Tout part de la citation d’une célèbre philosophe du XXe siècle : « Et si je t’avais dit combien je t’aimais mon frère et si on t’avait dit ne baisse pas les bras sur cette Terre. Et si… Tout simplement si. ». On a coutume de dire qu’avec des « si » on peut mettre Paris en bouteille. Avec une séries d’uchronies, Wesport vous propose de refaire l’histoire du football si un élément perturbateur du ballon rond avait été différent.
Nous sommes le 30 juin 2018. La France affronte l’Argentine en 8e de finale de la Coupe du Monde. L’Albiceleste a souffert durant la phase de poule se qualifiant sur le fil pour le dernier tableau. La France s’est quant à elle qualifiée sans trop briller. Ce huitième de finale est le bon moment pour les français et argentins de frapper un grand coup. Le vainqueur de ce duel deviendra automatiquement un favori au sacre final.
La France mène rapidement au bout d’un quart d’heure de jeu avec un penalty de Griezmann suite à une chevauchée de ouf signée Kylian Mbappé. Angel Di Maria égalise avant la mi-temps alors que Mercado donne l’avantage aux coéquipiers de Lionel Messi à la 48e minute.
Nous jouons la 58e minute, Lucas Hernandez déborde côté gauche et centre. Le ballon arrive à l’entrée de la surface et trouve Benjamin Pavard. Le maubeugeois est excentré. Il frappe instinctivement sans contrôle et égalise ! Ce but sera élu plus belle réalisation du tournoi. Avec ce but, Pavard aura droit à un champ à sa gloire indiquant qu’il venait de nulle part avec une frappe de bâtard. Le “second poteau Pavaaaaaard” de Grégoire Margotton restera mythique. Le petit bonhomme du Nord a ainsi marqué un but aussi improbable que ses bouclettes.
Durant ce même match, Kylian Mbappé frappera deux fois et donnera un avantage considérable aux Bleus (4-2) avant que Kun Aguero réduise le score. La France se qualifie donc pour les quarts de finale et ira jusqu’à soulever le trophée mondial. On aura droit à une deuxième étoile, un cassage de démarche de Samuel Umtiti et surtout un tube de Vegedream… Merci les Bleus !
Ils ont ramené la Coupe à la maison
Le but de Pavard a tout changé. Juste avant son coup d’éclat, la France perdait un peu pied dans cette rencontre. Un but venu de nulle part que Deschamps qualifiera d’ « irrationnel » a sorti la tête des français hors de l’eau. La France n’avait plus qu’à enfoncer le clou après ce but.
Aujourd’hui, les Bleus sont champions du Monde. Benjamin Pavard possède un laissez-passer en Equipe de France. Le défenseur a même signé au Bayern Munich, faisant son entrée dans la cour des grands. Est-ce nécessaire d’énumérer les différentes conséquences du titre des Bleus ?
Et si… Pavard s’était raté ?
Mais si Benjamin Pavard s’était troué ? Si, comme en phase de poule contre l’Australie, il avait frappé hors-cadre et tué un pigeon russe ? Le destin des Bleus aurait été tout autre. Imaginons la trajectoire de l’équipe de France si Benjamin Pavard n’avait pas eu cette frappe de bâtard.
58e minute. Débordement de Lucas Hernandez, centre un peu excentré. Au second poteau, on retrouve Benjamin Pavaaard (avec seulement trois « a »), qui frappe au-dessus. Le défenseur de Stuttgart s’en veut énormément. Il a la tête baissée, il est accroupi et sait qu’il aurait pu mieux reprendre ce ballon, il aurait même pu le contrôler et la remettre à Kylian Mbappé qui était à quelques centimètres de lui. Le parisien, en pleine réussite, aurait pu mieux concrétiser l’action. C’est son métier d’attaquant. Benjamin Pavard n’est que défenseur.
Fautif sur le deuxième but marqué dix minutes plus tôt, Pavard passe totalement à côté de son match. Sa frappe ratée ne le rassurera pas du tout. A l’heure de jeu, le nordiste laisse une nouvelle fois Angel Di Maria s’échapper dans son couloir, centrer pour Messi qui crucifiera les espoirs français. Nous jouons la soixantième minute de jeu et l’Argentine mène trois buts à un.
Les hommes de Didier Deschamps sont abattus. Cette jeunesse dorée ne fera pas mieux qu’en 2014 et n’atteindra pas les quarts de finale. Deux ans après la désillusion à domicile en finale de l’Euro, il sera très difficile pour eux de se relever. Peu convaincants en phase de poule, les coéquipiers d’Antoine Griezmann n’ont pas trouvé le moyen de broder une seconde étoile sur le maillot frappé du coq…
Un groupe sans leader
La faute à qui ? Les avis divergent. Les médias parlent d’un manque de leader dans ce groupe. Vu de l’extérieur, cette équipe ressemble à un rassemblement de colonie de vacances qui joue à Fifa et Fortnite mais peu efficace lorsqu’il faut se rebeller.
D’autres pensent que Deschamps n’a pas joué la bonne stratégie. En finissant première de son groupe, la France s’est retrouvée du côté « difficile » du tableau de la phase finale. S’ils avaient fini deuxième, le parcours aurait pu être plus facile : Croatie (évidemment, les coéquipiers de Luka Modric ne faisaient pas peur à l’époque), Russie, Angleterre, une partie de plaisir. Si la France avait battu l’Argentine, elle n’aurait pas pu battre l’Uruguay ou le Portugal, le Brésil ou la Belgique… Bien évidemment.
Evidemment, la presse pointe du doigt un style de jeu médiocre. Pour reprendre les termes de certains spécialistes « on ne peut pas remporter un Mondial en se contentant d’aussi peu. ». La France produit peu de jeu et ne sert pas forcément le ballon rond. En pointant du doigt la différence entre cette équipe de France et le collectif belge, l’entente croate, la grinta uruguayenne, la France n’avait aucune chance d’aller au bout. Cette élimination est sûrement un mal pour un bien.
La déception
Rentrés au pays, les Bleus sont déçus par ce parcours. Griezmann a été inexistant pendant le tournoi, Paul Pogba ne fut pas la « grande gueule » que la France espérait. Kylian Mbappé, Raphaël Varane et NGolo Kanté sont les seules satisfactions du tournoi, mais pas assez pour être élus meilleurs joueurs de l’année. Que dire de Benjamin Pavard ?
Sa frappe et ses deux erreurs défensives ont été pointées comme étant ce qui a prouvé la déroute française. Deschamps le défendra en disant qu’il l’a fait jouer à un poste qui n’est pas le sien, que la concurrence est maigre et que les blessures ne l’ont pas aidé à composer. Les boulettes du défenseur de Stuttgart sont passées au crible, ils sont même « GIF-ifiés » par des twittos influents. Il est devenu la risée du web. Au lendemain de l’élimination des Bleus, tout le monde est persuadé que nous ne reverrons plus “Jeff Tuche” à Clairefontaine.
Une autre personne pourrait ne plus pointer au centre d’entrainement de l’équipe de France : Didier Deschamps. Le président de la FFF ne cesse de répéter que la mission de DD n’a pas été un échec, la pression poussera Noël Le Graet à se séparer du technicien bayonnais. Ce dernier comptait sur l’argent du Mondial pour se refaire les dents. Loupé…
La France a deux mois pour se reconstruire avant son prochain match international contre l’Allemagne lors de la Ligue des Nations.
Le grand exil
L’échec poussera plusieurs joueurs à faire une longue pause en annonçant une « retraite » internationale. Le portier et capitaine Hugo Lloris ne supportera pas les critiques concernant sa passivité et son leaderisme fantomatique, il quittera la sélection durant l’été. Il sera imité par Steve Mandanda, qui laissera un pont d’or pour la nouvelle génération de gardiens français emmenée par Alphonse Areola. D’autres quitteront le navire : Adil Rami et Olivier Giroud. La critique fera même bouder Paul Pogba qui pense à rejoindre le clan de la retraite anticipées. Kimpembe a encore beaucoup à apprendre avant d’avoir le niveau international. Steve Nzonzi sera surement le Pascal Chimbonda de 2018, sans parler des échecs Thauvin et Dembélé.
Pour remplacer Didier Deschamps, un seul nom sort de toutes les bouches : Zinédine Zidane. Démissionnaire de son poste au Real Madrid, il est frais et disponible. Son statut de légende calmera la bronca française. La FFF annonce donc le retour du héros ! Zizou doit préparer la Ligue des Nations mais aussi l’Euro qui arrivera dans deux ans.
Pour cela, il fait une annonce choc : le retour d’un paria de la sélection de DD, Karim Benzema. Il en fera même son capitaine pour le premier match de l’ère ZZ. Il l’associe à Alexandre Lacazette, l’une des cartouches offensives préférées des Bleus. Zizou trouvera les mots justes pour faire revenir Paul Pogba. D’autres pensent faire leur retour : Samir Nasri ou encore Franck Ribéry. Mais Zidane informe que l’un doit briller en club et l’autre semble un peu trop âgé pour le prochain Euro.
Tout le monde est sûr que Zizou apportera son savoir pour donner à ces Bleus ce qu’il leur manquait face à l’Argentine en ce mois de juin 2018. Avec lui, peut-être que Benjamin Pavard aurait contrôlé et remisé sur le prodige du PSG, Kylian Mbappé.
Premier titre ?
Pour son premier match sous l’ère Zidane, la France a concédé le nul face aux allemands mais s’imposera à domicile face aux Pays-Bas puis l’Allemagne. Dans une rencontre décisive à Rotterdam, les Bleus battent les Oranjes trois buts à deux avec un coup du chapeau de Benzema. Avec ce succès, les Bleus pourront tenter de remporter la première Ligue des Nations de l’histoire.
De son côté, Benjamin Pavard tente de stopper le naufrage que vit Stuttgart en Bundesliga. Il a du mal à se remettre de son Mondial, de sa frappe de bâtard (dans le sens péjoratif). Et depuis ce jour-là, on ne l’a jamais revu (à lire avec une piètre imitation de Big Flo et Oli).
Didier Deschamps tente de se refaire une santé du côté de Bayonne. Il devrait s’envoler vers une destination hasardeuse afin de consulter un chirurgien-dentiste low-coast. Il a également collé un bon lot d’affiches dans son quartier Lachepaillet afin de retrouver son animal, une magnifique chatte angora.
Mais tout ceci n’est qu’uchronie. Tout aurait été différent si Benjamin Pavard s’était troué sur sa frappe de bâtard…
(Crédit photo : Football365)