J18 – Spa-Francorchamps 1998: Déluge et carambolages à gogo

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Pendant 30 jours, la rédaction F1 va vous proposer une rétrospective sur un Grand Prix particulier. Que ce soit un GP des années 70 ou tout récent, toutes les générations vont y passer, avec un prisme différent à chaque fois. Des joies, des larmes, des tragédies, des intempéries … de nombreux événements ont marqué le monde de la F1 jusque là. Le toboggan des Ardennes est le théâtre d’une série de d’incidents qui font rentrer cet 46e édition du Grand Prix de Belgique dans les annales de la F1. Carbone cassé et voitures en miettes, voici ce qu’il nous attend!

Ah… Spa-Francorchamps! Une date toujours attendue de pied ferme par les pilotes et les aficionados de la F1. Et ce, qu’il fasse beau, qu’il vente ou qu’il pleuve à grosses gouttes. C’est d’ailleurs ce qui attend les pilotes ce 30 aôut 1998. Un vrai temps de chien! Déjà que le tracé en impose quand le temps est sec. Sous la pluie, on peut s’attendre à des dégâts.

Le tracé de Spa-Francorchamps, en 1998 – Crédit image: statsf1.com

Cet année, on a le droit entre un duel des plus sublimes. Hakkinen, le finlandais volant, contre le Baron Rouge Schumacher. McLaren Mercedes contre Ferrari. Et la saison tient ses promesses! On ressort d’une épreuve hongroise où l’allemand a montré toute sa maestria et son art. A l’inverse, les flèches d’argents, elles, ont sombré. Hakkinen notamment, finissant à un tour de Schumi et ne récoltant qu’un point. A quatre courses du but, l’écart n’est que de 7 points à l’avantage du finlandais. Autant dire que l’épreuve belge a son importance.

Les qualifications: McLaren toujours devant

Encore une fois (et pour la neuvième et dernière fois de la saison) Hakkinen est en pole. Encore une fois, son équipier Coulthard verrouille la première ligne. Et encore une fois le reste du peloton est relégué à plus d’une seconde. Mais la surprise, c’est l’étonnante 3e place de Damon Hill! Il devance son éternel ennemi Schumacher… Sur sa modeste Jordan.

D’autant plus que jusqu’à là, ce n’est pas la grosse fête chez les jaunes. Une voiture très mal née a handicapé les pilotes, et aucun point ne fut inscrit avant la mi-saison en Angleterre. Une petite renaissance pour les jaunes. Une grosse déception pour Schumacher, seulement 4e, et toujours aussi loing du rythme des McLaren en qualifications.

La grille du GP de Belgique 1998 – Crédit image: statsf1.com

Autre indication, toutes les séances (sauf l’habituel warm up du dimanche matin) se sont déroulé sur une piste sèche. Là c’est loin d’être le cas. Et si un temps, on a envisagé le départ sous la voiture de sécurité (comme ce fut le cas en 1997, pour la première fois de l’histoire de la F1), le départ sera donné normalement.

La course

1er départ: Coulthard sème la pagaille

A l’extinction des feux, tous les pilotes se lancent vers le virage de La Source. Les McLaren s’élancent bien, les Ferrari aussi. Seul Hill reste scotché sur son emplacement et s’élance avec difficulté. Villeneuve, parti 6e, réussi l’exploit de dépasser tout le monde à l’extérieur et se retrouve 2e derrière Hakkinen. Coulthard, écarté par Irvine à la sortie de la Source, veut rattraper le temps perdu. Il ré accélère… Trop fort! Il perd l’adhérence, traverse la piste en entraînant Irvine avec lui.

S’en suit un enchevêtrement de voitures, qui se rentrent dedans les unes après les autres. Sur les 22 voitures au départ, 13 épaves jonchent la piste dans la descente vers l’Eau Rouge. Ceci représente le carambolage le plus important de l’histoire de la F1. Et aucun blessé n’est à déploré… ou presque. En effet, Barrichello a reçu un petit débris sur le bras et se plaint d’une douleur, mais c’est sans gravité.

Le carambolage du 1er départ – Crédit image: dicodusport.fr

Le drapeau rouge est brandit. Tous les pilotes essayent de se diriger vers les voitures de réserves disponibles. Mais quatre pilotes ne repartiront pas. Barrichello, Panis, Salo et Rosset restent donc sur la touchent.

Crédit vidéo: F1Ram

2nd départ: Hakkinen percuté à la Source, le Show-macher en marche

Après près d’une heure d’attente, le départ est redonnée. Cette fois ci, Hill et les Ferrari démarrent mieux que les McLaren. Hill passe la Source en tête. Derrière lui Schumacher se porte à la hauteur de Hakkinen. Les deux pilotes se touchent. Schumacher continue, Hakkinen fait un tête à queue, et se voit percuter par Herbert. Le finlandais reste sur le carreau.

En bas des Combes, Coulthard s’accrochent avec Wurz. L’écossais repart, miraculeusement. L’autrichien reste dans le sable, direction cassé. La voiture de sécurité sort, pour permettre aux commissaires de retirer les épaves. En deux départs, sept voitures sont déjà éliminées.

Après 4 tours sous Safety Car, la meute peut faire vrombir les moteurs normalement. Hill mène le paquet devant les deux Ferrari et Alesi, qui a pris un envol exceptionnel. Au 6e tour, Schumacher déboîte Hill à la chicane du Bus Stop. Et il s’échappe à un rythme effréné: plus de 3s au tour!.

L’hécatombe continue

L’allemand montre encore sa maîtrise sous des conditions chaotiques. Alors que les autres pilotes sont en difficultés, Schumacher accélère et creuse un écart plus que substantiel. Derrière une hécatombe commence. Irvine part en tête à queue aux Combes au 9e tour. Takagi sur Tyrrell au 10e tour, tape dans la descente de l’Eau Rouge. Villeneuve sort à Kemmell et tape le rail au 16e tour.

Schumacher sur 3 roues – Crédit image: warmup-f1.fr

Mais au 26e tour, la course prend une tournure inattendue. Schumacher confortablement en tête, se rapproche de David Coulthard. Peu avant Pouhon, l’allemand percute Coulthard, dans une mésentente absolue. Schumacher n’a plus que 3 roues, Coulthard lui n’a plus d’aileron arrière. Les deux pilotes ramènent leur épave dans les stands. Le Baron Rouge saute de son auto, en colère et se dirige directement dans le garage McLaren, souhaitant en découdre et des explications de la part de l’écossais. Les mécaniciens séparent les deux hommes. L’allemand abandonne, l’écossais repartira avec 5 tours de retard.

Crédit vidéo: Warm-Up F1 TV

Le jour de gloire pour Jordan

Hill récupère donc leadership de l’épreuve, devant Ralf Schumacher et Alesi. Alors qu’au même moment Irvine sort et abandonne, quelques boucles plus tard. Et Fisichella percute l’arrière de Nakano. Ce qui oblige la sortie de la Safety Car au 28e tour. Il reste 12 tours au moment où le Safety Car s’efface.

Ralf Schuamcher se montre très incisif derrière Hill, mais pour favoriser le résultat de l’équipe, Eddie Jordan lui demande de figer les positions. Ainsi se finit une des courses les plus spectaculaires. Par la première victoire et le premier doublé pour Jordan. Elle permet aussi de célébrer deux grands pilotes des années 90. En effet Hill et Alesi ne remonterons plus sur le podium de leur carrière.

La joie pour Hill et Eddie Jordan – Crédit image : f1nal-lap.be

Cette course restera dans les mémoires. Pour ses carambolages dont le plus important de l’histoire de la F1. Ses péripéties, qui ont vu les deux leaders du championnat se sortir de la course. Mais aussi son issue et ses vainqueurs, avec la première victoire de Jordan.

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