F1 – Saison 2019 – Williams: Chronique d’une saison en enfer

A l’aube de la saison 2019 qui va s’ouvrir en Australie le 17 mars prochain, l’écurie Williams vit probablement ses heures les plus sombres de sa grande histoire. Petit retour sur les dernières difficultés que rencontre une des équipes historiques du paddock.

Sept. Sept petits points et une dernière place au classement du championnat du monde. Voilà le bilan comptable d’une campagne les plus désastreuses du Williams F1 Team. Williams, c’est sept titres pilotes, neuf titres constructeurs 114 victoires et 128 pôle positions en 41 saisons. Et pourtant, au moment d’entamer sa 42e saison en F1, Williams semble plus près de la porte de sortie que de la gloire mondiale, qui lui échappe depuis 22 ans.

Une préparation hivernale désastreuse

Quoi de mieux que de repartir à zéro après une saison ratée ! Tchao Lance Stroll, parti pour Racing Point (récemment racheté par son père, le magnat du prêt à porter, Lawrence Stroll). “Do svidaniya” Sergey Sirotkin et ses pétrodollars. Bonjour et bienvenue à Robert Kubica, de retour après 9 années d’absence en F1, et le talentueux Georges Russell, champion de F2. Du changement aussi sur la carrosserie, avec l’arrivée de Rokit en sponsors titre pour combler le départ de Martini (Adieu à l’une des plus belles livrées du plateau).

Mais pour autant, au moment de commencer les essais, la voiture n’est pas prête ! Là où toutes les autres équipes commencent à découvrir et tester leurs autos, la FW42 est en pièces détachées dans le garage! Pourquoi ce retard ? Toutes les équipes entament la construction de leur voiture dès le début de la saison précédente. Dès que la saison s’achève, elles poursuivent le développement de l’auto jusqu’au dernier moment. Il se peut que certaines équipes aient du coup un peu de retard sur certaines pièces.

Robert Kubica et Georges Russell

Robert Kubica et Georges Russell – Crédits image : Grandprix247.com

Renault, par exemple, était dans cette situation, mais a finalement réussi à assembler sa F1 pour son déverminage, le samedi avant les essais officiels. Selon la BBC, le problème chez Williams viendrait du planning de construction. Certaines personnes en interne auraient même tiré la sonnette d’alarme il y a de nombreux mois. Pour autant, ces plaintes n’auraient été entendues. Au final, les pièces ont été acheminées le mercredi matin, pour des premiers tours de roues l’après-midi.

Lowe “prend du recul”

Williams a donc perdu deux journées d’essais. Du temps trop précieux en F1 pour être négligé de la sorte. Mais là n’est pas le pire. On apprend à la fin de ces deux semaines d’essais, que certaines pièces de la FW42 ne seraient pas conformes ! En effet, la FIA a demandé à l’écurie de modifier sa suspension avant et le dessin des rétroviseurs avant le lancement de la saison..

Suspension avant de la FW42 – Crédits images : G. Piola pour Motorsport.com

Selon le règlement, la suspension avant se compose de six éléments. Quatre triangles, un poussoir et un tirant. Pourtant, comme le montre le dessin de G. Piola, la FW42 dispose d’un septième élément placé juste derrière le triangle inférieur. Pour le rétroviseur, la FIA considère ce dernier comme un élément aérodynamique permettant de chasser l’air vers l’extérieur. Ce que le règlement interdit. Williams a, par ailleurs, annoncé qu’elle modifiera les dessins de sa monoplace pour être dans les règles à Melbourne.

Rétroviseurs illégaux de la FW42 – Crédits image : F1i.com

Tous ces problèmes, conjugués au fait que la voiture serait encore à la traîne cette saison, auraient eu raison de Paddy Lowe. Le directeur technique a donc “pris un congé pour raisons personnelles”, selon un communiqué de Williams. Mais il se pourrait que ce congé ne se transforme en licenciement pour l’ancien homme fort de Mercedes. En effet, beaucoup en interne le considèrent responsable de la situation actuelle de l’équipe. Un changement qui pourrait être salvateur ?

En 42 années, Williams a tout connu. Gloire, victoire, défaite, drame… Il se pourrait pourtant que cette période soit la plus difficile à vivre de son existence. Espérons alors que cette équipe mythique ne rejoigne pas d’autres grands noms tels que Lotus, Tyrrell ou Brabham…

A propos de l'auteur

Fan invétéré de Formule 1 depuis 1989

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