Basketball

Euroleague Basketball : bilan au tiers de la saison

Voilà plus de 2 mois que la saison régulière de l’Euroleague a débuté avec son lot de surprises, de renversements de situation, de tirs au buzzer, etc. Épargnée par la covid jusqu’à présent, le niveau de jeu est au rendez-vous et les joueurs stars également. Devant des salles bien remplies (on croise les doigts pour cela perdure), l’Euroleague est devenue le 2nd championnat au monde. Après 14 journées disputées, il est venu l’heure de faire un premier bilan.

Les satisfactions après 14 journées d’Euroleague

Après le tiers de la saison régulière de l’Euroleague, des tendances se dégagent au classement, plus particulièrement dans le haut du tableau. Des équipes s’échappent, d’autres se retrouvent là mieux classées que prévu. Petit tour d’horizon des équipes qui répondent aux attentes et celles qui surprennent.

Le FC Barcelone et le Real Madrid déjà en haut de l’affiche

Favoris pour atteindre le Final Four et conquérir le titre, les 2 équipes Espagnoles caracolent en tête de l’Euroleague. Battu d’un rien en finale la saison passée, le FC Barcelone ne veut connaître une telle mésaventure cette saison. Avec 12 victoires pour 2 défaites, les Catalans de Sarunas Jasikevicius répondent présents sur le terrain. Guidé par Nikola Mirotic, et bien secondé par Brandon Davis, les Blaugranas disposent d’un effectif XXL leur permettant de trouver de nouvelles solutions à chaque rencontre.

Chez son rival du Real Madrid, les voyants sont aussi au vert. 2nd du classement à une victoire du Barça, les Madrilènes confirment leur retour au 1er plan après une saison dernière plus difficile. L’arrivée des Français médaillés d’argent aux JO de Tokyo n’y est pas étrangère (Heurtel, Poirier et Yabusele). Avec le mélange d’expériences des anciens de la maison (Llull, Fernandez, Tavares, Causeur), la machine Madrilène est en route pour rejoindre de nouveau le Final Four de l’Euroleague.

Olympiakos Le Pyrée de retour

Le basket Grec revit ! Après plusieurs années de purgatoire (il faut remonter à 2018 pour voir l’équipe du port du Pyrée en play-off), l’Olympiakos s’est donné les moyens de revenir en phase finale. Avec le départ à la retraite de son joueur phare, Vassilis Spanoulis, le club Grec a fait venir Thomas Walkup, Moustapha Fall et Quincy Acy pour entourer les cadres que sont Kostas Sloukas et Georgios Printezis. Des choix payants, puisque le club se retrouve sur le podium actuellement, derrière les équipes Espagnoles.

L’Armani Milan dans la course

Présent à Cologne la saison dernière pour y disputer le Final Four (et finir 4ème), l’Armani Milan continue de se construire et de se maintenir au top niveau. Dirigé par un coach référencé sur le circuit Européen, Ettore Messina, les Milanais ont fait revenir Nicolo Melli au bercail cette saison, ainsi que Troy Daniels et le Grec Mitoglou. Avec un socle composé de Sergio Rodriguez, Gigi Datome et Kyle Hines, les Italiens ont idéalement démarré leur saison avec 8 victoires en 9 rencontres mais marquent le pas ces dernières semaines (4 défaites sur les 5 dernières rencontres). Mais l’effectif de qualité devrait permettre à l’Armani Milan de jouer sa carte pour atteindre un 2nd Final Four d’affilée.

Toujours compter sur le CSKA Moscou

Les années passent, et le CSKA Moscou est toujours là ! Les joueurs changent, mais la mentalité de la gagne fait toujours partie de la culture du club. Champion d’Europe en 2016 et 2019, le CSKA a conservé l’ossature de la saison précédente. À l’intersaison 2021, le club de l’armée rouge a fait appel au Lituanien Marius Grigonis et au Russe Alexey Shved pour renforcer une équipe déjà composée de Tornike Shengelia, Nikola Milutinov et Will Clyburn. Même si leur bilan de 9 victoires pour 5 défaites peut sembler sans éclat pour l’équipe Russe, il est important de mentionner que le club Moscovite a été touché par les blessures en début de saison (Shengelia et Milutinov entre autres) et que l’équipe a plutôt bien géré cette période, excepté ses 2 déplacements en France qui avaient vu l’Asvel et Monaco venir à bout du CSKA. Mais aucun doute, en avril 2022, il faudra compter sur le CSKA pour le Final Four de l’Euroleague !

La surprise Unics Kazan

En ayant obtenu son ticket pour l’Euroleague 2021-2022 grâce à sa finale en Eurocup (perdue contre l’AS Monaco), l’Unics Kazan est la bonne surprise de cette saison. Avec comme mission de terminer dans les 8 premiers afin de renouveler sa participation pour la prochaine saison d’Euroleague, Kazan s’est donné les moyens d’y parvenir avec un renouvellement de l’effectif à l’aide de joueurs référencés (Hezonja, Brown, Jekiri, OJ Mayo). Et après un départ difficile avec 4 défaites en 5 matchs, le collectif Russe a trouvé des ressources pour produire un jeu agréable à regarder. Tombeurs du Real Madrid et de Milan, Kazan devra être solide pour conserver sa place dans les play-offs.

Le Zénit Saint-Pétersbourg dans les temps

Surprise de la saison dernière avec une qualification en play-off et en ayant poussé le grand Barça vers un match 5, le Zénit Saint-Pétersbourg était attendu au tournant. Avec la perte de son maître à jouer Kevin Pangos, partie en NBA, les Russes ont puisé dans le championnat domestique pour se renforcer, et avec succès (Kulagin, Kuzminskas, Karasev). Malgré une mauvaise série de 3 défaites, le Zénit est toujours un candidat pour les play-offs d’Euroleague, et son coach, l’Espagnol Xavi Pascual a l’expérience de cette compétition pour mener son équipe à son maximum de son potentiel.

L’ASVEL peut-elle faire mieux ?

Avec 7 victoires et 7 défaites, l’ASVEL est aux portes des play-offs de l’Euroleague. Mais peut-elle vraiment avoir cet objectif ? Avec de nouveau un recrutement orienté Français (Okobo, Fall, Wembanyama) en plus de joueurs découvrant l’Euroleague (Kostas Antetokounmpo, Osetkowski), les Villeurbannais veulent jouer les yeux dans les yeux avec les cadors Européens et viser à terme les play-offs. Avec des victoires de référence cette saison contre l’Anadolou et le CSKA Moscou, la 1ère partie de saison des Français est réussie. Elie Okobo explose au niveau continental après un passage outre-Atlantique sans réussite et est devenu le leader de l’équipe, en compensant le peu de matchs joués par David Lighty, freiné par les blessures. L’ASVEL devra tout d’abord rester dans le positif pour espérer viser plus haut et avec 4 réceptions lors des 5 prochains matchs, aura l’occasion de solidifier sa place actuelle.

Les équipes d’Euroleague qui déçoivent

Si pour certaines équipes, la saison répond aux attentes des ambitions, pour d’autres en revanche, la situation est plus compliquée.

Le champion d’Europe, l’Anadolou Efes, en manque de régularité

Dominateur sur la scène européenne depuis 2 saisons, personne ne voyait le champion d’Europe être autant en difficulté en début de saison. Avec 5 défaites en 6 rencontres, l’Anadolou Efes ne semblait pas concerné lors des premiers matchs. En ayant pourtant conservé l’ossature de l’équipe (Larkin, Micic, Dunston, Beaubois, Moerman, Pleiss, Simon) qui a conquis le titre en mai dernier, Ergin Ataman ne trouvait pas les mots pour booster son effectif. Des défaites à Villeurbanne et au Pana, en plus d’un calendrier difficile ont perturbé ce début de campagne. Cependant, il ne faut pas oublier que la saison dernière, l’Anadolou Efes avait commencé de manière similaire… et on connait la suite !

Doit-on croire au Fenerbahce Istanbul ?

Que le titre de 2017 est déjà loin pour le Fenerbahce Istanbul. Miné par des problèmes financiers depuis 3 ans, le club Turc a dû se résigner à laisser partir ces dernières années son coach, Zeljko Obradovic, ainsi que des joueurs cadres comme Datome, Kalinic, Bogdanovic, Ekpe Udoh. Seul Vesely est resté au sein du club. Le Français Nando de Colo l’a rejoint il y a 2 saisons maintenant, mais l’effectif ne fait plus peur. Avec 5 victoires et 9 défaites, atteindre les play-offs ne sera pas une mince affaire pour les hommes de Sasha Djordjevic.

De gros joueurs mais pas de collectif pour l’AS Monaco ?

Le recrutement de l’AS Monaco cet été fut cinglant. Avec les arrivées de Will Thomas, Mike James, Dwayne Bacon, Motiejunas, Donte Hall, l’objectif était clair : se qualifier pour les play-offs et ainsi obtenir le droit de participer à la prochaine saison d’Euroleague. Mais après 14 matchs, les résultats ne sont pas au rendez-vous, avec 5 victoires pour 9 défaites. Plus que les 5 défaites concédées récemment, c’est la manière qui interpelait. Pas de collectif, peu d’envie… Ce qui a provoqué le licenciement du coach, Zvezdan Mitrovic lundi soir, et le retour de Sasa Obradovic sur le banc Monégasque. Suffisant pour faire comprendre aux joueurs que le comportement doit changer et défendre (plus mauvaise de toute l’euroleague) ?

Les play-offs comme ambition pour le Baskonia Vitoria

Comment situer le niveau réel du Baskonia Vitoria ? Un ton en dessous de ses homologues Espagnols, les Basques rentrent dans le rang en Euroleague depuis 3 saisons. Avec un budget plus en retrait, Vitoria montre ses limites actuelles, avec 5 victoires et 9 défaites. Il a fallu compenser les départs de Fall, Henry, Jekiri et Vildoza, ce qui n’est pas facile, il faut le dire. Dusko Ivanovic, coach emblématique, a été remercié début novembre, montrant les difficultés actuelles. Mais il ne faut pas enterrer les Basques trop rapidement…

Le Panathinaikos dans le dur

Déjà à la peine la saison dernière, le Pana ne fait guère mieux pour le moment en Euroleague cette saison. Avec 10 défaites pour seulement 4 petits succès, le club Grec semble engluer dans une mauvaise passe. Malgré l’apport offensif de Daryl Macon Jr, la défense ne suit pas (5ème plus mauvaise de l’Euroleague) et le Pana se dirige vers une nouvelle saison galère…

Nouveaux ou habitués de l’Euroleague, ils peuvent ou veulent mieux faire

Pour d’autres équipes Européennes, il est plus difficile de dire si les performances sont extraordinaires ou bien décevantes. Le Maccabi Tel-Aviv, club nation d’Israël, occupe une bonne 8ème place (7 victoires et 7 défaites). Cependant, vu le budget investi et le passé du club, les attentes sont toujours élevées à chaque début d’exercice. Mais il ne faut pas faire abstraction également que la Yellow Army n’a jamais atteint les play-offs depuis le nouveau format de l’Euroleague (2016). Chez les Allemands du Bayern Munich, dans la même position que les Israéliens au classement, la saison dernière a donné beaucoup d’espoirs (5ème de la saison régulière). Pillée à l’intersaison, il a fallu reconstruire l’équipe, ce qui explique le mauvais démarrage (0-4). Mais avec Andrea Trinchieri à la baguette, le Bayern Munich dispose toujours d’un fond de jeu collectif lui permettant de mettre à mal n’importe quelle équipe. Chez son rival l’Alba Berlin, les ambitions sont moindres. La perte de Fontecchio cet été a fait beaucoup de mal au club, ainsi que le départ de Peyton Siva. Conservant le reste de sa troupe, l’Alba avance sans réelles ambitions cette saison et prend match après match. Pour l’Étoile Rouge de Belgrade (Crvena Zvevda), il est aussi difficile de viser plus haut. Avec les retours de Nikola Kalinic au bercail et de Nate Wolters, les fans espéraient beaucoup de cette saison. Aux portes des play-offs actuellement avec 6 victoires pour 8 défaites, les Serbes peuvent-ils faire mieux ? Même constat pour le club Lituanien du Zalgiris Kaunas. Dernier de l’Euroleague avec 3 victoires pour 11 défaites, il ne faut jamais oublier que le budget des Lituaniens est un des plus petits de la compétition, et que les dernières années, le Zalgiris arrivait à s’immiscer à la table des meilleurs et faisait figure de petit poucet (Final Four 2018). Poussé par leur magnifique public, le Zalgiris voudra remonter la pente, par dignité envers ses fans et la ferveur de tout un pays.

La saison d’Euroleague est encore longue, et beaucoup de choses peuvent changer. La bataille pour les play-offs s’annonce intense avec peu de places pour beaucoup de prétendants !


Jérémy Ernou

Laurent Blanc est l'unique président

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