vraiment plus trash.

WS : Dans tes vidéos, tu places parfois quelques extraits WWE comme sur ta vidéo d’analyse sur “Perdu d’avance d’Orelsan” où tu débutes sur No Way Out 2009 et la victoire d’Edge. Est-ce que ça peut devenir un sujet de vidéo surtout que la scène musicale catch commence à s’ouvrir au hip-hop avec Snoop Dogg, Josiah Wiliams, Bad Bunny ? 

LR : Disons que le gros problème, ce sont les droits d'auteur. Je me suis quand même fait ban une vidéo pour dix secondes détournées de Cena. Donc je pense qu'au niveau vidéo, cela serait vraiment limitant de ne pas pouvoir mettre d'extrait. Parce que si j'ai envie de faire une vidéo sur le catch, j'aimerais mettre un Swantomb Bomb de Jeff Hardy, ou Edge. Si c'est pour parler sur quelques photos, c'est beaucoup moins bien.  Après au niveau du rap qui parle de catch, il n'en a pas non plus énormément. Il y a quelques apparitions comme Snoop Dogg, le rap de John Cena, et certains rappeurs, même francophones, qui parlent de catch, mais c'est quand même assez rare. En tête, j'ai Hamza qui cite John Cena, Lorenzo aussi. C'est pas l'envie qui me manque mais disons que ce serait compliqué à réaliser.

WS : Est-ce que quand tu vois ce genre d’artiste lié au milieu du catch, ça te donne plus envie de regarder ou ça ne change rien ?

LR : Ah non, je regarde avant tout pour le catch. J'ai vu beaucoup de WrestleMania, peu importe le groupe qui jouait au début. Je prends ça comme des bonus. Si tu as Snoop Dogg, c'est grave cool, mais au final je regarde pour les matchs. Sous Covid, je ne regardais pas car il n'y avait pas de public. Je trouve que le type de public influe vachement sur le show. Par exemple, dans des pays latins comme le Mexique où la foule est méga chaude, c'est la folie.

Au contraire du Japon comme je te l'ai dit où c'est quasiment le même catch, mais les Japonais sont très respectueux. Ils n'osent pas insulter les catcheurs. Du coup, avec mes potes français, on était les seuls à les insulter. Les Japonais applaudissaient et se taisaient. Ce n'est pas la bonne ambiance je trouve. Le but, c'est de provoquer des réactions ! Sans ça, c'est la moitié du catch qui disparait.  

WS : Ne trouves-tu pas que le catch et le rap se ressemblent beaucoup même si la vocation artistique n’a pas la même forme ? On retrouve l'utilisation de personnages. Les promos des catcheurs sont souvent égotrips ou sentimentales et se rapprochent des textes de rap, les deux possèdent une forme de violence, ils sont très proches du public etc. Est-ce qu’il n’a pas un pont à faire entre ces deux milieux ?  

LR : Si clairement, c'est du divertissement. Un rappeur ou un catcheur globalement, c'est un personnage qui part d'une base réelle poussée. Elle devient cool grâce à ses particularités. En rap, ce seront la technique, le flow et les instrus. En catch, ce seront des prises et une manière de jouer avec le public. Après, le rap en France est devenu grand public, ce qui n'est pas le cas du catch. Tandis qu'aux US, ce sont des superstars, ils passent très facilement au cinéma par exemple. Tant que les deux disciplines ne sont pas au même niveau de popularité en France, ça me parait compliqué. Alors qu'aux États-Unis, un feat Snoop Dogg/Cena ne me surprendrait pas.

Merci au Règlement de nous avoir accordé son temps pour discuter catch. En attendant la suite de la route vers SummerSlam vous pouvez aller consulter les meilleurs moments des anciens plus gros shows de l'été sur notre site. 

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