Entrez dans la surface #11 – Le football au féminin

Crédit : FFF

Pour les footeux qui s’ignorent ou les footix en devenir.

Grande nouvelle pour la médiatisation du football féminin. Pour la première fois, Canal + a diffusé un match entre deux équipes féminines en prime time, soit le dimanche soir. Le groupe a profité de la trêve internationale masculine pour diffuser le choc de la dixième journée de Division 1, qui s’est déroulé au stade Jean-Bouin (Paris). Stéphane Guy et Aline Riera, ancienne internationale française ont commenté le match pour les 462 000 spectateurs, en moyenne. Les deux équipes se sont finalement séparées sur un match nul 1-1. Profitons donc de ce “classique” français pour revenir sur la Division 1, le championnat français de football féminin, qui regroupe 12 équipes.

Le PSG est parvenu à mettre fin à la série d’invincibilité entamée par l’OL depuis le début de saison, avec treize matchs remportés, toutes compétitions confondues. Les femmes de Reynald Pedros conservent deux points d’avance sur leurs poursuivantes parisiennes, avec 28 points.

L’expertise à la lyonnaise

L’OL a la main mise sur le championnat français depuis maintenant 2010. Cet écart entre le club rhodanien et les autres est particulièrement visible au classement puisque le duo de tête a plus de dix points d’avance sur le Paris Football Club (PFC), troisième, et plus de 25 sur Rodez, dernier.

Si l’OL n’a perdu que deux matchs en championnat depuis 2010, en mars 2010 contre Juvisy (2-0) et en 2014 contre le PSG (1-0), c’est parce que Jean-Michel Aulas, le président de l’OL, s’est donné les moyens.

Depuis 2004, le président lyonnais a misé sur la section féminine. Pour cela, il a racheté l’équipe du Lyon FC en l’intégrant à son club, tout en imposant à la Fédération française de football (FFF) de leur créer une convention, puisqu’elles n’avaient pas de statut auparavant. S’ajoute à cela l’attraction de joueuses internationales, comme l’américaine Hope Solo lors de la saison 2004-2005.

En 2017, c’est Alex Morgan qui rejoint le club pour six mois, faisant par la même occasion la promotion de la Division 1. Et pour être certain d’attirer des joueuses, Jean-Michel Aulas n’hésite pas à doubler leurs salaire, par rapport à leurs concurrentes. Certaines footballeuses peuvent ainsi désormais gagner jusqu’à 30 000€ par mois.

 

Afin de rester une des équipes leaders d’Europe, le club a décidé de mettre en place en 2016 un centre de formation pour les jeunes joueuses, qu’elles soient françaises ou non.

La stratégie du président lyonnais a bien fonctionné puisque les joueuses ont remporté douze championnats de France consécutifs depuis 2007 et cinq Ligues des champions, dont un triplé consécutif depuis 2016. En 2016 et 2018, le club a battu Wolfsburg en finale de la Ligue des champions. Puis elles se sont ensuite défait du PSG en 2017 pour soulever le trophée, après prolongations.

L’OL est désormais devenu l’un des grands représentants du football féminin à l’étranger, avec des têtes d’affiches comme la capitaine Wendy Renard, qui vient d’égaliser le nombre de matchs joués sous le maillot de l’OL de Camille Abily (326), ou Eugénie Le Sommer, meilleure buteuse du club (plus de 226).

Inspirant et inspiré

Le PSG lui aussi fait désormais concurrence aux Lyonnaises en championnat et en coupe d’Europe. Depuis l’arrivée des Qataris dans la capitale en 2011, le club a donné un statut professionnel à ses joueuses, qu’elle n’avait pas avant. Des figures amblématiques du club ont aussi émergé, comme Laure Boulleau, désormais à la retraite et consultante sur Canal + ou Jessica Houara d’Hommeaux (aussi ancienne Lyonnaise), elle aussi consultante sur les antennes de la chaîne privée.

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Mais si toutes ces récentes évolutions ont été possibles, c’est parce que Jean-Michel Aulas a suivi les pas de Louis Nicollin, ancien président de Montpellier, décédé en 2017. Au club depuis 1974, il a ouvert une section féminine en 2001, qui s’est conclu par deux championnats de France remportés en 2004 et 2005 et trois Coupes de France (anciennement Challenge de France), en 2006, 2007 et 2009. Le club n’a toutefois pas dépassé les demi-finales en coupe d’Europe, et n’a même plus participé à la compétition entre 2010 et 2017.

Conscient du projet montpelliérain, le président lyonnais a donc souhaité en faire de même, en attirant notamment des joueuses de ce club dans le Rhône. Si le projet sudiste avait manqué d’exposition médiatique, l’équipe lyonnaise est parfaitement en train de réussir.

Le football féminin prend d’ailleurs de plus en plus d’ampleur dans les médias puisque la D1 est maintenant diffusée sur Canal + Sport. Celle-ci pourrait encore s’accentuer si les Bleues font une bonne Coupe du monde à l’été 2019, qui se tiendra en France. Si les chaînes sont parfois encore réticentes à médiatiser ce sport, les supporters parisiens ont quant à eux pris le virage féminin, avec un millier d’ultras venus donner de la voix dimanche soir au stade Jean-Bouin.

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