F1 – Lewis Hamilton: la légende mal-aimée

Lewis Hamilton est le meilleur pilote actuel en F1. Il n’y a pas de doute sur ça. Son palmarès et son aura font qu’il est réellement une légende vivante de ce sport et du sport automobile en général. Pour autant, il reste un personnage clivant, qui s’attire que peu de sympathie du public, qu’il soit connaisseur ou non. Essayons de voir pourquoi il est autant mal aimé.

Cela fait un peu plus d’une semaine que l’on a fêté le 6e titre de Lewis Hamilton. Pour autant, j’ai vraiment l’impression que l’on a vécu quelque chose de banal. Alors que cela n’est pas courant, loin de là même. Nous sommes en présence d’un homme qui montre son hégémonie depuis 2014. Une hégémonie technique, tactique, technologique, tellement rare dans ce sport qu’elle doit être soulignée… Eh bien, non! A la surprise générale, ce titre me fait ni chaud, ni froid.

A titre personnel, je suis certainement l’un des plus grands “haters” de LH44. Depuis le début de sa carrière en F1. Mais reste qu’aujourd’hui je m’incline devant lui et le félicite. Il est le meilleur aujourd’hui et fait partie des légendes de la F1. Et nous tous, nous ne devons plus le comparer à d’autres légendes comme Fangio, Clark, Stewart, Lauda, Prost, Senna ou Schumacher. Mais l’intégrer dans ce cercle vertueux et l’élever en leur rang.

Un palmarès bien rempli, qui parle pour lui!

C’est la première chose qui doit nous marquer quand on regarde sa ligne de statistiques. Il a l’un des palmarès les plus beaux. Sextuple champion du monde, il possède 83 victoires en carrière et détient le record de pole positions (87). Présent sur le podium à 150 reprises et 47 meilleurs tours en course. Le tout en seulement 248 départs! C’est certainement l’un des plus beaux, si ce n’est le plus beau, palmarès en sport automobile. Un ratio victoires/courses disputées à 33,47%. On monte à plus de 60% de courses fini sur le podium! Le seul qui le surpasse dans ce domaine c’est Fangio (68%). Hamilton est une machine à collectionner les succès.

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Mais d’autres statistiques font encore plus reluire son armoire. Lewis Hamilton est le seul pilote qui a gagné au moins une course dans toutes les saisons qu’il a disputé. Il n’a jamais été classé plus bas que 5e en championnat du monde (en 2009). Il détient le record du nombre de circuits différents où il s’est imposé (24). Hamilton est depuis 2014 le pilote britannique avec le plus de victoires en F1. Des records de précocité aussi. Plus jeune champion, avant que Vettel ne lui ravisse, Il est le plus jeune pilote à mener le championnat en 2007, à seulement 22 ans. Il fini ses 9 premières courses sur le podium… Bref, il est au top depuis ses débuts.

Un style de pilotage en constante évolution.

C’est une chose qui marque Hamilton. Au fil des saisons, il a su changer sa manière de piloter pour gagner en efficacité. Ses années de formation sont marquées par sa pointe de vitesse déjà énorme par rapport à la concurrence. On retiendra sa magnifique saison en F3 EuroSeries avec 15 victoires sur 20 courses en 2005, son titre en GP2 l’année suivante. Son accession en F1 l’année suivante est logique. Ce qu’il l’est moins c’est la destination… Et pourtant, malgré son statut de rookie, il fait face à son double champion d’équipier Fernando Alonso. Ce qui marque d’entrée, c’est sa capacité à être rapide sur un tour: six pole positions (autant que Massa)! Cette statistique le suivra tout au long de son aventure avec McLaren: en 110 courses, il partira en pole à 26 reprises.

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Cette pointe de vitesse, il va la garder avec Mercedes. Mais il va développer une autre de ses caractéristiques: sa régularité! Alors, certes il l’avait déjà chez McLaren. Mais elle s’est étoffée chez Mercedes. Depuis l’arrivée de l’ère hybride, c’est minimum 9 victoires par saison, c’est 13 podiums minimum avec une moyenne à 15. Cette constance aux avant-postes est certes permis par la domination de Mercedes, mais cela reste exceptionnel. Et cette constance s’est transformée en filouterie. Où il profite du moindre faux-pas de ses adversaires pour scorer un maximum de points (Allemagne 2018, Brésil 2018, Barhein 2019 par exemple).

Un personnage en dehors de la F1

Tout ceci montre qu’il est une légende… enfin surtout dans les statistiques. Mais, à l’inverse d’autres grands noms de la F1, sa personnalité s’exprime en dehors de la voiture. Grand passionné de musique, il aurait enregistré quelques titres de R’n’B. Sa relation avec Nicole Scherzinger avait souvent défrayé la chronique dans les tabloïds. Il est souvent présent lors de la Fashion Week à Paris.

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Sa présence sur les réseaux sociaux est aussi largement commentée. Avec plusieurs millions de fans sur Twitter, Instagram ou Snapchat. Sa popularité en dehors de la F1 n’a pas d’égal sur la piste. C’est une vraie “rockstar”, un pilote digne de la grande époque, à l’image d’un James Hunt (sans tous ses excès). Et pourtant, il a du mal à obtenir un consensus autour de sa personne (ou de sa personnalité), comme peut l’obtenir un Raïkkönen ou un Leclerc aujourd’hui.

Une personnalité qui se veut lisse… mais qui ne l’ai pas tant que ça!

Et c’est peut-être là que le bas blesse pour Lewis. Sa personnalité divise, de même que ses positions et controverses. Sa sur-présence sur les réseaux sociaux ont fait des débats monstres dans le paddock et en dehors. Comme lorsqu’il présente des clichés de courbes de données en 2011 pour montrer que McLaren favorise Button. Ou comme en 2017 quand il dit à son neveu que “les garçons ça ne porte pas de robes de princesse”. Dernièrement, son combat contre l’écologie, alors qu’il se déplace allègrement dans le monde à bord de son jet privé.

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Sur la piste, c’est exactement le même problème. Même s’il est nettement plus calme aujourd’hui, sa carrière fut marquée de quelques controverses. Comme sa disqualification en Australie 2009, où il a forcé un concurrent à le dépasser sous Safety-car. Ses accrochages à répétition, avec Maldonado (Monaco 2011, Valence 2012) ou Massa (Fuji 2008, Monaco 2011, Inde 2012) ont fait de lui un pilote tumultueux. Mais qui a su s’assagir au fil du temps pour avoir une conduite et un discours nettement plus lisse, mais qui peut énerver. Comme le fait de dire à chaque GP que le public est le meilleur du monde… Il cherche cette adhésion du public, sans pour autant la trouver.

Lewis Hamilton a comme tout champion, sa part sombre. Une sorte de marque qui viendra le ternir toute sa carrière. C’est cette recherche d’adhésion du public, cette recherche d’image lisse. Mais c’est peut-être aussi ce qui fait son charme. Quoiqu’il arrive, il ne faut pas oublier ce qu’il a fait et ce qu’il fera encore dans les années à venir. C’est un champion, un maître, une légende vivante. Et il est temps de le considérer ainsi, qu’on l’aime ou pas!

A propos de l'auteur

Fan invétéré de Formule 1 depuis 1989

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