Après un sprint remporté par l'ancien champion du monde Peter Sagan, retour sur cette 10e étape où la Bora-Hansgrohe a muselé une fin de course promise à son sprinteur. Retour sur la tactique de la formation du champion slovaque lors d'un finale qui convenait à merveille à celui qui semble de retour à son meilleur niveau et qui pourrait sévir sur ce qu'il reste de ce Giro 2021.
Une étape peu agitée
Malgré une étape au relief un peu vallonné, le peloton ne laisse que très peu de marge à l'échappée à cinq qui se détache dans les premières minutes de course. Avec deux petites minutes d'avance, la Jumbo-Visma contrôle pour son sprinteur Dylan Groenewegen à plus de 100 km de l'arrivée.
À l'approche des 50 derniers kilomètres, l'écart se réduit à une petite minute sous l'impulsion du travail de la Bora-Hansgrohe qui imprime un rythme très soutenu très loin de la ligne d'arrivée.
Un final géré d'une main de maître
Première victime de ce tour de vis des coéquipiers de Peter Sagan, le Néerlandais Dylan Groenewegen n'arrive pas à tenir l'allure d'un peloton qui reprend les échappées à un peu plus de 40 km de l'arrivée. Le risque est alors important pour la Bora-Hansgrohe qui doit alors gérer une course dans laquelle il reste beaucoup de kilomètres.
L'attitude de la Bora-Hansgrohe est claire, rouler fort, très fort, autour de son leader pour lâcher le plus de prétendants possibles à la victoire finale. Giacomo Nizzolo, Richeze, Tim Merlier lâchés, un peloton réduit s'avance vers la ligne d'arrivée sous le tempo toujours soutenu de l'équipe de Peter Sagan.
Seul un coureur va réussir à s'extirper du peloton, Van Emden qui prend quelques mètres d'avance avant d'être rejoint par Rémi Cavagna. L duo ne peut rien faire face au train de la Bora-Hansgrohe, encore composé de quatre coureurs, qui s'avance sous la flamme rouge.

Le rythme est effréné et un groupe se détache en tête de la course pour se disputer la victoire finale.

À moins de 500 m de l'arrivée, le train de Peter Sagan s'écarte et laisse l'équipier de Fernando Gaviria, Juan Sebastián Molano, emmener le sprint à l'abord des 200 derniers mètres. Seul problème, c'est le Slovaque qui est dans sa roue et non son équipier qui n'est pas arrivé à suivre la trajectoire de son poisson-pilote.

Comme on l'observe très bien ci-dessus, le Colombien a totalement décroché son compatriote et équipier, laissant derrière lui un espace que s'empresse d'occuper Peter Sagan pour emboîter sa roue.

Dans le dernier virage à droite, la vitesse ”plaque” les coureurs sur la gauche de la route et un sprinteur va rapidement prendre la tête, le Slovaque Peter Sagan qui décroche ici sa première victoire sur ce Giro 2021, un succès important dans la confiance du champion qui pourrait rééditer cet exploit dans les jours à venir.

L'image est belle pour Peter Sagan mais tout aurait pu être différent sans l'aide bien malheureuse de Juan Sebastián Molano. La Bora-Hansgrohe aura permis jusqu'à 500 m de l'arrivée d'emmener son leader sur un plateau et ce dernier aura su, comme à son habitude, se glisser dans les bonnes roues pour empocher une victoire de prestige sur ce Giro 2021 avant la journée de repos de ce mardi.
Crédit image en une : Giro d'Italia