En équipe

Le football américain en France, ça existe!

Contrairement au rugby, au football ou encore au basket, le football américain n’est pas un sport collectif historique et populaire en France. Malgré tout ce sport très américain existe dans notre pays et il ne cesse de se développer depuis 35 maintenant ! La fédération, la hype NFL, les problèmes de formation et le salut par le Flag, WeSport vous amène à la découverte du foot US dans l’hexagone.

 

 

Un sport en plein développement

Une fédération implantée et expérimentée

Le foot US débarque en France dans les années 1980, sous l’impulsion de Laurent Plégelatte. Ce dernier ramène des équipements et du matériel d’un voyage aux États-Unis. Il crée par la même occasion le premier club français, le Spartacus de Paris.

Très rapidement un championnat voit le jour en 1982 et la fédération (FFFA) est créée dans la foulée en 1983. Aujourd’hui, on compte 230 clubs et 23000 licenciés. Ces chiffres sont en constante augmentation et la fédération française est la 2e fédération derrière l’Allemagne.

 

L’équipe de France un moteur important

La France meilleure équipe d’Europe. (credit photo: Hyperbeast)

Une équipe de France à un bon niveau est forcément gage de développement et d’exposition. Depuis plusieurs années notre équipe nationale est une des meilleures équipes d’Europe avec l’Allemagne. Elle est même devenue championne d’Europe pour la première fois en 2018. Évidemment le niveau européen reste faible mais c’est toujours bien d’être le meilleur !

Preuve de la popularité montante, en novembre 2019, il y avait 5000 personnes à Villeneuve-d’Ascq pour assister à France-Serbie, un record ! C’était également la 1re fois qu’un match de l’équipe de France était diffusé à la télévision.

 

L’effet NFL

Plus il y a d’image de la NFL en France, plus les bénéfices sont importants pour la FFAA.  Le développement passe par l’audience et le football américain en France profite de la hype NFL. C’est une petite fédération qui essaye de surfer sur la vague créée par une des organisations sportives les plus puissantes au monde.

Concrètement en France, l’offre de diffusion s’est multipliée ces dernières années. BeIn Sports diffuse l’intégralité des matchs et certains sont même à des heures abordables en France (on vous conseille l’excellent Red Zone à 19h sur BeIn Sports !). Depuis cette année, il est également possible de voir les matchs en direct sur les sites de paris Winamax ou Unibet.  Le Superbowl événement majeur outre-Atlantique est de plus en plus suivi en France (563000 téléspectateurs l’année dernière).

Pour Pierre Trochet qui œuvre à la promotion de la FFAA, c’est forcément une excellente chose. « Tous les fans ne vont pas pratiquer le football mais tous ceux qui pratiquent le football sont des fans ».

 

 

Tout n’est pas si facile…

Des moyens limités

Le nombre de licenciés augmente et ce sport devient populaire en France grâce à la NFL. Malgré ces points positifs, on peut considérer que la pratique du football américain reste marginale dans notre pays.  Avec environ 20000 licenciés, on est plus proche des fédérations comme le squash, le bowling ou le rugby à XIII que des grosses fédérations comme le football, le tennis, le judo ou le basket.

Le budget de la fédération est également limité et l’arrivée du cycle olympique pour les Jeux Olympiques de Paris en 2024 ne va pas en faveur du football américain. Ce n’est évidemment pas un sport olympique et le budget de la fédération a été diminué de 30% en quelques années. Il est aujourd’hui de 1,5 millions d’euros.

 

Un problème de formation

Contrairement à d’autres sports, il n’y a pas de vrais bassins de football américain en France, d’endroit historique où ce sport serait pratiqué de génération en génération.  C’est un sport qui est récent et qui est pratiqué à la base par les seniors. Il n’y a pas de formation comme on peut avoir au rugby ou au football notamment. Par exemple, les catégories U10/U12/U14 sont des catégories créées il y a seulement quelques années.

Un des objectifs de la fédération est de motiver les clubs à donner de l’importance à la formation. Il faut que les jeunes commencent ce sport le plus tôt possible. Pour pouvoir accéder à l’élite, les clubs doivent faire un effort dans ce domaine. Évidemment une adaptation est nécessaire pour pouvoir séduire les plus jeunes et rassurer les parents. La fédération a ainsi interdit les contacts en dessous de 14 ans.

 

Un sport exigeant

C’est, peut-être, le plus gros inconvénient de ce sport, son exigence à la fois physique et logistique. « Le football américain est un sport de grand nombre. Il n’est pas possible de le pratiquer à seulement 20 joueurs. »

Les contacts répétés, les blessures et la dimension technique obligent les clubs à avoir un effectif d’au moins 40 ou 50 joueurs. Transporter une équipe de 40 joueurs avec tous les équipements qui vont avec demande une logistique assez exceptionnelle et forcément coûteuse.

Autre problème : les nombreux pépins physiques. Certes les saisons sont courtes (une vingtaine de match maximum) mais les nombreuses blessures peuvent décourager la pratique de ce sport.

 

 

Un exil nécessaire

Un championnat 100% amateur

Le championnat de France est composé de trois divisions nationales et d’une division régionale. Le vainqueur du championnat de D1 remporte le Casque de diamant. Ce sont les Black Panthers de Thonon les Bains qui sont les tenants du titre !

Aucune équipe ou aucun joueur n’est professionnel. On est donc à des années lumières du modèle de la NFL. Seuls les joueurs étrangers (en particulier les américains) ou les meilleurs internationaux français ont une compensation. Ça peut être un travail, un logement ou tout autre avantage en nature. Pour Pierre Trochet, « le modèle est similaire à celui du rugby avant la professionnalisation, les clubs se débrouillent pour offrir aux joueurs des compensations intéressantes ».

 

La NFL, le rêve presque inatteignable

Le championnat allemand est un peu plus « professionnel » que le championnat français et il est possible pour certains joueurs de toucher un salaire pour jouer au football américain. Cela reste faible et insuffisant pour faire carrière. Pour vivre de ce sport, il n’y a qu’une solution : l’Amérique du Nord !

Évidemment la NFL reste le graal mais il est difficile voire impossible d’y accéder pour un européen. Marc-Angelo Soumah, Philippe Gardent, Sébastien Sejean ont tous été dans des effectifs (pléthoriques) NFL mais ils n’ont jamais

Anthony Mahoungou pionnier en NCAA (credit photo: Midnight on Campus)

disputé un seul match officiel. Seul le franco-américain Richard Tardits (et le méconnu Charles Romes) a réussi cet exploit. C’est une ligue beaucoup plus fermée que la NBA par exemple.

Pour pouvoir jouer en NFL, il faut absolument faire ses classes en NCAA (championnat universitaire). De plus en plus de joueurs français tentent leur chance dans ces facs qui permettent d’allier sport de haut niveau et diplôme universitaire. Anthony Mahoungou a ouvert la voie en jouant avec l’université de Purdue. Cette année, Jordan Avissey défend les couleurs de la fac de Buffalo et il y aura, au minimum, 2 joueurs français de plus en NCAA à la rentrée 2020 (Junior Aho à Nebraska et Terence Fall avec BYU).

Le Canada comme roue de secours

La NFL difficilement accessible, le championnat canadien (CFL) est actuellement la meilleure alternative pour les joueurs français. C’est une ligue professionnelle où les joueurs sont bien payés. La fédération française a récemment signé un accord avec cette ligue qui cherche à se développer notamment à l’international. Une dizaine de joueurs internationaux seront recrutés chaque année et l’année dernière quatre joueurs français ont eu cette chance.

On pense notamment à Valentin Gnahoua auteur d’une excellente saison avec les Tiger-Cats de Hamilton (défaite en finale de la Grey Cup). De nouveaux joueurs français devraient débarquer l’année prochaine en CFL !

 

 

Objectif flag

Le football américain est un sport exigent physiquement et contrairement aux États-Unis, il ne fait pas partie de notre culture. Jouer avec des casques et épaulières, il faut s’y habituer tôt ! C’est donc un sport qui est difficilement exportable.

Le flag, un sport pour tous

Le flag football une version soft du Foot US (credit photo: Begin2dig)

L’avenir international de ce sport repose sur « le flag football ». C’est une version light du football américain qui se joue à 5 contre 5. Le principe reste le même mais les joueurs n’ont pas de protection et les contacts sont interdits. Pour arrêter l’action, le défenseur doit arracher les drapeaux qui sont dans le dos de l’attaquant.

Le football américain est difficile à envisager en mode loisir alors que le flag football est un sport ludique et facile à pratiquer. C’est là que se trouve le plus gros réservoir de nouveaux pratiquants pour la fédération française. Surtout que le flag football est aussi bien pratiqué par les garçons que par les filles.

 

 

Un avenir olympique?

La mixité, la diminution des contacts, un sport plus facile à comprendre, à l’image du rugby à VII pour le rugby, le flag football est le seul moyen pour que ce sport devienne international et puisse donc prétendre à être olympique. S’il est trop tôt pour 2024, l’objectif assumé est de prétendre aux Jeux Olympiques de 2028. Par chance ces jeux olympiques se dérouleront aux États-Unis (Los Angeles plus précisément) berceaux du foot US ! Un clin d’œil du destin ?

 

 

Bien loin de la NFL ou même de la NCAA, la pratique du football américain tente d’exister dans notre pays avec ses moyens mais avec toujours un œil rivé outre-Atlantique pour les meilleurs ! Pour continuer dans cette série sur le football américain en France, WeSport va suivre les Ours de Toulouse lors de la prochaine saison. On vous fera découvrir le quotidien de cette équipe tout au long de l’année.   

 

Crédit photo couverture: Lucio Persiani

2 commentaires

2 Comments

  1. Avatar

    persiani

    9 décembre 2019 @ 12:25

    bonjour,
    la photo utilisée est la mienne. Alors soit vous laissez la photo avec mon logo soit vous l’enlevez. Et j’aimerais être mis au courant aussi….

    • Romain Lanneluc

      Romain Lanneluc

      9 décembre 2019 @ 20:26

      Bonjour,
      Désolé pour l’oubli. C’est rectifié dans l’article.

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