Athlétisme

JO – Athlétisme : le 50 km marche pour Dawid Tomala, Diniz abandonne

Dawid Tomala

Au terme de près de quatre heures d’effort, le Polonais Dawid Tomala a été sacré sur le 50 km marche. En difficulté et après avoir lutté, Yohann Diniz a lui abandonné après plus de deux heures d’effort.

L’or pour Dawid Tomala

Il n’était pas forcément attendu parmi les favoris (32e des derniers championnats du monde, 19e à Londres en 2012 et aux championnats d’Europe 2018), et pourtant Dawid Tomala a été resplendissant sur ce 50 km marche. Dans une course partie sur un rythme lent, la tête de course s’observe jusqu’à la mi-course, personne ne tentant réellement de coup aussi tôt notamment par peur de la chaleur déjà très forte à Sapporo. Ils ne sont que deux à essayer de faire bouger les choses dans les premiers kilomètres : le Chinois Luo Yadong et le Polonais Dawid Tomala, ce dernier montrant déjà son envie de sortir.

Néanmoins, il faut attendre les deux heures et vingt minutes de course pour voir le groupe de tête, encore excessivement fourni, être dynamité par le natif de Tychy. En quelques minutes, Tomala porte une accélération fulgurante qui lui permet de se détacher et de prendre seul la tête de la course. Passifs, ses concurrents le laissent partir et vont rapidement le regretter. En moins de dix minutes, le Polonais a déjà creusé un écart qui ne cessera d’augmenter, atteignant les deux minutes au 35e kilomètre puis avoisinant les trois minutes (2.50) au 40e. À dix kilomètres de la fin, Dawid Tomala file tout droit vers le titre olympique.

Derrière, ses poursuivants mettront du temps à réagir. Si personne ne répond lors de la sortie de Tomala, le premier à tenter d’instiguer un retour est le Canadien Evan Dunfee. Conscient qu’il faut réagir pour ne pas laisser le Polonais filer vers la victoire, il relance enfin son groupe, composé de sept marcheurs, dans l’espoir de revenir sur le leader de la course. Malheureusement, ces derniers comprendront rapidement que leur réaction est trop tardive.

Se contentant de gérer pour résister à un groupe qui ne marche pas plus vite que lui, Dawid Tomala ne sera jamais repris et boucle finalement son 50 km marche en 3:50.08. Après avoir commencé sa carrière sur le 20 km marche, sa transition vers la distance supérieure lui aura donc souri. Jouant désormais les deux dernières places sur le podium, les poursuivants, dont le nombre se réduit peu à peu, se livreront une bataille jusque dans les derniers kilomètres. Plus frais que les autres, Jonathan Hilbert et Marc Tur se détacheront en fin de course, à trois kilomètres de la fin précisément, sécurisant leurs places sur le podium. L'Allemand termine finalement deuxième en 3:50.44, déposant l'Espagnol sur une impressionnante accélération finale. Tur finira par craquer complètement dans le final, voyant même le Canadien Evan Dunfee lui souffler la médaille de bronze presque sur la ligne, neuf secondes séparant les deux hommes à l'arrivée.

Une dernière déchirante pour Yohann Diniz

Pour la dernière course de sa carrière, Yohann Diniz n’aura pas réussi à aller au bout. Subissant le béton, le Français a lutté, s’est accroché mais a donc dû renoncer après près de deux heures et quinze minutes de course.

Dès le début, le natif d’Épernay a vécu une course particulière. Parti très fort, Diniz s’est ensuite arrêté afin de satisfaire un besoin naturel, avant de commettre une erreur sur la direction à emprunter. Conséquence de ces péripéties, le recordman du monde se retrouve avant-dernier et pointe à un peu moins de deux minutes de la tête de course après dix kilomètres.

Rédhibitoire ? Pas forcément. Relancé, le Français entame alors une folle remontée qui le voit reprendre une minute et trente secondes en seulement huit kilomètres : le revoilà dans la course. En effet, après les deux cinquièmes du parcours, il ne pointe plus qu’à vingt-six secondes du Chinois Luo Yadong, alors en tête de la course, et à quinze secondes du groupe de poursuivants qui le suit. Malheureusement, cette éclaircie ne sera que de courte durée et le marcheur reviendra ensuite en pleine nébuleuse.

Malgré un rythme lent, la tête de course étant sur les bases d’un dénouement en quatre heures, Diniz ne réussira plus à s’accrocher. Visiblement victime d’une défaillance, il s’arrête une première fois après vingt-sept kilomètres de course, le temps de discuter avec ses coachs. S’il repart quelques minutes plus tard, le Français sera finalement contraint à l’abandon. Une sortie de piste crève-cœur pour celui qui avait réussi à passionner tout un pays pour une discipline souvent oubliée lors des épreuves d’athlétisme. À 43 ans, il termine donc sa carrière sur une nouvelle déception olympique, victime de ses jambes et de son corps. Peut-être « la course de trop » de son propre aveu.

Victoire de Dawid Tomala, qui succède donc au Slovaque Matej Tóth et imite son compatriote Robert Korzeniowski, titré en 1996, 2000 et 2004. Yohann Diniz termine lui sa carrière sur un abandon, une déception au crépuscule d’une carrière pourtant phénoménale au cours de laquelle il s’est forgé l’un des palmarès les plus impressionnants de l’athlétisme français.

Crédit image en une : Reuters / Kim Hong-ji

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