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Euro 2020 : la qualification de la Suisse, un exploit à sa hauteur

Crédit photo : @EURO2020

Les médias suisses sont intarissables sur le sujet, et il y a de quoi. La Suisse attendait une qualification en quarts de finale d'un tournoi majeur depuis 1954 et une élimination contre l'Autriche. Pire encore, c'est la première fois depuis la Coupe du monde 1938 en France que les Helvètes passent un tour à élimination directe. “Voilà l'exploit !”, titrait Le Temps, peu après le dernier tir au but raté par Mbappé. Lui qui a été tant égratigné par la presse internationale offrait la qualification à la Nati, un moment historique pour nos voisins. 

Les JO de 1924 sont loin

Premier exploit des Suisses, la deuxième place aux Jeux Olympiques de Paris est le témoin d'une tout autre époque. Dans les années 20, la Nati est une nation dominante du football européen, et son championnat est l'un des plus attractifs d'Europe. La naturalisation commence à pointer le bout de son nez, et la Suisse fait peur. Mais, après cette médaille d'argent, c'est le néant.

Comme dit plus haut, le dernier quart de finale remonte à la Coupe du monde 1954, à “son” Mondial. À l'époque, l'Autriche avait condamné son voisin sur un score de tennis (7-5). Depuis, les huitièmes de finale sont le tarif classique proposé à la Nati. Surtout, les éliminations cruelles face à l'Argentine en 2014 et face à la Suède en 2018 sont aujourd'hui balayées d'un revers de main. La séance de tirs au but ratée contre l'Ukraine en 2006 ? Envolée. Cette même séance fatidique contre la Pologne en 2016 perdue également ? Évanouie. Décidément, cette qualification leur fait du bien.

Y croire, encore et toujours

En marge de cet Euro 2020, et alors que peu de personnes croyaient en leurs chances de qualification au sein d'un groupe relevé (Italie, Pays de Galles, Turquie), Xhaka le martelait déjà : “Je ne veux pas tourner autour du pot. Nous devons prendre l’une des deux premières places de notre groupe. Un tout autre résultat serait pour moi une immense déception.” La veille de France – Suisse, son sélectionneur semblait empreint d'un esprit divinatoire : “Si on joue à 100 % et les Français aussi, cela ne suffira pas pour nous qualifier. Il faudra dépasser nos limites, en espérant que la France ne sera pas à 100 %.” Une déclaration qui, deux jours après, prend vraiment tout son sens.

Mais déjà avant l'Euro 2020, Petković avait avoué à demi-mot que les quarts de finale étaient envisageables, et même l'objectif clair et assumé au sein de l'ASF (Association Suisse de Football). Le capitaine de la sélection qu'il entraîne en a rajouté une couche hier : “Nous avions dit avant le tournoi que nous voulions écrire l'histoire. C'est fait. […] J'ai fait mon premier match avec la Suisse en 2011. Je suis aujourd'hui capitaine. C'est une histoire incroyable. J'ai beaucoup été critiqué, mais j'ai travaillé dur, et tout le monde ne le voit pas. La Suisse m'a offert le droit de disputer un tel tournoi, et c'est une chance unique.” Si des rumeurs tournent autour de son probable départ d'Arsenal, il sera en tribunes vendredi pour encourager les siens. Suspendu pour accumulation de cartons jaunes, il ne pourra défendre le maillot rouge et blanc.

En droit de rêver ?

Le contrat de la Suisse étant déjà rempli, quel sera l'état d'esprit de la Nati à l'heure d'affronter l'Espagne ce vendredi ? Le match, disputé à Saint-Pétersbourg, théâtre du cruel Suisse – Suède de 2018, ne laisse pas beaucoup de place au relâchement. Après l'exploit face à la France, championne du monde 2018, il ne faudrait pas non plus se voir trop beau. Bien sûr, la joie et l'allégresse sont de mise, tant il a fallu de l'envie, du courage et de la détermination pour battre les Bleus. Mais une victoire en quarts de finale contre la Roja, doublement championne d'Europe, serait historique.

La Nati sait comment écrire un peu plus son histoire, et ce dès vendredi. Une défaite ne serait en aucun cas un gros échec, tant la séance de tirs au but remportée face à la France a fait du bien. Mais on sent cette équipe capable de grandes choses. Tactiquement, Petković ne s'est loupé qu'une seule fois, contre l'Italie, de son propre aveu. En jouant une partition parfaite lundi soir, il a été capable de vaincre le dernier champion du monde. Alors pourquoi pas l'Espagne ?

Il faudra du cran et de l'abnégation à la Suisse pour continuer à bien figurer dans cet Euro 2020. Beaucoup de gros noms sont déjà éliminés (Portugal, Pays-Bas, Allemagne), et d'autres ont créé la surprise (Ukraine, Danemark, République tchèque). C'est au tour de la Nati de briller et de prouver que non, elle n'a plus aucun complexe d'infériorité avec ses voisins les plus proches.

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