Renversant, exceptionnel. L'équipe de France est championne de Fed Cup. J'espère que vous avez apprécié le spectacle. Car la France restera à jamais la dernière nation vainqueure de la compétition telle qu'on la connait.  

Une réforme qui passe mal

Les cols blanc du tennis mondial étaient présents à Perth pour le sacre des bleues. Ils n'ont pas pu ignorer l'émotion présente sur le visage des gagnantes comme des perdantes, ni l'incroyable énergie déployée par les supporters français venus pousser leur équipe jusqu'au bout du monde. Ils n'ont pas pu ignorer non plus cette grande fête du tennis scrutée de près par le monde du sport. Pourtant, comme son aînée la Coupe Davis, la Fed Cup s'apprête à être guillotinée sur l'autel du billet vert. Terminée l'ambiance électrique du “home and away” qui rythmait le calendrier 3 fois par ans. Réformée au même titre que l'a été la Coupe Davis, la Fed Cup va se jouer sur terrain neutre durant une semaine unique, en Hongrie, dès avril prochain. Préparez-vous donc à une ambiance lambda, bien loin de celle qui fait lever les passionnés à 4h du matin pour suivre les exploits de l'équipe nationale.

La Fed Cup, essence du tennis féminin

Essence même du tennis à l'état brut, la Fed Cup aura été, pour de nombreuses joueuses, le point de départ d'une passion qui les aura poussée à se lancer dans une carrière pro. Demandez donc à Kristina Mladenovic quel était son rêve de gamine. Demandez aux supporters brisés par la finale de 2016 à quel point cette compétition pouvait les toucher au plus profond d'eux même.

Tout au long de l'année sur le circuit, le tennis se vit de manière indépendante, individuellement. Parfois même dans des stades aux gradins clairsemés. Une vérité d'autant plus réaliste dans un circuit WTA trop souvent boudé par le grand public. Avant tout, la Fed Cup reste une aventure humaine incroyable. Je pense que vous pouvez poser la question à n'importe qu'elle joueuse… Toutes vous répondront que les semaines de Fed Cup font partie de leurs meilleurs souvenirs en carrière. Surtout, elle est capable de rassembler des individualités parfois bien différentes vers un objectif commun. Pour preuve, je mettrais ma main à couper que nulle part ailleurs sur le circuit vous ne reverrez cette image remplie de symboles de Kristina Mladenovic et Caroline Garcia au moment où elles réalisent qu'elles viennent de remporter le titre. C'était ça aussi, l'esprit de la Fed Cup : une compétition fédératrice. Bien sûr, les filles continueront à se rassembler pour jouer pour le pays. Mais rien de ce qui va être mis en place ne ressemble de près ou de loin à ce que nous avons connu. Quelques joueuses, à l'image de Simona Halep, ont montré leur mécontentement envers la nouvelle formule, mais il est peu probable que cela puisse changer quoi que ce soit à cet assassinat sportif.

Ne l'appelez plus “Fed Cup”

Finalement, c'est à se demander quelle mouche à piqué (sans mauvais jeu de mots) l'ITF. Celle de l'argent sans doutes… Pourtant, la Fed Cup ne manquait de popularité ni chez les joueuses, ni dans les gradins. Au contraire, elle a souvent mis en avant les joueuses aux yeux du grand public parfois un peu trop perdu dans le circuit complexe de la WTA. Désormais, c'est une compétition sans saveur, sans émotion qui nous sera offerte. En changeant de format, la Fed Cup perd de son essence. Ce n'est pas une surprise, ce changement passe mal auprès des passionnés, et l'engouement pour la compétition que l'on aimait tant risque de considérablement baisser en popularité. En définitive, ne l'appelez plus “Fed Cup”. La Fed Cup aura tiré sa révérence ce jour, après le sacre de l'équipe de France.

La flamme de la Fed Cup s'est éteinte ce week-end. Mais les deux équipes présentes sur le court ne pouvaient pas lui rendre meilleur hommage. En attendant de découvrir la version Fed Cup 2.0, profitons encore un peu de ces belles images de l'équipe de France championne du monde.

Crédit photo : @FFT